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DE L'UNITÉ
D U
GENRE HUMAIN.
*Ccl Oiipragé se trouue chez les Libraires suiuans :
À PARIS,
Chez A L L u T , Imprimeilr-Libraîre et pro-i
priétaire de POavrage, rue Saint- Jacques ,
n*^ 6ii ,et rue de rÉcole-Je-Médecine , n*^ 35.
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delà Rochf^foucault, et k Strasbourg.
Gabon, place de TÈcole-de-Médecine.
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TREUTTELet W u R T z, quai Voltaire.
to u G E N s , quai Voltaire.
ViLLERS, ( Veuve ) rue des Mathurins»
H£RNAND£z,à Toulon.
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y A L L É frères , a Rouen.
71 £ N A u L T,à Montpellier.
DE L' U N I T É
D U
QENRE HUMAIN,
E T
DE SES VARIÉTÉS,
Ouvrage précédé (Tune Lettre à Joseph
Banks , Baronet et Président de la
Société Royale de. jLondres.
Par Fred.'BLUMENBACH, Médecin
i^lEMBAE DE LA MElVl SOCIÉTÉ.
Traduit du Latin sur la troisième Édition^
par Fréd. Chardel , Médecin.
KoQ hic Ccntauros, non Gorgonos , harpiasg^ue
invcnics: hominem pagina nostra sapl t.
Martial, ix. Epigr, 4^
A PARIS,
Chez ALLUT, Imprimeur-Libraire , rue St.-JiiC"
ques, ns 61 1 , et rue de l'Ecole-de-Médeciae, no 3â,
An XIII. (i8o4)<
AVÎS DE VtDÎTEVti!
On a déposé , conformément à Irt
toi ^ deux exemplarités ^ à la Bibliothèque
Nationale.
MOTA. Nous Ttsg'dsdtiTous comme con-*
tre-façon , tous les exemplaires qui ne se^
ront pas signés* ^
- d\
. //'
DISCOURS
PRÉLIMINAIRE
DU traducteur;
'A
Jtlol àe ce globe couvert de végétaux sî variés f*
p'^uplé d'animaux si difierens , l'homme s'élève ai&.
milieu û^eax pour les commander; ses regar is ont
embrassé ce vaste univers , et la force de son gé«
|iîe mît dans ses mains le sceptre du mon le. la-
suprême Intelligence lui donna Texcellence de la:
formation , et lie Créateur ayant pénétré ce corps
«nimal de son souffle divin ^ hhomme marcha
souverain des autres êtres , et fut différent d'eux
* ■
tous.
Quand où examine soigneusement cette quanti t»r
innombrable de> corps animés répan^ius sur la s^ur<!»'
face de la terre , et. qu'on réiléchit à la diversité
de leur organisation.» on se persuade que la natures .
a procédé du simple au composé » et sVst élevées
' , ." ■ • ' . - •
graduellemeat pour parvenir enfin h prQ.Iuir«,
jt'Jiouune le chat'-d'oûvre d» la création. £n effet
A
423226
«n remontant P^elle des êtres , s'offrent d'jborl
les plantes monocotlledon , formées de la réunioa
de simples fibres longitudinales. Dans les végétaux:
dicotiledons > rorganîsation se complique déjà, et
des Ebres se courbent circulairement autour d'un
cylindre méJuIIalre.Vientensuite la preinièreclasse
des animaux ; ce n'est encore qu'un sac gélatineux»
irritable , entouré de tentacules et percé d'uno
seule ouverture. A joutez des pieds et les organes de
la mastication , le polype devient un échinodermo
Donnez à cette ébauche de Panimalisation uno
inoëlle épinière et quelques organes des se;is «
TOUS aurez uninsecte, qui va devenir un molusque,
si TOUS joignez à cela un système de circulation e
un appareil respiratoire.
Accordez au molusque , le plus parfait des ani-
ifiauxasang blanc, une colonne épiniere , et fdites
circuler dans ses vaisseaux un liquide pourpré ,
TOUS avez un poisson j ou un reptile , si des pou-*
Aône Viennent remplacer les branchies.
XesquelettesecompUque^t-Ildavantage^ les mus-
cles son t*its disposés déraanière à déployer unegran^
f ■ •
dfë forcé, à servira la progression et k la natation
■• • ■ . •
.YOus avez un quadrupède ovipare. Ajoutez-y des
■ »^
("n
Mamelles i uxl cœur plus parfait, et IViiSeltibU
des organes constituera un cetacé ou un- quadru-
pède mamifère. Enfin si le cerveau 8eperfèclionnP,s!
la sensibilité s'accroît , vous aurez riiorniue , )•
dernier terme de Torganisation.
Placé ï l'une dc^s extrémités" de la chaîne des
êtres, il laisse efiti-v'' hii et les animauT une si
énorme distance qii'on ne saurait le comparera a u'-^
• »- ■ ■»
cun d'eux. -Le singe n'est qu'une copie grossic're
de ses formes extérieures , et n*a ni les i lées , ni
■ . , ■•.■♦*
^.les sens déliés, ni aucun des attributs de rcspècât
humaine.
». r
f
Sous 1«* rapport de ses fonctions, Tïiomhierem-^
porte sur tous les animaux. En est-ii chez qui la "
toucher soit aussi parfait, lé goût aussi délicat ?
Saps doute Todopât perd de sa susceptibilité clre;g
Phommecivilisé ; mais on connaît la perfection-
de ce sens chez lessauvagi^S^^'ét^i Tôuie n'éist pas
aussi étendue chez l'homme que chezplusieûrs'fî.jritî?^
mau;s y^lle gagne en finesse'ce qu'elle n'a pçs 'xi'un
autre côté: quant à la vue, les voyageurs nous ap^
prennent q;ue les sauvages iont des plus perçantes;'
Si l'homme paraitdonc aur dessous de qiiclque* ;
•j^ouu2,r«lati^tmeAtàcQrUinfii sém^ il nàletf^t; «
k ♦ )
f|fi^àla. cIvîHsa^Lioniet d^$ ce caâ^mêmcyjune percep^L^
tipn.biea plus parfaite le dédommage dvec. usjjre
dç ce qui semble lui manquer*
La digiotion est cbez lui d'un9 activiléi profli^
gieuse;et, tandis que les animaux soat borjiésj>aur
leur nourriture à deux ou trois substances ^i il peut
assimiler k son individu toutes les malit^res ali.:* •
meotaires. Où est Têtre dont le système nerveux
toit aussi parfait , la faculté de se produire et de
•a conserver y aussi çtendue ^ dont le gosier soit
aussi flâtxible? l'homme seul peut articuler Jes
sons , et perfectionner, lui seul peut transmettrÇ; '
ses idées ^ les, généraliser ) les comparer. enH^t»
elles.
Si nous çansîdérchs là durée de: sa vi&, nousr
trouvons que la nature Pat^aUé favoraUemeiiten^ '
cqre^iOn le. voit proloi;igQr.sa^çiarrièr-e'bien)aurrdelài
du tierme assigné aufE, autres/ nuunifères^ sans^alle^
cfa^rcber des exemples, rares, do loogjévj té»'
Kait pouf contempleF les cneux ,. rbùciiiM«i
of&e une chjïf pente osseuse. etitieréfnetitdlfrét^ntfl^'
descelle dets. autres mataaux^ SO' tête a^i Heu dé^ '
pQfidne;à:lextrénnit^' db laioolonne vertébrfrlè, s'y
BttÂAtUMfeàéquiUbMs^ «tsoo* «tiOifiaUea arêo xHlf- ^
» (i)
Ibrme quatre angles droits. Les Tertibses cefvîcïlTn.
ne sont point hérîsséeadv ces longues apôphis^sré^pi-
Denses destinéeSschezIesiiuacIrupèdes j^\ dontte^ at-
tache à un ligament très^ort,t|ui sotftieAtlepoi^is
de leur t*le. Le centre tfc gravité de la t:6h>nn« f^f-
tébrale, dansle squelette 'humain, répond 1 teln'i
du bassm , dont le grand dtemètre s'étend de droit».
Ji gauche; tout est différent chez les quadrupède»;,
'et la plus grande dimemion du pelvis est d-aiVant
-en arrière. Le pied de I^homme, qui doit porter k
plat sur le soi, fait aTec k jambe un angle de 90
-degrés, tandis que cliezla plupart des qoavirupèdee
U station n*a guère lien que sur l'extrémité âas.
orteils.
Les faisceaux musculaires ne nous ofFriratéM
pas chez Thomme des dispositions moln^ parlitu-
lières 'j nous les rerrionsàla partie postérieure du
tronc, des cuisses et des jambes réunis ensembte ^
former les muscles les plus puîssans , et di^posrék
de la manière la plus convenable pour main'teîiit
la rectitude du squelette. • '
Par une suite de cette structuré, la Face de
l'hommelest perpendiculaire , ou da moins ne s*8'-
earte pas autant de cette direction que diet Ih
(O
-autres mamiferesc Quoique ces dispositioas soietf
comoiuties k tous les hommes y il existe cependant
■
entr'eux c}e légè^res différences , et c'est ce qui
coiiâtitue les variéiés de l'espèce humaine , elles no
çembleot pas sorties des maios de W nature , mais
un etfet.des climats divers que rhomme habite^,
de sa manière de vivre et de se nourrir » de s^
mœurs et de scs usages.
Tous les corps organiques semés sur la surface
.du -globe , sont soumis à rimpéneuse loi des clir"
jnats 5 rîn ne peut s y soustraire. Nous voyons
Jes .végétaux varier comme les pays. L'arbre dont
)es nombreux raipeaux s'étfndaient majestueuse-'
ment , transporté loin du sol natal devient ua
frèlc arbris&eau , ou même n'élève plus qu'une tige
Jierjjâcée, et le végétal savoureux perd bientôt ses
qualité'^ daqs une t-Tre étrangère. Mais si le clima^t
cjterce une si vaste puissance sur le règne végétal^
jusqu'où ne dpit^elle. pas ^'étendre curies animaux
^: sang chaud ^ liés intimement à Tatmosphère dans
laquelle ils existent ?
Aussi $udirait-ii de parcourir quelques classes
4e m^^n^ifèfçs pour trouver lei> preuves les plus
Irréfragabks 4e i'infiueqc;^ duçtiiuat. Nous les ver-
(7)
rions prenipe un? autre stature, dés formas nonu
icelles, changer les proportions respettiTesâc leur*
parties. La nourritiire et )a manière de vtrre v^
nous offriraient pas des effets moins remarquables.
L'bdmme ^ il est vrai , peut plus qu^aucan anî«*
mal s'sccommoder à tous les clioiats, à toutes les
températures » aux Taria^oas diverses de I^atmos^
phèrf , se plier à-tous les genre» de rie II sup-
porte les chaleurs les plus excessives , et te Groen»
landais habite presque nu au milieu des glaces
du pôle. Mdissil'homine vit dans toutes les ré-
gions de la terre pourvu qu'il ne fasse pas de
transitions brusques y son organisation primitive
reçoit cependant des modidcatToos diverses de- la
part du concours nombreux des objets dont il est
i*nvironné. Il prend.une stature différentie y unie
autre couIeur.de peau 3^. ses. excrétions ne sont plus
les mêmes» iL éprouve des changemens jusque
dans son caractère. En un mot » Phomme est dif-
firent de lui-même suivant. les climats qu*it ha-
bite. Quoiqu^il ne s'éloigne jamais, autant de sa
forme primitive que les autres uiamifèrts^ sa taille
est rabougrie dans ces régions malbeureusëS out
le soLU darde pendant six. mois « de palet rayons
(8)
^?éUve ifiafestueu sèment au contraire plus prèa
4esesfeuK. B.eniârquans cependant que ce n'est
«jpas sous la zone torri Je que sont les plus grands
JiomiDes » mais dans les pajfs un peu froids* Aussi
çn Europe , voit-on dans la Suède les plus hautes
j^taturt'S , tt la Germapie , autrefois beaucoup plus
JroiJe qu'aujourd'hui , avait pour habitans , du
t^^mps de César et Tacite, des hommes d'une taille
.frès-élevé \ Si nous passons de l'autre c6té de Té-
.quateur,nous trouvons les Patagons dans un climat
approtbant beaucoup de celui de la Suède
La couleur de rhoiame n'est pas partout la
Xnèmej il qoircit au feu de l'astre du jour, et blan-»
cbit quand il ea est plus éloigné. C'est ainsi qu'ea
rEurope, nous voyons, vers le sud , la peau se bru-
nir f les yeux perdre leur azur , et que l'Afrique ,
audelk du Sénégal, jusqu^à Textrémité du Con-
go et de la mer Rouge , nous offre des hommes
parfaitement noirs. Indépendamment du soleil»
^n grand nombre de causes accessoires peuvent
'feire varier k couleur des peuples , et même sous^
4es latitudes semblables.
On sait que la blancheur des Européens n*est pa^s
,4ue à la couleur que réfléchit Tépidei^me , puisque
(9)
f?est un corps transparent , mais à celle qu*U
transmet» la peau devient aussi plus foncée a me-«
sure qu'elle intercepte un plus grand nombre de
rayons lumineux , et enfin décidément noire quand
elle les ab&ofbe tous. On peut en gtnéral distîn-?
guer deux genres de coloration; Tune dépend de
l'action immédiate du soleil , qui carbonise les
premières couches des tégumens communs t elle
disparaît lorsqu'il cesse d'être aussi ardent , et
n?est piis héréditaire ; l'autre est au contraire un
effet des tempéramens j et se propage plus ou
ttioîns long-temps de race en race » suivant qua
la constitution a subi des changemens plus ou
moins intimes. C'est ainsi qu'en Europe même ,
tians changer de latitude , nous voyons la peau
passer par une infinité de nuances > pour arriver
enfin du blanc à la couleur qui distingue les tem-
péraraens mélancoliques* Ces nuances diverses
sVffacentplu^ Qu moins di{Bcilement suivant leur
cie[[,ré. Des maladies , ou faction de certains cli<*
mats suf&sent pour donner immédiatement cetta
teinte ii la peau la plus belle ; ainsi agissent les dif-i
férentes cachexies provenant des maladies du foie ^
qqi ^'opposent à ce que le sang se dépouille aussi
( 10 )
eomplè-tetnf nt (hs él^mens de la bile. M, Cagsan m.
observé qu'un des effets le plus communs da
climat des îles , est d'altértr le teînt des Européens,
qui rhabitent,el que beaucoup d'entr'eux prennent
bientôt après Ifciir arrivée un teint plombé et olivâ-
tre, malgré qu'iU jouissent d'upe bonne santé et
n'aient a.icun engorgement des viscères. Il paraît
donc que le principe de la coloration est le même
cbe2 tous les hommes, et que^la peau des Indiens
ft des autres peuples basanés ne diH'èrent entr'elles
et même de la nôtre , qu'en degré , selon qu'elles
offrent plus ou moins de ce jaune provenant de
la transmission imparfaite du blanc. Nous allons
examiner Torganisation de la peau des nègres
comme offrant le dernier terme de la coloratioa
en noir. Les propositions suivantes sont extraites,
d'un mémoire de Jhon Mitchel , inséré dans le
43^ vol. des Transactions philosophiques»
PREMIÈRE PROPOSITION.
La peau des nègres est plus épaisse et d*une texture plus
«erre'e que celle des blancs. Elle ne transmet aucun*
couleur. r
No'js allons donner des preuves de ces deox
asSiTtions.^
< M )
i^. La peau chez le nègre oppose plus de résîs»^
tance à rinstrument qui la divise que chez !•
blanc*
1^. Leur épiderme se sépare plus difGcilement d»
la peau , et paraît alors plus compact et moins fin
que celui des blancs.
3^' Les nègres ne reçoivent jamais de coups d*
, folail^quelle que soit la chaleur àlaqueUe iiss'ex-
poseot.
4^. Dans l'hiver , leur peau qui n'est plus cou-
verte par l*humeur grasse qui la lubréHe ordinal-"
rement, devient dure, âpre, et grossière.
5^. Aucun nègre adulte n'a de boutons, si cm
n*est ceux dont la peau est la plus fine.
6^. Leur peau ne rougit jamais , même dans les
fièvres les plus ardentes , dans la rougeole , la
variole , etc.
7^. Elle ne change pas de couleur dansPanasar-
q'ie et le victère , quoique dans cette dernière ma-
ladie leurs yeux prennent une teinte jaune*
t ï2 5
DEUXIÈME PROFOStTtOK« "^'
te corps réticulaire , les lames les plus superficielle»
de J*épiderme sont noirs chez les nègres. La peau of-
fre du reste la même couleur que chez les blancs , à
; Texception des fibres qui vont du corps réticulaire à Vé^
piderme.
Xorsqu'on enlèi^e Tépiderme des nègres i soît
par l'action J'unépispalique , du feu ou de Tcan
bouillante ,sa surface extérieure conserve a peu
près la même couleur qu'avant celte opération 5
mais sa surface interne diffère peu de ce qu'elU
•st chez les blancs ; l'application des canthari les
sépare le plus souvent, surtout sur les cuissesycettQ
«lembrane endeux lainesd'une épaisseur égale à Vé"
piderme des blancs. Les surfaces correspondantes
de ces deux lain^^s sont partie blanche et partie
noire ; des fibres de cette couleur pénètrent à tra-*
vers répiJerme » et lorsqu'il est divisé en deux
feuillets* paraissent comme autant de taches noires
a&uiées sur les surfaces qui se touchaient aupa-
-vanty mais disparaissent à la surface interne du
feuillet inférieur: la partie analogue du feuillet
$up'jri<:;uresti)lanche,àrexception des taches noires
( '3' >
dont f ai parle. La teinte qu'elle reçoit de sa- sur^
hce extérieure, qui est noire^ fait paraître sa blan^*^
cheurtrès*5uperficielie. Cefeuil'et est moins trans«>^-
parenf , plus épais, plus grossier, que Tépideruie
dts blaacs. .
Il suGTit de ratisser les deux fiuilletsqni com-
posent la cuticule des nègres , pour enlever les ta-
ches noires qu'on y remarque , et lui donner la
même couleur que chez les blancs, tanlis qu'oa
aepeut le faire au moyen dé ]a m^ctration;, quel
•que soit le véhicule qu'on emploie.
Le corps réticulaire du nègre diffère sous deuc
npports, de celui du blanc ; il. est noir chez Punet
de couleur blanche chez Tautre ; dans le premier
cVst une substance molle, pulpeuse ouuiuqueuseï
qu'on ne peut enlever que sous la forme de flocons,
dans* le second , c'est une véritable membrana
^e détachent souvent les épipastiques , et qu'oia
emporte alors aussi facilement que TépUerme»
Cestdu corps réticulaire que naissent les Hbrilea^
fiioires que nous avons vu traverser Tépiderme et-..
lai communiquer cette teinter
Xe dera&e^du nègreest à^pett>-pc^ d^'* I«-ni#rQf^
(M)
eonletir que celui d^un blanc à peau brune; mais
recouvert du corps réticulaire y il offre une teint«
analogue a celle des Indiens ou des mulâtres»
TROISIÈME P1.0POSITION.
La teinte du nègre ne provient pas d*une liqueur noire
aucune humeur ne possède cliec eux plus que chez leê
w
blancs cette couleur particulière.
Si la peaudes nègres contenait une liqueur noire ,
il existeraitquelque moyen de Ten- dégager et
Ton ne peut y parvd?nir ni par la macéralion , ni
par les pressions les plus fortes. D'ailleurs elle
teindrait la sérosité contenue dans les cloches des
vésicatoîres, et celte sérosité est la même chez la
noir et chez le blanc. (*)
>«i
,(^) I^es cnpsules atrabilaires/ on glaudei.,sur-rénabs ^
ont paru à M. Cassan, beaucoup plus volumineuses che»
le Mègre que chez le blan«^ et Thumeur noire qu'elles
renferment, pi us abondante chez eux que chez ces t}ei;niers..
M. Rousseau, naturaliste au Muséum d'Hist. Nat,,
i* en occasion de disséquer plusieurs nègres, et m'a dit
qu'il n'avait trouvé aucune différence entre ces organe»
chez le blanc et Thommt de couleur; seulement les mus*
cle«dt ce dernier lui ont paru d'un rovgc plus £bnc£ *
('5)
Concluons donc que le siège de la couleur de^
nègres se trouve dans les premières couches des
tégumens communs et le réseau muqufux qui
t'opposent chez eux a la transmission des rayons
lumineux provenant des parties blanches et rouges
situées au-dessous*
Quand on réfléchit que la couleur des peuples
ra toujours prenant des teintes plut foncées à me-
sure qu'on approche davantage du midi, on de-
meure convaincu que le climat est la cause la plus
générale de la coloration de la peau , et que Tac-
tîon du soleil en détermine surtout les effets.
Koas le voyons même, indépendamment de toute
autre casse , tendre continuellement a priver la
peau de la couleur blanche qui lui est naturelle; et
si les rayons de l'astre qui nous éclaire brunissent
bientôt Is ttintle plus éclatant, ce qui est un pas
de fait vers lacoulelir des peuples d'Ethiopie^ leur
action continuée pendant des milliers de siècles ,
peut bien le faire enfin passer décidément au noir ^
et donner a la peau la densité et l'épaisseur quidis-
tinguent celle des nègres.Cette texture plus serrée,
et cette augmentation d'épaisseur pourrait bien
eontribuer pour quelque chose à la couleur noirs
(rtf)
en diminuant la transparence de là peau. On ob<«
serve enfin, que le réseau de MaJpighi devient
moins muqueux à mesure que la peau s'obscurcit
davantage, et se change enfin 9 chez l'Africain ,
dans une véritable membrane. Plus Pépiderme est
épais , plus ses lames sont nombreuses; plus sar
texture est senée , plus il doit y avoir de rayons
lumineux interceptés au passage, et pins la peaur
doit perdre de sa blancb«*ur. Observons que ré*-
piderme est moins fin c^e2^ les personnes qui ont
le, teint foncé , et sur les rt*gions du corps les
moins blanches.Vers le pôle oùles hommes cxposés^
continuellement aux intempéries d'un ciel rigou-
reux , ontuA teint fort rembruni , la peau est aussi
trtiS-grasseXe froid et la chaleur agiraient-ils tous
deux sur la peau, comme un stimulus^ et augmen*
tcraient-ils son épaisseur de la niâme manière
que les mains des forgerons deviennent calleuses?
Les nègres eux-mêmes offrent des nuances dans la
couleur et la finesse de leur peau; les négrillons
qui Tout plus fine, sont moins noirs que les nègres
adultes. On assure aussi qu'ils deviennent, jauues
s'ils sont pris d'ictère.
L'action du soleil reçoit un accrolsseme^it de-
r pouvoir
ti7l
^«voif de la nature du sol , selon qu'il est plat
ou montagneux, sablonneux ou fertile, aride ou
coupé de rivières.
La manière de vivre des peuples divers doit en
<ore contribuer à la couleur de leur peau.
L'aridité d'une grande partie de l'Afrique^ aug-
mente Pardeur. du soleil dans cette partie du
monde; c'est là que se trouvent les véritables
nègres; dans les autres pays chauds, au con4raire,'
la terre est couverte d'un grand nombre de végétaux
dont les exhalaisons rafraîchissent sans cesse Pat-<
mosphère et tempèrent la chaleur, d'arbres touf-
fus dont l'ombrage défend des feux du jour.
Le manque d'eau, la manière de vivre dans les
pays chauds 9 surtout en Afrique, conspirent en^.
core pour augmenter HnHuence du soleil.
La plupart des peuples de ces contrées , particu-
lièrement ceux qui sont noirs, vont toujours nu ds ,
vivent sans habitations fixes, vaguent sans cesse
$ous les sables brûlans, sans rien qui les préserve
des rayons d'un soleil ardent, sans ombrage , sans
eau pour se désaltérer.
Au contraire, la manière de vi?re des Euro-'
péjBDS contribue à rendre leur p«au plus bellâ Qfxr: *
fi
( I« )
«Me. Ils se garantissent soigneusement de Plmpres^
sion du soleil ,etse tiennent le plus souvent ren*^
fermés dans des maisons solidement construites;
Ils sont couverts de vêtemens chauds , et reposent
mollement la nuit sur des lits délicats. Tout I9
monde connaît l'influence d*une vie efféminée sur
la coloration de la peau. Nous la voyons blanchir
à proportion qu'on la défend plus exactement der
l-aclioi» de la lumière. Les femmes recberchéesr
BOUS en offrent contiqudilement des exemples.
Le climat et la manière de vivre paraissent donc
)a cause ,de la couleur noire des habitansdelaZono
Torride, tandis que les costumes des peuples du
nord contribuent au contraire à leur blan«
cireur.
La teinte des peuples colorés semble tellementT
une variété héréditaire par accident, provenant du
climat qu'ils habitent, qu'il suffit d'une légère cir-
constance , comme le voisinage d'une montagne i
d'un pas fait vers le nord , d'un sol plus élevé et
moins aride pour l'affaiblir ou même l'effacer en-;
fièrement. Bouger (Fig. delà terre) a eu occasion
d'observer que les sauvages qui habitent au pied
*ée la Cordillère, et da côté de l'occident» sonjl
presquVussi blancs que nous , tandis qu'en >s'e1o^
gnant de cette montagne, en avançant vers la tète^
les Indiens reprennent leur couleur de cuivre. Qa
lit dans|une Collection de Voyages par Chorcbil ,
que les habitans de la Négtitie sont plus noirs que
ceux de la côte d'Or, à l'exception des peuples qui
vivent sur la rive nord du fleuve Sénéga , qui ne
a
sont plus que basanés. Dans ^intérieur de l'Afrique
€Ù les terres sont élevées et montagneuses , où
des pluies abon Jantes et continuelles tempèrent la
chaleur et rafraîchiftsent Pair au point de fairede
ce climat une région tempérée , les hommes , suL
vantles observations les plus récentes , sont près-*
que aussi blancs que les Européens* Combien ces
derniers nWfrent-ils pas eux mêmes de différences
sous le rapport de la coloration ? Les Bohémiens
paraissent presque noirs, tandis que leurs voisins
les Saxons,ont le plus beautein. Les Bavarrois sont
demi-basanés. S'il suffisaitde la couleur pour for-
merdes races^ ily enazirait presqu'autantqued'in*
dividus. Remarquons que les Européennes dont la
peau est brune , ont , comme ks négresses le ma-
melon du sein et l'intérieur des parties sexuelles
d'une couleur violâtre ^ ce qui semble annoncer
( 20 )
%[ae le nrlncipc de la coloration est chez elles t^
même. Le blanc parait d'ailleurs tellement la cou-
euT prlmittve du genre humain, qu'il tend conti-
nuellement à revenir, les nègres eux-mêmes l'ap-
portent en naissant ^ jusques dans les régions Les
plus brillantes du midi y et pâlissent dans leurs ma-
iladies ; mais une fois que la blancheur à fait plac*
nu noir des Africains y la peau reprend didîcilemeipt
ca couleur originelle. Vn seul jour suffit en effet
pourternirles lis delà peau européenne tandis qu'R
ikut des mois entiers pour qu'ils brillent de leur
premier éclat»
D'ailleurs l'homme est loin d'être la seule créa-
ture dont le climat changela couleur: presque tous
les cochons sont blancs en Norman lie , noirs en
Savoie , et d'un rouge brun en Bavière. La plupart
des bœufs de Hongi^ie sont d'un blanc grisâtre 9 ils
sont roux, en ïranconié. En Guinée le chien et les
oiseaux, galinacés surtout, sont noirs comme
l'homme de ces contrées ; comme lui y le chien à la
peau glabre et onctueuse , et jouit aussi d'une trans-
piration particulière.
Si les cheveux du nègre sont crépus et frisés ,
$i 60a crâne offre de légères différences de celui de
rturopéen , combien le climat et la nourriture
n'apportent-ils pas de cfaaugemens plus grands aux
animaux d'une même espèce ! Qui ne connaît pas
1-exempIe des chiens et des chats d'Angola, des
Irebis^^Afrique , dont la laine devient si fine dans
les pâturages d'Angleterre! Oui n'a pas observé
combien de variétés dans la forme de la tète des
chevanx des différens pays ! Combien le genr ede
^ie ne fait-il pas différer les espèces sauvages des
«spèces domestiques ! Et sous ses divers rapports ,
combien Thomme ne Temporte-t-il pas sur tous les
animaux!
Quelle énorme différence entre la manière de
vivre de Tenfant de la nature et celle du citadin
raffiné ? entre les alimens des peuples divers ? Pê-
cheur dans ces régions glacées ou la terre se refuse
à la végétation, Phomme se nourrit en grande partie
de poissons ; mais au nord, nomade et chasseur
il vit de lait et de la chair de sa proie) dans des
contrées plus heureuses , il devient sédentaire
et se livre k l'agriculture; enfin, dans ces climats
fortunés où la nature fournit largement à tous ses
besoins, il s'abandonne à Poisiveté, et se nourrit
•ntièremeAt des ixuits de la terre. Quels immenses
X
X
( 22 )
cliangemens ne doivent pas apporter dans sa con»*
titution des genres de vie si différens «desalimens
si opposés ! cependant ces dissemblances ne sont
que superficielles , le type "de la forme intérieurs
est général et demeure cons tamment le même.
Le climat n'altère pas seulement les formes ex-
térieures de l'homme , il modifie tout son être , ses
mœurs, son intelligence, ses passions , ses sens ;
et si ce n'était pas nous écarter de notre sujet
nous montrerio]\s que nos commanderaens , nos
'ois , nos coutumes tiennent en grande partie au
col.
N'a-t-on pas observé que la bonté de la vue ^
«ne extrême susceptibilité de l'odorat ,1a délica<»
tessedu tact ? la finesse de Pouie ^ distinguent des
nations entières ? et de la perfection de ce dernier
sens nousverrions'peut ètre{découler toutes les Ian-«
gués, qui ne pourraient bien Atre que des dialectes
d'un lai^gage primitif, et la musique et même la
poésie sous plusieurs rapports. En effet » qu'est-ce
autre chose qu'une langue soumise k la délicatesse
de l'organe , h. l'abondance des idées , et relative
aux objets qui nous environnent? Pleine de méta-
phores dans rOrient 9 elle devient che^ les Bar*
/
tes écossais, comme leurs montagnes , grande, gi-^
^ntesque et monotone. Cette teinte particulière 9
ce goût de terroir qui se conserve au milieu des
progrès de la civilisation , caractérisent l'homme ,
et le marquent ea quelque sorte au coin du pays
qui l'a vu naître.
L'amour fermente avec plus de force sous un ciel
irûlant , et la polygamie est établie chez les peu-
ples d^Orient^dès les temps les plus reculés , tan-
dis que rhâbitant du nord s'est toujours borné au
choix d'une compagne ? La Jalousie, fille de l'A-
mour , suit la même marche que lui , et devient
]Jus dominante à mesura qu^on s'approche davan-
tage des régions méridionales.
Une mémoir exequise caractérise les peuples
d'Europe et d'Asie , et aucune nation n'a mieux
transmis les traditions historiques.
L'Imagination , pour ainsi dire enfant de la
Mémoire, comme celle-ci l'est de nos sensations^
devient plus brillante du nord au sud, et aug-
mente en proportion de l'agrément , de la beauté »
de la richesse et de U douceur des climats. N'a.
percevons-nous pas aussi que les passions sont
très-exaltées , tandis que leur voix cesse d'âtre inar
<*4)
périeuse pour l'homme des contrées glacialcv }
amoindri dans tout son être.
Qu*est-il donc besoin de recourir à plusieurs
espèces dans la race humaine, pour expliqpuer dea
nuances plus ou moins obscures de la couleur de la
peau, des cheveux plus pu moins frisés, quand
nous yojons Phomme ainsi modifié , au morale et
au physique , par l'action des climats divers.
S'il nous était permis ici de consulter l'histoire ,'
les religions, les sciences,- les arts, les langue»
et les écritures alphabétiques , tout nous annon-
cerait que Fespèce humaine ne forme qu'une seule
et même race : c'est ce qu'a prouvé M. William
Jones à Pégard des peuples de l'Asie et des nation»
les plus célèbres de cette partie du monde. Nous
découvririons les rapports les plus frappans entre
la religion indienne et celle des Egyptiens , des
Perses 5 des Hébreux, des Grecs et des autres
peuples occidentaux , et ses coutumes nous sem-
bleraient aussi antiques que les nations qui nous
les offrent. Nous les verrions adorer_les mêmes
dieux , les honorer par des cérémonies sembla-
bles, les représenter sous les mêmes symboles.
Partout le triangle nous offrirait Temblême de
ces
t »5 )
tiefi trois pouvoirs , créer, conserver et détruire |
delà les trois tètv.'S sur la Hgure des Dieux dans
tout l'orient, l^* Jupiter tricéphale chez les Grecs ^
le serpent annoncerait le pouvoir qui donne la vie
aux lioincnes. Nous verirons dans la pago ie «i*Elé*-.
pbanta-Vichenou i à qui Brama son père dit
de développer toutes les vies quil a dans soa
sein, tenir àsa mainleserpentjl'œuf du mon ie.lani
la gueule du serpent, symbole Ju cûeph des Hgyp-"
ptiens,et ce reptileentourer encore l'œuf du monde
dans les médailles phéniciennes et grecqeUs* \
Nous verrions la ressemblance entre le système •
occidental et l'oriental, s'étendre jusque dans le
Aori de l'Europe , et rolTice et le pouvoir des
Druides dlfFérer peu de celui des Brahmes dans
l'Inde. Nous trouverions que les Etrusques de
qui les Romains ont tiré la plus grande partie de
leur doctrine et de leur religion , avaient un sys^.
terne qui rapprochait beaucoup de celui des Perses
et des ladlens. et qulls écrivaient comme eux al^
ternati veine ni k iroits et à gauche ( Diss. relat* et
asia t* 2. p. 348. }
11 nVst pas .étonnant , sans doute # que de
hoo^mes , sans communiquer entr'eux , adorent
G
(20
^Egalement le soleil , la lune , les étoiles ; qu'ils'
imaginent de jprofonJes cavernes , des bois épais
fréquenlés par des esprits , et des rivières qui on£
chacune son génie , sa divinité particulière ; mais
qu'ils se rencontrent inventer les mêmes cérémo"
nies pour adorer leurs Dieux , et surtout qu'ils
leur assignent les mêmes attributs , les mêmes
noms , voila ce qui ne peut être l'effet du ha-^
çàrJ.
Les recherches les plus profondes en littéral
turc , nous démontreraient donc , comme celles
en histoire naturelle j Tunité du genre humain.
Heureux si j'ai pu rtîsserrer les liens de cette fa-*
mille désunie , et détruire ce préjugé barbare qui
outrage la nature en persuadant qu'elle a créé
des hommes pour ramper servilement sous d'au-
tres hommes. Quelqu'abject'que paraisse ton rang,
homme, connais la. dignité de ton être : tu marches
régal des plus orgueilleux potentats, et ce front
auguste, fait pour contempler lescieux, ne doit
[^incliner que devant le Créateur de cet immen3S
univers.
• ' ' 'I I ■'■-■■ .1 >■ ■ ■ j , ,, I , ^
Monsieur^
J\ combien de titres vous appartient la
dédicace de cet ouvrage ; la reconnais^
sance me foi. ait déjà souhaiter aidem^^
ment de pouvoir un jour vous donner un
témoignçge public de mi gratitude^ et
c^est encore à vos soins que cette nouvelle
édition doit la plus grande partie den
avant ag/es qù*elle a sur les précédentes.
Depuis plusieurs années vous n^aven
épargné ni peine ni dépense pour enrichir
ma collection des crânes les plus rares
des peuplés d^ Amérique et des insulaires
de Vocéan austral , qui étaient surtout
Vobjet de mes désirs. Lors de mon séjour
à Londres, il y trois ans ^ vous nCaban^
donnâtes le plus entier usage des richesses ,
de votre muséum^ relatives à Vanthropo-
logie ; vous ave^ laissé sans réserve à ma
disposition les trésors encore inédits de
votre bibliothèque p tels que peintures et
( i8 )
dessins diaprés nature de la main des pîuf
plus habiles artistes. Val été le maître
d*en prendre copie, comme de décrire tnuS
ce qui me contenait ; aidé par de si puis^
sans secours , fai pu, en reimprimant cet
cuivrage , V augmenter considérablement ,
et ils m^ont mis en état d^assurer , sans
craindre d*ètre accusé de jactance , qiCil '
a été composé sur la nature même.
Recevez donc , Monsieur , l hommage
d^un livre qui vous appartient en *grand&
partie. Son titre m^est un garant de Vin-
térèt quil vous inspirera. La section d^his^
toire naturelle qu^il embrasse ne le cède
à aucune autre pour Vimportance , et je
m^ étonne qu^elle soit si long- temps de^
meurée dans l'^ oubli.
Vimmortel Linné eut la gloire d^avoir
le premier essaiyé dans son Système de la
Nature , de ramener le genre humain^ pour
ce qui a rapport auoo différens peuples y ^
des variétés constantes : il fit tout ce qu^ofi
pouvait attendre alors, et donna aux qua-
tre parties de la terre des races parti--
culièresn
Mciîs vos découvertes en procurons des
notions plus exactes sur les peuples dis^
perses dans Vocéan austral y ont fait sen^
tir C insuffisance des divisions admises par
ce grqnd hofurne. Je me suis donc écarté
de Voj\irequ'*li suivit y et guidé surtout par
la sagacité de vos observations , fai ra-*
mené'' les var étés de V espèce humaine
-plus près de la vérité de la nature.
J^ai cru devoir aussi substituer fOU syS"
terne artificiel de classification des mammi'
f ères y d'après les dents , un .systènie plus
naturel fimdé sur V universalité de leur
manière d'hêtre. Sans doute la méthode de
linné suffisait au temps oii il écrivit;
mais aujourd'hui la cnnna/ssance d'un
grand nombre d\\^pèces nouvelles la rend
défectueuse et sujette à beaucoup d'ea-
ceptions.
Je suis très-loin cependant de partager
Vopinion de Cc'ux^ qui se snnt complu à
imaginer y surtout dans ces derniers tem}!S,
je ne sais quelle continuité ou gradation
dans la marche de la nature y et qui at-
tachent la profonde sagesse du Créateur et
la perfection de La création à ce que la
( ÎO )
nature ne fait point , comme ils disent f
, de sauts ; mais que les toys qui consti-*
tuent ses trois règnes^ sont comme les an*
neaux divers d^une même chaîne. En cou--
sidérant les choses sans préjugé^ il déifient
de toute évidence quil existe dans le règne
animal des classes entières , comme les oi*
^eaux\ et des genres, comme les Seiches, qui
pe peuvent naturellement entrer dansunpa'"
reil arrangement par des gradations symé^
triques, D^un autre côté il est des genres
d^ animaux, les Gyallinsectest par exemples
cil Von trouve une si grande différence entre
le mâle et ta femelle que^ pour suivre cet
ordre , il faudrait les éloigner extrêmement
Vun de Vautre , et assigner une place très^
différente aux sexes de même espèce. Les
coupures qui séparent, de la manière la
plus tranchée i les règnes de la nature, lais^
seraient encore dans cette chaîne des hiatus
considérables ; quoiqu* un examen impartial
me fasse reju^er à la doctrine touchant la
gradation des êtres , Vimportauce qu'y at^
tache généralement \tn phynqae théologique.
Je reconnais cependant son utilité comme
(30
Tooyen de faciliterV étude de V histoire nà^
tu relie.
Mlle forme comme la base de tout système
naturel dans lequel la place des êtres est dé-'
terminée diaprés Vhabitude générale et le^.
•plus grand nombre de rapports , tandis que
«
dans un système artificiel la classification
ne roule que sur un seul caractère particu^
Mer.
Comme un système naturel établi sur ces
^nncipes soulage infiniment la mémoire en
inème temps qu\l éveille le jugement , il mé^
rite sans contredit la préférence. J^ai donc
/ donné tous mes soins pour distribuer d^a^^
près cet ordre naturel la classe des mammi"
Jeres , les nombreuses découvertes d'espèces
nouvelles , apportant chaque jour des ano-
malies et des exceptions plus choquantes à
h méthode artificielle de Linné ^ basée sur
les dents.
Il suffit d^en citer quelques exemples,
Nous connaissons deux espèces de Rhinocé^
ras ^qui se ressemblent parfaitement par Vha^
hitude extérieure , m.ais dont les dents sont
M différentes que ^ suivant la classification
( 30
%innéenne , on rangerait Vun parmi les
Pelluœs et Vautredans les Glires.
De même le cochon d^ Ethiopie, dépourvu
de dents incisives , ae devrait pas compter
parmi les Bellucu mais être au nombre des
Brutes.
Je ne parle pas des Fourmilliers dentés
(^ Afrique ^ ni de plusieurs Makis {indris et
laniger (*j > ; cependant, d'après Vanomalie
de leurs dents , le* premiers ne pourraient
plus trouver place parmi les édentés , niles
seconds parmi les Makis^ '
Four remédier à cette confusion, qui de
Tavii général est une source de difficultés
dans V étude de la zoologie , je me suis effbr-»
ce de ranger dans dix ordres naturels tous
les mammifères, Comrrieils rn^ ont plusieurs
Jbis occupé dans le cours de cet ouvrage^
fai cru devoir joindre ici le tablçau de çettQ
distribution^
I. rhoiQrne.
■^^■^— ■ ■' . 11 >'^^— p^^-^^f
(*) Le professeur Geqfroi ^ fait dcuif gen-*
res distincte 4e$ I^vlris çt 4^$ M^l^is, (Nq/«
(33)
IL Les Quadrumanes,
2. les sîîifces.
3. les babouins.
4. 'les giténous,
5. les makis.
IIL Les Braoipodes.
6. les i^aresseux.
7 Les fourmilliers.
8. les pangolins.
^. le» talons * },
(*) Je suis bien éloigné d'avoir la manie d©
.forger de noms nouveaux , pour les substituer .
a ceux consacrés pi»r une longue habitude , et.
je pense même que ces fabrivaleutt de nomen-
clatures ont él6 une vraie calamité pour Phis-
toire naturelle Je me suis donc très-rarcmcn^
écarté de la terminologie d^ Linné , et seule*
ment lorsque les noms qu'il donne in luisent
bien évidemment à des notions fausses. J*aî
donc rétabli le nom générique Tatou et rejeté
le nom Dasypus adopté par Linné , parcequ*au"'
cune raison ne pouvait le défendre. On sait en
effet que ce nom grec désigne un animal à
pied velu, et que les anciens Pavaient donné
f oiur ceU au lierre et au lapin 1 dont la plantt
C34)
IV. Lés Chéiroptères.
10. les chauves-souris*
V. Les Loires.
11. les écureuils.
12. les loirs.
13. les rats.
14. les marmottes.
15. les cabiais.
16. les lièvres.
des pieds est même couverte de poils ; mais'
il ne convient en aucupe façon à ces animaux
d'un nouvel hémisphère qui sont couverts d'uno
6orte Je cuirasse.
Je* pense qu'on doit de même restituer dans
le genre des cnauve-souris , le nom de vampira
à l'espcèe de l'Amérique australe que Linné ap-
pelle spectre, lorsqu'il nomme au contraire vam-
pire cette chauve-souris de l'Inde orientale et de»
Sles de Pocéan austral connue vulgairement sous
'e nom de chi^n volant. La dénomination de
vampire désigne un animal qui suce le sang et
convient parfaitement à la chauve-souris d'A-
mérique, que cette habitude rend dangereus»
pour les animaux et même pour Thomme , et
nmUement à Tautre espège qui est ph^topba£«»t
(35)
îy. les gerboises.
i8. les castors.
15. les porc-épics,
VI, Les bêtes féroces.
20. les hérissons.
21. les musaraignes.
22. les taupes.
23. les didelphes.
2i. les civettes.
2 V. les martres.
7.6, les loulrps.
27. les. phoques.
J28. les blaireaux.
2p. les ours.
30. les chiens.
3ï. les chats.
VII. Les SoLiPfeDES.
32. les chevaux.
VIII. Les Troupeaux,
33. les chameaux.
34. les chèvres.
35. les gazelles»
36. les bœufs.
37. la giraffe.
38. les chevrotina.
( isy
IX. Les bêtes fauves.
40. les cochons.
41. le tapir.
42. les éléphans.
4}. les rhinocerQ»
4 j.. rhippopoiamo.
4 ». les morses.
X. Les Cétacés.
46. le nerva'e.
47. les baleines.
48. les cKacalots.
4^. les dauphias.
C^est avec un respect égal à ma con^
fiance que J3 soumets cû. objet j et tous
ceux où fai'Cru devoir^ dans- cet ouvrage ,
m^ écarter de Vopinion des autres , au ju^
gefTiL'nt du savant quune des sociétés les
plui illustres , la société royale djs scUn^
ces ^ s'honore d^ avoir pour président,
Gottingue, II avril ^7^5,
(37)
EXPLICATION DES PLANCHES.
Planche première.
é
nie offre un Tableau sinoptîqu© ,
propre à donner une parfaite intelligence
de la règle verticale , dont il est parlé
page 215.
La Figure première répond à la
Figure première de la planche
deux,
La Figure denx à la Figure trois.
La Figure trois à la Figure cinq*
/
Planche IL
\
Les cinq Crânes très-intéressans qui
y sont représeulés font parlie de ma
Collection , et donnent la connaissance
( 40 )
.4de l'Occéan Austral, dans les Indes Occî^
r
dentales^ des drageons de Tarbre à pain*
Figure V.
Ce dessin a été fait d'après le crâne
d'une Négresse de Guinée. Elle aiourut à
Amsterdam , âgée de 28 ans. Steph. Jo.
Van Geuns , Professeur de médecine à
XJtrecht^ la soumit au couteau anatomique«
■w
^
(40
SECTION PREMIÈRE.
DIFFÉRENCE DE l'HOMME AUX ANIMAUX^
S, I.
Difficulté de cette techerche.
A-/ È s qu'on se propose d'écrire sur le*
variétés de l'espèce humaine , et d'indi-
quer les traits qui les séparent , les pre-
mières recherches doivent se porter sur
les caractères qui distinguent l'homme
des animaux. Mais il arrive ici ce qui se
Voit le plus, souvent en histoire naturelle,
surtout dans la Zoologie , qu'on reconna-ît
beauôoup plutôt au premier coup d'œil,
îine espèce de celles qui l'avoisinent ,
qu'on n'en énonce la phrase distinctive.
Koits ne confondons pas le rat avec la
«ou ris, le lapin avecle lièvre , et cependant
si est difficile de décrit» ces signes carac»
D
térîstîques qui nous les font distinguer ct#
«uite et frappent tous les yeux. Notre
ouvrage présente les mêmes obstacles; les
plus habiles naturalistes Tont déclaré avec
candeun Linné lui-même, cet immortel
génie qui semble avoir été produit pour
caractériser et réduire en un système ré-
gulier tous les objets d'histoire naturelle,
U dit dans la préface de sa Faune suédoise :
Il est des plus difficile de découvrir le
caractère spécifique de Vhomme; bien plus,
il avoue quHl n'a trouvé aucun caractère
qui marque la différence^u sin^e à Vhomme:
il s'étonne, dans son Système de la Nature,
que le singe le plus pétulant diffère si peu
du plus sage des humains , qu^on iia pu
poser encore les bornes qui séparent ces
deux espèces. En effet, il n'assigna point
à l'homme un caractère spécifique , et
plaça le Gibbon (simia longimana) dané.^
la même série que lui-
§• a.
Plan de cet Ouvrage.
Yoîçi Tordre que je suivrai en décri-
(45)
Vaut les différences qui distinguenli
rhomme des animaux,
I®. Celles qui ont rapport à sa cOTt-^
formation extérieure tti*occupei:o:pft dV
bord.
2^. Celles qui tiennent i «a structure
* interne.
3 ^« Aux fonctions de l'éconoixiio anî»
maie.
4^» Aux qualités de Tesprît.
5^. Je dirai un mot des maladies
propres à Tespèce humaine.
6^. J'examinerai les caractères regar-*
dés d'ordinaire 9 mais sans fondement,
comme propres à faire distinguer Thom-
me de la brut^.
Km y
§•3.
I. Conformation extérieure.
Je Hppprie àla cpiiformatÎQn extérieure
des cardr;tères, qui, quoique tenant à la
structure iu squelette , se manifestent
cgpieiida^ti l'habitude extérieure du corps.
Si Ton considère, surtout dans leur ensem-»
ble, ceux qui suivent, ils paraîtront suffire
pcrori:; ca(Vaçtéj(^iser rrecupèoe- humaine :
À. Station verticale, j^
B. Bassin large, déprimé.
C Deui^ Vjs^ÎQS.
I^ Oent^ rap^rpçb^iss également en-»
U*;^les.
On pourra facilement rappprter à , ces
points les autres particularités extérieures
du corps humain. Je vais m^occuper de
chacun d^eux en particulier.
/
/
h
* , A ) Station verticaîei^
11 faut démontrer ;
I®. Que la station verticale est appFO-
' priée à la structure de Vhomme.
2*. Qu'elle lui est exclusive : ceci de-^
vient évident plus bas ( V. §. i6.)
La première d« ces propositions se prouve
à priori, par la structure même deThomnie,
,à posteriori f ^BT Iç témoignage ananime
de toutes les nations. Il devient inutile
de s'arrêter plus long-temps sur ce sujet,
malgré Targument que fournissent les en-
fans qui, vivant parmi les quadrupèdes, en
ont conservé la démarche dans l'âge
adulte. En effet , pour peu qu^on y fasse
attention, on s'aperçoit que rien n'est plus
opposé à la situation naturelle à l'homme.
Il serait aussi absurde de la dériver de
ces exemples, ainsi que son genre de vie,
que *de prendre pour le type de la
str^lure humaine le produit de qa^«
( 4<? )
qnes conceptions monstrueuses': d^aîlleiivit.
si l'on recherche soigneusement les rela-*
tionis qu'on a données des enfans sau-
vages, on trouvera dans celles avérées^
qu'ils se tenaient habit uëlleiaent debout..
Tel était Pierre Hamelen a), ( Peter the
wîld boy, Juvçnis Hanoveranua, Xz/m. }
la fille sauvage b ) ,|l'homme des Pyrénées
c ) , etc. Au contraire Thîstoire de ceux
)*egardés comme quadrupèdes , tels quQ
le jeune Irlandaijs, à qiii Linné adonné
l'épithète dHOinnus rf), oiFre des circons-
^■■^
''mm
a) cfr. corijunctiss. Voîgt Magaiin fur'Phj-
sik und Naturgesch. Tom. IV. P. III. jsag. 91,
lit ( Monboddd) antient mclaphysics ï. III.
lond. 1784. 4. p. S7. et 367.
¥) (de la Condamine) histoire d'une jeune
fille sauvage. Paris, 1761. u,
c) cfr. Leroy , sur l'exploita tioa de la mâture
dans les Pyrénées. Lond. f^jS.. 4. p. 8.
d) Tulpius dans ses Obserr. Med. rapporte ,
qu*UQ jeune Irlandais , âgé de 16 ans , élevé
au milieu des^ brebis sauvages, en avait en quel-n
^qe sorte contracté la nature : — L'aspect fa-«
Oyche, rude, hardi et téméraire. Il vivait a»\
T47>
I
Tances qui les rendent très-doutenses. Sanà
doute que le sauvage raisonnable, dont
j)arle ce naturaliste ( S, N. éd. XII. T. I,
p. 28 ) ne marchait pas plus à quatre
pieds qu'il n'avait le corps recouvert dm
fourrure comme un animal.
• §. 5.
îa structure de Vhomme démontre qM
la station verticale lui est naturelle.
Il est sans doute ennuyeux et pénible
de s'appesantir sur une proposition dont
milieu des rochers, dans les lieux les plus dé-
serts, était aussi saurage qu'eux.
Est-il des brebis sauvages en Irlande ? quitt-
ée qu'une nature *de brebis ? est-elle féroce et
indomptable ? Si l'on soumet cette histoire i
la critique, on sera convaincu que ce jeune idiat
n'avait pas plus été élevé au nailieu des ani*-
maux sauvages, que celui qu'on faisait passer
poyr un Esquimau n'appartenait, aux indigènes
des terres de Labrador. (Recherches f hlL sur kf
Américains. Tr I. p« 3|8).
( 48 )
révîcîence se manifeste d'elle-même: ce*-
pendant ropinîon contraire à la mienne^
de deux hommes de mérite , P. Moscati
et A. Schrage e ) . m'empêche de garder
entièrement le silence. 11 me suffira néan""
moins de rapporter quelques-unes de»,
raisons en ma faveur.
Xa longueur respective du tronc et
des extrémités démontre au premier
coup-d'œil , que la nature a formé l'hommie
pour qu'il gardât la station verticale.
Je ne partage pas cependant Topinion
de Daubenton , quand il assure , qu*ex-
.cepté rhomme, aucun animal n'a les ex-
trémités inférieures aussi longues que
le tronc et la tête /) , pris ensemble.
Plusieurs mammifères , comme le gibbon^
la gerboise;! du Cap, sont des exemples du
•^•^
e) Vtrhandeling over de Longteering dans soa
)Ournal intitulé Genees- Natuar-^en HuishouJ-^
îiLuridige Jaarboeken. T.. III. P. I. p. 32.
/*) Mémoires de VAcadéinie de« Sciences de
Vaxia. 1764. p. 569*
(45)
contraire , la syqcture de riiomme s^op*
pose évidemment à ce qu'il puisse ja-
Biais prendre la démarclie des quadru-
pèdes. Les enfans même ne s'avancent dana
cette attitude que Içs genoux fiéchis^
quoi qu'à cet âgç le§ extrémités infé-
rieures soient proportionnellement plus
courtes * ). Indépendamment d© la lon-
•) La disposition des parties de Pejifant prouvj^-
^u'il est peu propre à la station verticale. Sa
tête, proportion gardé» , est plus volumineuse)
' que celle de Tadulte ; les muscles destinés à
l'étendre sont peu exercés , tandis que ceux qui
k fléchissent étaient tous en action dans le fétus*
Les vertèbres n'ont pas d*apophises épineuses*
de manière que la tête doit nécessairement tom«
ber sur la poitrine, et agissant alors sur la co-
lonne épinière comme sur rextrémité d'un le«
Tier , entraîner facilement le corps en avant: à
cette époque de la vie le thorax est très-étroit»
bombé en avant ; son centre de gravité est fort
en arrière. Les extrémités inférieures , dépour"
vues d'apopbises » sont presque parallèles k la
colonne ; le centre de gravité du corps est
beaucoup plus haut qu'à un âge plus avancé^
tt parcoiiséqueut beaucoup plus éloigné d« U
( 50 )
gueur, la force comparative des extrémî-'
lés supérieures et des inférieure.s prouva
que ces< dernières seules ont été destinées
à soutenir le poids du corps. L'ostéogéni©
fournit un argument qui rend encore
cette vériié pltis évidente : les os du tarse,
et principalement le calcaneum,atteignent
une ossification parfaite bien avant ceux
du carpe. In efiet , dans les première*
années de la vie , Tenfant se sert rare-
ment des maius^ et commençant dès- lorj
base sur laquelle Penfant repose. La colonne ver-
tébrale ne décrit pas ces courbures qui s'oppo-^
sent à ce que le centre de gravité ne la quitta
aussi' facilement. Le bassin est des plus étroit3
et très-oblique en avant 5 il n'est pas solide-
ment établi sur les cuisses , qui sont fort rap-
prochées l*une de l'autre. Les muscles flécTiis-
«eurs l'emportant sur les extenseurs , les jam-
bes se ployent sur les cuisses et celles-ci sur le
basisin 5 la petitesse qu'ont alors les pieds , Parc
qu'ils font avec les péronés, les rendent peu
propres k supporter le poids du corps. L'enfant
doit donc chercher dans la station horizontal!^
un remède qui pare à tous ces inconvénient
( 5r )
'à marcher , ses pieds devaient être proi»
près à le soutenir debout. Je ne parl^^raî
pas de la vigueur des muscles des /arabes ;
elle est cependant si remarquable , sur-
tout dans le solaire et les gémeaux , qu'iV*^
semblent destinés par la naiureà main-
tenir Thomme dans la station verticale-
D'après cette considération, Aristote, et le»
anciens Anihopologues , pensaient qu'il
avait seul de véritables jambes.
La disposition entière du tliorax de
l'homme démontre qu'il lui serait impoi)-
sible de prendre Tallure des quadrupèdes;
en efFetj^ s'ils sont longipèdes, leur poitrino
est comprimée sur les côtés et carénée an-
térieurement]; ils n'ont point de clavicu-
les , ce qui«rend leurs membres plus propres
à soutenir le poids du corps. Leur sternum
est plus alongé; leurs côtes plus nombrou-
ses et plus rapprochées de la portion des-
cendante de la crête de l'os de« îles, offrent
aux viscères abdominaux un point d'appui
dans la station horizontale, l'homme des-
tiné à marcher à deux pieds, a toutes ses
parties disposées différemment. Sa poitrine
•<
est applatîe, des clavicules éloignent «es
. épaules, son sternum est court, et quoi-
qu'il soit plus ample que chez la plupart
des quadrupèdes, son abdomen n'a point
de soutiens osseux. Il suflSt de comparer
le squelette d'un quadrupède, surtout àt
longs pieds , avec eelui de l'homme, pour
se convai ncr e combien sa structure s^oppose^
à ce qu'il prenne leur allure ; effectivement
sa démarche serait alors incertaine , chan?»
celante et pénible.
B). Le bassin de Vhàmme est large et
déprimé.
L'examen du bassin ajoute encore à ce
que je viens de dire. Sa forme lui est par-
ticulière et constitue un des caractères
distinctifs de l'homme. Elle démontre de
* la manière la plus tranchée, combien en
sont éloignés les singes et les autres ma m*
maulc.
On pourra m'accuser de paradoxe si
t 53 )
y a van ce qu'on ne trouve vraiment ^e
bassin que dans le squelette de l'homme :
cette assertion n'eèt cependant pas sans
fondement ; en effet, la forme alongée
que présente chez les autres mammifères
l'assemblage du sacrum, du coccix et dés os
innominés, est loin d'avoir celle ressem-
blauce avec un bassin qu'ocre dans le
squelette humain la réunion de ces mêmes
parties. De tous les mammifères, l'Orarig-
Outang et l'Eléphant sont les seuls dont le
pelvîs ait quelque analogie avec celui de
l'homme; néanmoins dans l'un la longueur
l'fempo rie sur la largeur, dans l'autre, la
simphise du pubis esttrès-alongée, et tous
deux ne ressemblent qu'imparfailement à
un bassin. Cette similitude, qui ne se trouve
que dans l'homme , est due à Tévasement
des os innominés, à la délicatesse de^ sim-
phises^ et à la courbure d'arrière on avant
du sacrum et du coccix.
§• 7-
Rapport de la forme du bassin de Vhomme
avec les parties molles qui Ventourent.
La face postérieure, du bassin donne at*
/ (54 5.
tache à des muscles très forts. Il nVfl
est pas dans le corps humain , dont Té-
paisseur égale ■ celle des fçssiers. Une
couche épaisse de tissu cellulaire les
recouvre ; ils forment par la disposition et
rétendue de leurs faisceaux deux cous-
sinet3 arrondis, qui masquent l'entrée du
rectum. Cette disposition est si remar-
qaabl«, que les plus habiles naturalistes,
tels qu'Aristote g) et Buffon h) , ainsi' que
Galien /) , Haller k) et les autres célèbres
physiologistes, ont regardé Tabsence des
fesses chez les singes, comme le principal
caractère qui les distinguât de l'homme*
Âf) ©e part, anira. IV. lo.
^)Hist. Nat. T. JI ,p. 544. .
ï ) De U8U partium. T. XV, p. R.
Spigel en traitant de la structure du corps" hu-«
xnain ^ dit. p. y.
fll^Vhvmwe est le seul animal qui se tienne coin-^
inodémcnt assis ; le seul qui ait ^es fesses amples
crt charnues , elles sont alors comme un coussin
étendu sous lui , afin quç pouvant sans peine gar-
der cette attilude , il abandonne plus entitrement
son ame i la contemplation de la Divinité.
i ) De Corp. hum. functionibus , T. i, p. Jj
( 50
La courbure du sacrum et du coccîx in-
ftue beaucoup, chez la femme, sûr la dis-
position des organes internes de la géné-
ration, et particulièrement sur la direction
du va^jîn. Son axe s'éloigne de celui da
bassin et se dirige bi«n plus en avant que
chez les au'^res femelles des mammifères.
Cette conformation rend lesaccouchemens
plus laborieux, mais elle remédie à beau-
coup d^autres accidens, auxquels la sta-
tion verticale expose la femme pendant
la grossesse.
«
On doit encore attribuer à cette dis- '
position du bassin la direction d'arrière
en avant que suit chez les femmes le jet
des urines , ce qui n'a pas lieu chez les
autres femelles. Ici le méat urînaire na
vient pas s'ouvrir entre les lèvres du pH-
dendum , mais en arrière et dans 1^ vagin
même. Je nao suis assuré que cette dispo-
sition existe également chez les animaux
anthropomorphes, leFapion, le Maimoa
et le Macaque.
X^ direction du vagin peut aussi résoudra
(50 • . ;
texte question si souvent agitée du terhp*
de Lucrèce.
**Et quibus ipsà modis tractetur
blanda voluptas ? '*
Lé rapprochement des sexes peut avoir
lîett chez Ph'omme dé différentes manie-
resZ)':on en a voulu faire un caracière
spécifique. Il est cependant des causes phy-
sîquej qui rendent une situation plus
convenable qu^uné autre.
** more ferarum,
yj Quadruped'omque niagis ritu " w)
En général , une situation contraire pa-
raît mieux s'accorder avec la disposition
réciproque des parties sexuelles n).
/) Carpî(Berengarii, Coinmentàrîa'super ana-
lomîa Mundinî, p. i3.
7ft)Kaeaip(îi Enchiridîurn me.^icum, p. i8l.
71 ) F, la Colleclion de dessins d'atiàtoiiïie hu-
maine et comparée , faits à la plume par Léonard
de Vihi|l j et conservés dans ,1a Bibli. roy. de
Londres.
■■■\
ï)e Vhymen , des nymphes et ad
clitoris.
La membrane hymen n'a jusqu'à présent
été reconnue (^uechez les femmes. Je n'ai pa
la trouver chez les femelles des sinj^^es ^
ftînsi que'les caroncules myrtiformes qui
n'en sont que les débris. Un éléphant fe-
melle dont )'ai examiné avec d'autant pluà
de soin les parties de la génération, que Je
sa^cais que Trendelnbourg , médecin cé-
lèbre de Lubeck , avait cru y découvrir
quelques traces de l'hymen, ne m'ont
offert rien de semblable.
La présence de cfettfe membrane est d'au-
tant plus remarquable qu'on ne peut lui
assigner d'utilité physique Les opinions
tju'en ont eu(ps les physiologistes sont oa
ne peut moins satisfaisantes , particulièrq-
taent celles de Haller.
.^< Cùm solo in homine sit repeptuii;
etiam ad morales Hnes et\ esse coti-*
cessum signum pudicitiae. Z
£
( S8)
Linné paraît douter si les nympïies et
leclitorîsne sont paspartîculiersàlafemmeî
xnais aucun deces organesiie lui appartient
exclusivement. Des auteurs respectables
les ont trouvés, ainsi que moi , chez un.
grand nombre de mammifères d'ordres 'lif-
férens, comme le Mandrille, le Lori pa-
resseux, etc. ; le clitoris avait la grosseur
du poing dans une baleine de 62 pieds
de long, qui vint échouer en déc. 1791 ,
sur les côtes de la Hollande , et que j'exa-
minai très-attentivement.
Un Mongou que j'ai conservé vivant
pendant plusieursannées avait les nymphes
presque semblables à celles des femmes.
C.) Vhomme est un animal à deua;
mains.
Il jésuite de ce que j'ai dît jusqu'ici sur
la station verticale de l'homme, que le
grand avantage de cette conformation est
lé libre exercice des mains les plus par-
&ites ; elles sont si supérieuxes à celles des
< 55» )
mtLf res animaux , que le sophiste Anaxagor#
«n conclut que l'homme ne doit son savoir
qu'à ses mains. Cette opinion , qu'Helve-
tius a renouvelée de nos jours , n'est
qu'un paradoxe. Aristote a dit avec^u9
de raison, que l'homme seul a vraiment
des mains. Chez les singes anthropomor-
phes la partie principale delà maih , le
pouce, est trop courte et presqu' avortée.
La main de l'homme mérite seule le nom
d'organe des organes que lui donne le
philosophe de Stagire.
Le singe et les animaux voisins sont
quadrumanes.
Les singes et les animaux que Ton
nomme ordinairement anthropomorphes,
comme les Guénous et les Loris, ne sont
réellement ni bipèdes ni quadrupèdes,
mais quadrumanes. Ils ont aux mains de
derrière un véritable pouce. L'hommo
destiné seul à se tenir debout, est pourvu
d^un gros orteil o). Je dirai plus^ les mains de
o ) B.obioet dans le T.V. du Livre de la Nature f
%
V
îierrîère des quadrumanes méritent mîeu*
le nom de main que celles de devant; elled
sont en efFet plus propres à l'appréhension.
D^s certaines espèces de Sajou (le Coaï-
taples mains de devant n'ont pas de pouce,
et il n'est pas d'exemple , che^ les ani-
maux quadrumanes , d'une pareille ab-
sence* dans les mains de derrière.
On peut facilement , d'après ces con-
sidérations , décider si l'Orang-Outang
m
et les autres anthropomorphes sont desti*
nés à marcher à deux pieds ou bien à
quatre*); ni l'une ni Tauti'e de ces al-
donne ( pi. 9) pour le dessin d*un fétus de singe,
d'un fétus, humain, qu'on reconnaît au premier
coup-J'œil, dès qii*on lui regarde les pieds, ils
n'ont pas de pouc« mais de véritables orteils*
*) La station oblique , ceîle qui approche le
plus de la station propre a Thomme, appartient
aux singes ; ils font alors avec le sol un angle
de 45 degrés. Dans cette position , l'extension de
la jambe sur la cuisse est moins parfaite que dans
la station verticale. Aussi les muscles qui iléchis-
fient cette partie sont 9 chez les singes » plus forts
(4t)
lures ne leur est commode : en effet leurs,
mains, bien plus propres à saisir les corps* ^
qu'à la progression , démontre , que la
nature les a formés pour vivre prîncipa- .
lement sur les arbres. Ils y trouvent leur
nourriture, et pendant que leurs mains de
derrière les soutiennent , ils cueillent avec
celles de devant les fruits dont ilsseuDùr-
rissent, La nature a pourvu les Sajous , dont
les mains sont imparfaites , de queue» pre*
liantes ; elles entourent les branches des
arbres et donnent à l'animal un point d'ap* ..
pui solide.
Il est presqu'inutile d'avertir que la pro-
gression dans la station verticale, n'est
chez les singes que le produit de l'éduca-
tion. Les dessins d'après nature, que nous
avons de l'Orang-Outangp) démontrent
I ■ I I ■ ■ ■ 1 ■ Il ■
que ceux qui retendent, et s'insèrent loin du cen-
tre des mouvemens; la cuisseau lieu d'être ronde,
prend chez eux une forme applatie. Mais bientôt
fatigués de cette attitude, les singes sont forces
de s'aider de leurs «xtrésiités supérieures ^ qui
$pnttrè8-alongées»(^'o/. Jié ?ya^O
p. ) V. Mono grap. de Yosmaër*.
(61)
cbtii&îen cette attitude , peu * naturelfer
lui est pénible. Il né saurait alors avancer
qu'en s'appuyant sur un bâton, et ses mains
de derrière- restent à moitié fermées q)^
Ni le single ni les autres animaux ne peu-
vent donc janmis marcher debout'; l'homme
est le seul des mammifères 3 qui dans cette
situation puisse conserver l'équilibre eii
se portant d'un pied sur l'autre.
La station verticale lui convient telles
ment que la nature la lui a exclusivement
accordée.
** Unica gens hotninum celsum levât
altiiis cacumen,
*^ Atque levis recto stat corpore. *'
§ II.
D.) Caractères des dents humaines.
I
Les dents chez l'homme sont plus égct-
y ) Linné a dit mal-i-propos , que les singes
marchentcomme l^bomœe^qu'ils se servent comme
lui des pieds et des mainSk^
C^î )
îement rapprochées que chez les autres -
mamînaux. -
Les incisives inférieures sont plus verti-
cales ; et je regarde ce caractère comme un
de ceux qui distinguent principalement
l'espèce humaine;
Les lanîaires ne saillent pas et conser^
vent le même ordre que les dents qui les
avoisinent».
Le sommet des molaires présente des
tubercules singulièrement obtus. Celles
des Orang- Outang, des Gibbons et des
autres animaux de ce genre, dont j'ai
examiné le crâne, en diflerent évidemment*
Enfin la mâchoire de Thomme offre troîs^
caractères distinct! fs :^on peudelongueur»%
la petite saillie du menton , qui dépend
de la position verlicale des dents incisi-
ves , surtout la forme particulière des^
condyles , leur direction et la manière
dont ils s'articulent avec les os des tempes.
Ces dispositions qui ne se retrouvent chez
/•V-w
.^
1
r •'■ . ». ■• • .^.-z.». ••
( <î4 )
aucan autre mammifère, prouvent que
H nature a destiné l'homme à se nourrir
de toutes sortes d*alimens, qu'elle en ^
fait enfin un animal omnivore.
S i2.
->
J)ernî^rés qualités qui ont paru propres
à C habitude tcctérieure du corps huniùinx
jçonime La glabréité de la peau.
Je ne parlerai pas du lobe de Toreille,
du renflement des lèvres, surtout remar-
quable à la lèvre inférieure, ni de beau-
coup de choses d'aussi peu d'intérêt, qu'on
a cependant cru propres à caractériser
l'homme.
Je vais m'occuper du poli et de la gla-
bréité particulière à la peau humaine,
caracière qu'on peut regarder }usqu'ici
com me un de ceux qji distinguent l'homme
des animaux qui ont avec lui le plus de
ressekiiblançe. Linné a cependant assuré
qu'il se trouvait quelque part des singe^
^oins velus que l'I^omme. J'avoue que
j*ai inutilement cherché cette région c!e
Tunivers. Il est certain, au contraire,
que les singes connus sous le nom malais
d'Orang-Outang, tant dMngola que de.
Tîle de Bornéo , et le Gibbon , sont tous
beaucoup plps velus que l'homme , fait at-
testé par letémoignage unanime des voya-
geurs les plus ^vérîdîques, et par ceux dt
ces anijpaux qu'on a transportés en Europe.
Quoiqu'ils fussent malportans et pas en-
core adultes , ils étaient néanmoins plus
couverts de poils qu'aucun homme.
On a observé, il est vrai , surtout dans
quelques lies de la mer du Sud, des
hommes extrêmement velus. Mais on en
désirerait une description plus détaillée.
Spangberg r), le premier qui en ait
parlé, trouva une semblable peuplade
dans la plus australe des îles Kuriles (l. 45»
d. 50. m.), lorsqu'il revenait du Japon aa
Kamschatka s).
7')Muller's Satnailuog Russiscfaer Gescbichte »
Ç.IIL p. 174.
s ) §ans c(o.ute l'ile JJfadigsda; jCing , le compa-*
J. R, Forster observa quelques încîÎTÎ-*
dus très-velus parmi les insulaires de Tan*
aia , de Mallicola et de la nouvelle Calé-
' donie t).
On dit qu'il existe une mênije race
d'hommes dans Tintérieur de l'île de Su-
jinatra , les autres Iial3itan8 les nomment
Orang'-Gugu u).
Cependant, en général, les hommes sont
moins velus que les animaux , quoique»
quelques parties de leur corps. le soient
davantage que chez ces derniers , comme
le^pudendum, le dessous des aisselles, Ue
scrobicule. Les anciens firent de cette par-
ticularité un des caractères de l'espèce
humaine.
gnon de Coote , eut seulement des connaissances
verbales, touchant ses habitans.Voyage to thenor-
thern hémisphère, T. III, p. 377*
t) Bemerkungen auf seiner Reisiura die Welt ^
|). 3i8.
u } Marsden > hist^of Sumatra , p.^35 , not. *]^
C ^7 )
II. Caractères qui tiennent à la structure
interne de Vhomme.
Nous avons vu Tes caractères extérieurs
du corps humain ; ]e vais passer à ceux
qu'oflpre son organisation intérieure (§2).
Les bornes de cet ouvrage me forçant
d'abréger, je réduirai celte discussion à
ces deux chefs :
A ) Organes qui manquent à 1 homme
seul y ou du moins à bien peu d'animaux*
B ) Organes exclusifs à l'homme.
§ 14-
A ) Organes internes dont Vhomme
est priué.
L'intérieur des mammifères, surtout do*
mestiques, ptrésente plusieurs parties qu'où
croyait autrefois appartenir également à^
l'homme. Alors les occasions de disséquer
(tf8)
ttn cadavre huTTiaîn étaient rares,et l'amour
de la Zootomie les faisait négliger. Cea
parties sont :
Le panîcule charnu. Ce muscle sous-*
cutané ne se trouve que chez les animaux;
cependant G alien , ses sectateùrjs et mémo
*e restaurateur de Tanatomie humaine,
Vesale , qui relève si souvent les erreur»
de cet ancien médecin, assurent qu'il
existe dans l'homme. C'est Nicolas Sté-
non qui nous fit le premier connaître qu'il
était particulier aux brutes.
Le merveilleux réseau artériel. Galien
le mettait au nombre des organes internes
de Thomme ; Vesale , d'après Berenger
de Garpi, démontra qu'il n'en faisait pas
partie. ^
Le muscle suspenseur de l'œil. Fallopô
a prouvé qu'il n'appartenait qu'aux ani-.
maux.
L'allantoïde.Cette membrane ne se trouve
pas dans le fétus del'homme. On a démontré
. «^^».*^
( ^9)
dernièrement qu'elle n'existait qne chez
_ •
Jes autres mammifères , mais non yas gé-
aaéralement.
Je ne parle pas des organes particuliers
seulement à quelques animaux, quoiqu'on
ait cru que l'homme en jouisi^ait aussi ;
tel est le pancréas d'Asélius , le conduit
hépato-sistiquc , le corps d'Highmore.
Je passe également sous silence les. or*'
ganes exclusifs à quelques genres des mam-
mifères , mais qui manquent si manifeste-
ment à l'homme que personne ne les lui
a attribués ; tels sont la membrane cligno-
tante, que je place ici quoiqu' extérieure,
le ligament suspenseur du cou , etc.
Le trou incisif. Il se trouve situé der-
rière les premières dents incisives supé-
rieures ; commun à l'homme et aux qua-
drupèdes, il est simple chez lui et propor-
tionnellement moins grand ; double chez
la plupart des autres mammifères et chez
bejtucoup d'une grandeur considérable.
§ M.
De Vos intermaccillaire.
La célébrité qu^on a donnée à Tos în-
lermaxillaire m'oblige d'en parler sépa-
rément. Les deux os qui composent la
inâcboire supérieure sont , chez Phomme,
immédiatement réunis et les dents viennent
s'y implanter ; il n'en est pas de même chez
les.animaux ; un troisième os placé comme
un coin entre les os maxillaires » reçoit les
dents incisives supérieures , ce qui fait
qu'Haller le nomma l'os incisif ; mais
comme en le retrouve chez des animaux
dépourvus de cette espèce de d^nt , tels
que la Brebis, l'Eléphant, le Rhinocéros
bicorne, et même chez les édentés, j'ai
pensé qu'il était plus convenable de le
nommer os intermaxillaire w). Il est unique
chez les uns ^ divisé en deux chez d'au-
w) Vitelet Vicq-d'Azyr l'appellent os maxil-
laire inférieur , et Bkire , dans son Ostéograjphit
de rEléphant y le nomme os palatin.
(7^5
^res, dans tous les cas, des sutures les sëpa»
Tent des os voisins ; Tune est faciale et
•s'étend ordinairement des deux côtés dut
«ez aux alvéoles des dernières dents inci-
sives , l'autre «st palatine et va en for-
mant un arc de ce point au trou palatin
antérieur. Camper a regardé Tabsence de
l'os intermaxillaire, comme un des prin-
<;ipaux caractères qui séparent l'homme des
autres mammifères. Cette opinion donne
lieu naturellement aux deux questions
suivantes :
i^. Manqne-t-il en effet chez l'homme?
2®. Existe-t-il chez toutes les autres
mammifères.
La première de ces questions excita
dans le i^e siècle de vives discussions
parmi les anatomistes; Galien comptait
parmi les sutures du crâne, celles de Tos
intermaxiilaire , ce fut un des principaux
argumens qu'employa Vésale pour démon-
trer que ce médecin n'avait pas composé
d'après le squelette de l'homme, mais sur
celui du singe ^ le Traité d'Ostéologie qui
fît loi si long-temps. Malgré les Vains effort*
de J. Sîlvius, pour défendre Galien o?)^
la question paraissait si parfaitement jugée
ainsi,que ce fut contre toute croyance que
le célèbre Vicq-d'Azyr tenta de démon-
trer qu'il existait chez l'homme quelque
chose d'analogue à l'os iater maxillaire y) ;
maïs cette analogie se borne à une petite
fente sémilunaire qui, dans le fctus et
dans Tenfant , se trouve sur les os maxil-
laires et s'avance t ransversalement derrière
les dents incisives. Quand il reste quelque^
traces de cette fissure chez l'adulte, elles
sont depuis long-temps presque effacées 2),
Falloppe avait fait voir , deux cents ans
ar ) Il se tourmente tellement pour excuser sou
dirin Galien, qu'il va jusqu'à dire que si l'os in-
terniaxillaire manque chez les hommes i^aujour-
d'faui , il pouvait exister chez ceux du temps dd
Galien, qu'on ne doit donc pas accustr le prince
de i'anatomie, «sed naturne impedimenta quœdam^
» nostris corporibus iii victu et venere intenipes-
f> tiva ac immodica vilîis succedentia. »
y) Mém. de l'Académie des Sciences de Paris ^
1780.
;& ) r. Vesaîii et Coiteri iconeç,
avant
(93)
eVatit Vic^-d^AZy t, qu'on leur donnait mal-
à-propos le nom de suture a). Au reste,
bette fissure qui est , chez les singes» une
suture remarquable 6;, ne s'aperçoit pas
*
a ) « Dissentio , ab iis qui publiée testantur re--
» periri sufuram sub palato per transversurn ad
» utrumque caninumpertinentem , qaae in pueris
to pateat , in adultis vero ità obliteretur, ut nulium
«ipsius relinquatur VfSligium. Nam reperso hanc
» divîsionem rtl Rimam potiiis esse quam suturaoïy
D ciim os abosse non sepafef neifue in exterionbus ap^
* pareat» »
b) Ëustachii, Tab. Ann.j{6y{ig. Il»
J'ai retrouvé cette Kssure sur les crânes de deux
jeunes EuropéenSyl'un âgé de dix ans,et Tautro da
sept et demi : le crâne d'un jeune Hottentot à-peu-
près du même âge, me l'a également offerte. Elle
s'étendaU sur ces trois sujets du troii palatin , an-
térieures vers les dénis laniaires, et paraissait une
véritable suture qui pénétrait l'épaisseur de Tes et
ressemblait à la suture qui unit la portion quarrée
des OS' palatins aux os maxillaires.
. J*aî vu aussi , vers le trou palatin antérieur , do
légères traces de la suture en question sur les crâ-
nes de trois nègres d'environ 20 ans , et sur plu-
sieurs liteii d« blancs du même âge. J'ai également
(74)
cliez l'homme, sur le côté facial de Vo$
maiillaîre.
Quant à la seconde question, l'homme
n'est pas le seul mammifère chez lequel
manqua l'os intermaxillaire , je l'ai cher-
ché inutilement chez- plusieurs quadru-
manes.
r
On ne trouve point les sutures qui ter-
minent cet os dans le squelette de Monkie
(Simia mortua.Lin.), quel'on conserve dans
notre Muséum académique; cependant les
autres sutures du crâne sont assez, appa-
rentes.
Je n'ai pu également les découvrir dans
tin squelette du même singe, que possède
Billmann, célèbre chirurgien de Casselle;
comme l'animal était très-vieux , et que
presque toutes les sutures sont effacées,
on n'en peut rien conclure.
Schacht, professeur d'Harderwich, m'a
remarqué sur les animaux, qu'on -les retrouve en-
core k cet endroit, lors même qu'elles sontentière-
I9ient effacées par tout ailleurs. Not» dié Trad.
( 75 )
fait voir un troisième singe de cette es-
pèce , chez lequel Tos intermaxillaire man-
quait. Je iiMnsisterai pas plus long-temps
sur Tabsence ou la présence de cet os daus
les autres individus de cette espèce *).
Je n'ai pu , malgré un examen scrupu-'
leux , retrouver des traces de Tos inter-
maxillaire dans le squelette d'un des plus
grands singes, antropomorphe de Tîle de
Bornéo. 11 fait partie du Cabinet d'His-
toire naturelle du prince d^Orange à la
Haye. Les sutures dîi crâne sont presque
totalement effacées, ce qui, joint à toute
rhabitude du squelette, prouve la vieil-
lesse de%et animal c).
* ) Holme , célèbre médecin de Manchester , m'a
fourni un quatrième exemple de l'absence totale
des traces de l'os maxillaire dans le squelette da
inème singe.
Je Tai trouvé dans des espèces Irès-'Voisines de
celles-ci , sur le Marikina (Siaiia Rosalia ).
L'Ouïstiti( Simia jacchus. )
Le Saïuiiri ( Siinia sciurea*)
Le Saï. • . ( Simia capucina,) etc. l. Note du TradJ
e ) Je suis surpris qu^ Camper ait prétendu quo
F 2
( 70
J*aî vu dans le Muséum britannique, les
restes du squelette d'un jeune Orang-
ce squelette est celui d*un jeune singe anthropo-^
inorphe. V. E. Naturgeschichte des Orang-Utang^
p. 146.
Les sutures de l'os întennaxillaire étaient très-
manifestes sur trois crânes d'Orang-OutaHg que
j'ai examinés avec soin.
Il me parait que Pos intermaxillaire existe chez
tius les quadrumanes et les quadrupèdes ; je lai
même aperçu sur un squelette de tortue, M. Rous-
seau, natural. au Mas. d'Hist. nat. , et très-versé
dans ladissectiondesanimaux,m*adit,qu'il ne Payait
pas vu manquer ; Je l'ai trouvé , comme je viens
de le dire 5 chez les Orangs, et il ^ a été de même
pour les autres genres de singes, tant babouins ,.
que Guénous , Sapajous et Sagouins.
Il m'a semblé qu'il est des animaux chez qui
les sutures de Pos interraaxillaire s'effacent beau-
coup plutôt que chez les autres; tel est le genre
du cheval ; mais dans les jeunes poulains elles s'a*
perçoivent bien distinctement. On remarque aussi
en général qu'elles disparaissent , de même que les
autres sutures de la face, plus vite que celles du
crâne, qui, au lieu d^être harmoniques , sont par
engrainure. Elles persistent aussi davantage h la
fa ce. palatine, psircequ'elles sont à cet endroit beau-
coup mqixi^ unies. Oxi sent diaprés cela ^ que la
\
(77)
^Outang de Sumatra; il n'offre aucunes
traces de l'os intermaiîllaire, quoique le»
autres sutures so^nt très-apparentes.
Ed. Tison ne l'a point trouvé dans son
Orang-Outang d'Angola, et le dessin que
d'Aubenton a donné du crâne de cet ani-
"jnal, n'en offre aucunes traces.
Quoi qu'il en soit, l'étendue des niâchoî-
:xes , la saillie qu'elles font en avant chez
les singes et les autres mammaux , sont
^es caractères qui les distinguent de
l'homme également qu'eux.
§ i6.
^.) Différences de quelques organes in--
ternes de Vhomme avec les analogues
chez les autres mammifères.
Je vais choisir , pour m'en occuper , les
plus remarquables de ces différences , en
ciomrûençant par la tête :
<îurée des traces des sutures de l'os intermaxii-
la ire dépeiï* en grande partie de ce qu'elles étaient
dans le principe plu$ ou moins délicates. Nofiê
4u Traducteur^
I
(7»)
Le crîstalin est proportionnellement plus
petit et moins convexe chez Tliomme qu«
chez les autrf"& mummaux , si Ton en ex-
cepte les cétacés ; le trou occipital plu^
grand et situé plus antérieurement d) ,
le cerveau plus volumineux , non pas
comme le croyait Arîstoie , par rapport
à la masse du corps , mais selon Tobserva-
lion de Tiiigénieux Snemmering, compa-
rativement à la délicatesse des nerfs qui
en partent e). Si Ton partage , sous le rap-
port physiologique , le sy&tème nerveux
en deux parties, dont Tune, qui mérite
particulièrement le nom de nerveuse^
comprend les nerfs, les portions du cer-
veau et de la moelle aloiigée les plus voi-
sines de leur origine, et dont l'autre, que
. ^) DaubfDton, Mem. de PAcad. des Scieacea
de Paris, année 1774.
e) Diss. de Basi encephali, Gœtting, 1778,
p. 17.
Id, ûber die kœrperliche Verschiedenheit des
Negers vom E^ropaer, pag. 69. ^
//. J. Goltfr. Ebel observationes nevrolog. ex
analome coinparata Francof. ad Viadr. , 1788.
(7^)
5^ nommerai sensoriale, soit Vîntermèda
centre les fonctions des nerfs et celles de
■
l'ame, on verra que la nature a pourvu
l'homme de cette dernière , plus amplcr
xnent qu*aucun autre animal.
Sœmmering a fait une observation
non moins remarquable sur les concrétions
pierreuses de la glande pinéîile, c'est que,
passé l'âge de i/j ans , on les trouve si
constamment chez l'homme, qu'elles peu-
vent fournir un caractère particulier^^.
Il a cependant rencontré de semblables
concrétions dans la glande pincale d'un
Daim. Si elles manquent quelquefois chez
l'homme^ adulte, on doit considérer ce
fait comme une anomalie très-rare. J'en
dois un exemple à L. A. Caldani, célèbre
professeur à Padoue, qui m'écrivit en
1785, que sur quatre cerveaux humains »
consacrés à cette recherche, un seul ne lui
/) Sœmmering de capiUis vel propè vel intra
glandulampinealem sitis. Mogunt. 1785.
Il en donne le dessin dans ta Dissertation 8ur
l*tntre-tToisement des nerfs optiques, 198^.
(8o)
avait point offert de concrétion^ dans lsi
glande pinéale , il appartenait cependant
à un sujet avancé en âge.
Le cœur n'est pas placé chez ThommB
comme chez les quadrupèdes ; au lieu do
s'appuyer contre le sternum, la situation
verticale du thorax Toblige de reposer sur
le diaphragme. La base du cœur n'est pa&
tournée vers la tête comme dans les autres,
niammifères.mais vers la colonne épinière,
de manière que sa pointe répond à la ma-t
melle griuche II s'ensuit que le cœur est
dirigé d'avant en arrière çhe:;^ l'homme et
plutôt de droite à gauche chez les autres
mammaux. Il en est peu qui aient comme
lui , le péricarpe uni au diaphragme.
Le tube intestinal est parfaitement dis-
posé pour que l'houime soit un animal
omnivore.
11 ressemble à celui des carnivores par ^
structure du ventricule et par la brièveté
d u caecum. Il se rapproché de celui des
herbivores par la longueur des intestins
grêles , par leur i ^i de ressemblance aux;
gros intestins » par les cellules du colon ^,
. ;:
( 8i )
et l'absence de glandes odoriférantes si-
tuées au voisinage de l'anus.
Le parenchyme de riitérus a chez la
^emme une conformçitîon particulière ; et
Tarrière-faix est remarquable par la tex-
ture du placenta 9 la longueur du cordon
et la veine ombilicale qui y est unique.
La vésicule ombilicale , encore peucon-»
iiue , me paraît exclusive au fétus humain^
4*ai fait voir dans un autre ouvrage g) où
j'examinais ses analogies avec le sac qui .
«nveloppe le jaune de l'oeuf soumis à
l'incubation , qu'elle repondait au butdô
la nalure. et se trouvait chez tous les fé*
tus, environ jusqu'au quatrième mois après
la conception.
jn. Propriétés particulières à Vhomme sous
le rapport des fonctions de Véconomia
animale.
f CeiterlélicatessQ^cettesouplesse^propres
i> I ) I I I I III ^
b s) Comrnentationuin Societatis Regiae Sciea-
^ ti^r. QoUingfQsis, T. 13^, pag. ii$«
'y
* ■.-■
(82 )
à la toile muqueuse de l/homme , connu»
sous le nom ciel issu cellulaire, mérite toute
notre attention. On sait que la structure^
de cet organe est très-diiFérente dans les
genres comme dans les espèces diverses :
très-solide dans Fanguille , il devient au
contraire délié dans la truite commune.
Zinn , célèbre anatomiste, a démontré
depuis long-temps, qu'il n'avait chez au-
cun autre mammifère la même délicatesse
que chez l'homme.
Je regarde cette structure comme un des
principaux avantages qui le distinguent
des animaux; en effet , la toile muqueuse,
généralement répandue dans toute l'éco-
nomie , depuis les tégumens communs
jusqu'aux organes les plus intérieurs,
forme le lien qui unit entre elles toutes les
parties du corps. Elle devient, d'après cette
disposition, le siège principal des forces
vitales (de la contractilité), qui me paraît
peu différer de ce que Sthall non^mait le
ton *) ; il m'est démontré que l'homme doit
*} Le tou , ou force Ionique est une des proprié-
tés de la vie » et s'étend à tous les solides yivans»
(83)
Surtout à lasoupjesse de son tissu cellulaire*
la facilité de s'acclimater partout, qu'il
ne partage avfc aucun autre mammifère.
La nature qui fit Thomme omnivore ,
voulut ausvsi qu'il pût habiter tous les
pays. Si une toile muqueuse souple et dé-
liée entre pour beaucoup dans sa structu-
re*^ , c'est pour qu'il puisse s'accommoder
C'est à lui qu'est dû ce mouvement d'oscillation qui
pendant toute la vie s'exécute du centre rers la cir- .
conférence et de la circonférence vers le centre.
C'est lui qui produit dans le muscle , pendant ce
qu'on appelle son état de repos , ortie sorte de ba-
lancement de forces dont l'action se dirige du centre
du muscle vers ses extrémités, ensuite dts exlré—
mités vers le centre . et tend sans cesse à rappro-*
cher les extrémités de la partie moyenne ,. et à le^
en éloigner ensuite ; mouvement qui s'exerce dans
l'absence de tout stimulus extérieur , et même in-
dépendamment de l'action du cerveau.
( Nol. du Trad. )
(* Le tissu cellulaire s'insinue entr^- toutes nos
parties, <M les lie entre elles. Il unit chaque llla-
ment de la libre musculaire, dont il compose des
faisceaux. Il fournit une enveloppe aux nerfs, joint
ensemUe 1^'s dirierens filets nerveux et leur donne
r 84 )
plus facilement aux e£Pets des difiPércAis
climats *).
Les autres pVoJîriétés physiologiques de
Thomme répondent parfaitement à cette
faculté ; son accroissement est lent , son
plus de consistance et^de fermeté; a mesure qu*il;s'ap.
proche de la périphérie du corps , il devient moins
délié et Hnit peut-être en s'épanouissant , par for-
mer les tégumens communs , comme il paraît Télé-»
ment de toutes les membranes. ( Note du Tvad.)
(* L'homme vit sous toutes les températures et
supporte des variations considérables du poids de
Tatmosphère. En Sibérie, le thermomètre descend
à 34 degrés tu-dessous deo',au Sénégal, il monte à
^ rombre,i40 degrésau-dessus^etdanslesableà 6o»
Ces deux termes ne sont cependant pas, a beaucoup
près, les extrêmes du froid et du chaud que 5 homme
peut supporter sans mourir. Si on évalue la suvface
du corps à 1 5 pieds quarrés,l'atmospbère exerce sur
lui, quand le baromètre est à 18 pouces, une pres-
sion de 32,235 livres. Le plongeur en supporte un&
de3o3,35o, elle n'est plus que de 17,160 surit
sommet des Cordilières. De nouvelles expériences
faites au fond des mines et au milieu des airs,oiFri-
paient , sans doute, des extrêmes bien plus éloignés.
( Nûte dêi Trad. )
.• .1
•. •
(85)
enfance longue, sa puberté tardive. Il n'est
point de mammaux dont lés os du crâne
se joignent aussi tard, d#jnt les dents se
fassent autant attendre, qui soit aussi long-
temps sans se soutenir sur ses pieds, qui
arrive si lentement à son accroissement
parfait et à la puberté. Aucune autre mam-
mifère ne jouit d^une vie aussi longue,
û on la compare au volume du corps h).
Une autre propriété particulière à
l'homme, et qui dtî'pend de la station ver-
ticale, c'est que, mesuré le matin, il est
d'un travers de doigt plus grand qiie le
soir £).
•
h) Il est difficile rras.signer à la vie hutnaine un
terme naturel qui soit coinme le point où finit
ordinairement la vieilUsse la plus prolongée. Ce-^
pendant, en comparant soigneusement les tables
des vieillards d'Europe , on trouve qu'un assez
grand nombre arrive a 84 ans, et qu'il en est peu qui
dépassent ce tertne. Cette longévité de l'homme,
comparée à la durée de la vie des autres mammi-
fères prouve que la nature l'a payé avec usure de
sa longue enfance.
i) Ce fait a été observé pour la première fols,
en 1784, par un prêtre anglais nommé Wasse»»
Philosophical Transactions, T. XXXIII^
( 85 )
Sx Ton considère les organes de la géné-
ration , on verra quMls sont soumis che^
l'homme à des lois qui lui sont particu-
lières.
La nature n'a point limité chez lui^
comme chez les animaux , à une époque
de Tau née la faculté de se rep^rodûire. A)
Les pollutions nocturnes sont aussi pro-
pres à rhomme ; je les mets , quand il est
bien yjortant , au nombre des sécrétions
naturelles. CVst le moyen que la nature
emploie pour le débarrasser du stimulus
incommode que produit la trop grande
abondance du sperme.
Lé flux menstruel est également exclu-
sif aux femmes, mais leur appartient d'une
manière plus générale; elles y sont toutes
assujéties; Pline a eu raison de n'attii-
A) Aiinera-t-onmieux s'en rapporter k Augus-
tin Niphus , qui discute , dans son Livre sur l'A-
mour, les causes qui font : «ut aestate puellae
sintlibidinosîoresetamantiores : viriautem contra
hjeme. » La grande beauté de Jeanne d'Aragon
lui valut la dédicace de cet ouvrage»
( 87 )
buer qu^à elle seule cette propriété. Il est
cependant d'autres femelles, particulière-
ment dans Tordre des quadrumanes, qili,
au rapport de plusieurs auteurs,éproavent,
comme la femme, un écoulement périodi-
que. On a dît que chez la femelle dû Ro-
lowai ( Simia Diana ) , cet écoulement se
faisait par le sommet de la queue. Depuis
environ vingt ans que j'ai observé des .
femelles de différentes espèces de singes , '
j'en ai vu quelques-unes sujettes à des hé-
morragies utérines > mais qui ne sui-
vaient aucune période réglée. Leurs gar-
diens les plus sincères regardaient cet
écoulement comme une affection morbifi-
que ; plusieurs même m'ont avoué fran-
chement , qu'ils* ne le faisaient passer pour
un flux menstruel qu'afin d'exciter plus
d'admiration a).
«) Selon les observations de M. Des Fontaines,
la Femelle du Pitheque (Simia Pithecus) est sujette'
à un léger écoulement périodique; ses parties na-
turelles augmentent alors sensiblement de volume*
(Buff. Hist. Nat. par Sonnini. ) JNoie du Trad.
< 88 )
Je démentirai ailleurs ces relations fa*
buleuses , que nous a laissées la crédule an*
liquité, de nations entières dont les fem-
mes n'étaient pas réglées.
IV. Propfiétés particulières à thomme^
sous le rapport des fûcultés intellec*
tuelles.
On s'accorde à regarder la raison comme
le principal avantage que Thomme ait sur
les autres êtres. Mais quand on veut clier-
éherja signification précise de ce mot , on
voit avec ^tonnement combien les philo-
sophes les plus distingués y ont attaché
d^idées différentes. C'est pour les uns une
faculté de Tame qui appartient exclusive-
ment à l'homme, tandis que les autres
croient retrouver chez les animaux des
faibles indices de cette précieuse faculté»
Ceux-ci la regardent comme la réunion
des facultés les plus éminentes de Tesprit
humaixL
(h)
humain *) , tandis que d'autres préteridenfr
que ce n'en est qu'une direction particu«
Uère.
Non nostrûin inter Iios tantas
coinponere liles.
Nous donnerons plus facilement et plus
sûrement la solution de celle question , si
nous appelons raison cette faculté qui
rend l'homme le souverain de tous les
êtres /)/ Ou ne pout lui contester cet em-
pire, et il est également évident qu'il ne
*) On la nomme alors étigesse. I/draile 'de DnW
plie l'avait bien définie parte [^eu Je mott':
To gnoti saouion Slob Ser* 21
Se connaître soi-même. ( Sote du Traâ )
Horace dît qu'on l'honorait à légal de Jupiter*
FroAimos illi taraen'otcupavit
PalU& honorés.
0^ Quisquis es iniqims œstimator sortis hu«*
» manae, cogita quanta nobis tribuerit parens nos—
' ter, quantù valentiora animalia sub juguoi mi—
'seriinus, quantè velociora assequamur, quàm
4 fliliil sit laortak nonsubictu nostropositum*'»
Seneca.
( 90 )
le doît pas â sa force. Les qualités seules de
non entendement le lui ont mérité ; cesbnt
elles qui le rendent si supérieur à tout ce
qui respire , et dont l'assemblage consti-
tue la raison *)•
Nous avons vu que la nature fit l'homme
pour se nourrir de toute espèce d'ali*
mens et peupler toutes les régions de la
terre. Cette liberté illimitée dans le choix
de sa nourriture ; ce pouvoir , presqu'in*
fini , de varier à son gré le lieu de son ha-
bitation, l'exposent à une multitude d'in-
convéniens dont un sQul mode de secours
n'eût pas suffi pour le garantir. Le Créa*
leur y pourvut largement , en lui donnant
sa raison et ce génie inventif qui , dans tou-
tes les circonstances lui Çouinit des tes**
sources assurées.
Dans la nuit des temps , les nations les
plus instruites ont rendu hommage au gé-
*) Hanc altà capitis fundarit in arce
' Haaclatricem operum» prospecturam^ue kborî-
.1
( Claudianus. Noitf i2tf TVoif.)
(9n
BÎB de l'invention. Les Egyptiens Padch
raient sous le nom d« Thoth >• les Grecs
w
«ous celui d'Hermès.
C'est arec raison que Franklin appeU
Thomme fabrioateur d'instrumens ( a Tool
maikng animal;. Il Fut obligé de tout in-
venter ; il se créa des armas , il apprit l'art
de maîtriser le feu , elifin la parole naquit
des secours et des besoins récipf oques ; la
Variété de son langage est un caractère qat
lui est propre m) ; elle prouve qu'il est d#^
<on invention, tandis que les animaux Font
reçu de la nature n).
i«H««MiltM«MfeMiraMM*^M«iHMnMHMHW«i
m) Les nouveaux Scolastiquesfournissent, ainsi
qne les anciens, une foule d'argumens en faveur
da langage des bètes. Je citerai pour exemple All>ert
le&rand : il n^accorJait la parole qu'au singe plg^
inée, et encore avec de grandes restrictions: le pig*
née, disait-il, parle quoique privé de la- raisoii^
miisil ne discute pas , il ne peut parler detout^
tt son lahgage est borné aux objets qui lui sont par*
ticuliers»
i
n) Sussaiilch a mis en doute,dans ces dernitrs
temps , que l'homme fût l'inventeur de son langa-*
ge^ qttoi<|tteJ3obb.e leût déjk senti : » La parole
Ga
%
1
• ■ • • » ■»
( 5* )
S »p.
a I
Du rire et des pleurs.
lies pleurs dç Iq. douleur, et le rire , ex
IMrèssion delà gaî(é, sont, comme la pa
rold^ des attributs de Tespèce humaine
•inaislui sont-ils aussi exclusifs ? ceu^-c
nd'dont point :de son invention, il les reçu
âe la nature ; et ils servent bien moin
• à la raison qu'ils n^expriment les émotion
'dont Tame est agitée.
-^ -^* Haec nostri pars optims
seneus.
— Beaucoup d^anî maux versent des larmes
' iniîs sont- elles chez eux les. effets de k
l douleur ? Des téoioins, dignes de foi , Tat-
^ est l'invention la plus belle et la plus utile, c*ps
» par elle que les hommes se communiquent leur
M pensée» pour subvenir à leurs besoins récipro-
» quesou pour leurs plaisirs. Sans elle ils- n'eussem
» jamais formé de réunion ^ ni connu le^douceuc
- 31 de Vétat social, et vivraient entre eux comom
» les lions , les ours ou les loups. »
*^'' * • yi Iieviatàan, pag. Z9«id/£635
(9Î)
testent pour quelques espèces. Fallas Tas-
sure du Chameau o) et Steller de TOurg
de mer p) (phoca ursina). Il est bien plu».
douteux quo le rire soit chez quelques
brates Texpression de la gaîté. Cependant
le Cat affirme qu'il a vu un Orang-Outany
d'Angola (Simia Satirus) rire et répandra
des larmes q).
S 20.
Y.^ Maladies particulières à V homme tes
plus remarquables.
La pathologie par^t sans doute a»
premier coup d'oeil, appartenir fort peu -à
Thistoire naturelle d^ Thomme; cepen-
dant il n'est pas hors de propo^de faire ï&
résumé des maladies particulières au genre
humain. En effet , quoique s'écariant. de
la marche régulière de la nature , elles
__ »
0) V. Ej. Nacfarichten ùLer die Mongoliscbea
Vôlkerschaften. 2. I^p. I77.
p) rTov. comment, acad. scient. Pelropolît.
T. n, pag. 353.
9) Traité de l'existence du HuiJe dés nerfs. p.ZS*
(94)
tiennent à Tordonnance uatnrelle des pftr.
ties du corps, à sa manière d'être , à TéGo-
nomie animale ; elles méritent d'autant ^
plus de trouver place ici, qu'on joint ordi-
nairement à l'histoire de chaqueespèce une
notice des maladies qui lui sont propres*
oomme l'épizootie des bestiaux, la morva
lies chevaux , et la rage spontanée « si&é*
quente dans le genre chien.
On conçoit qu'il ne peut être ici ques-
tion que des maladies les plus remarqiïa-
U^^t d'un petit nombre de faits avérés :
«n >BffeY , la Nosologie des Brutes , à l'ex-
ception de. celle de q[uelques animaux do-
inestiquefii, est peu cKinnue^ à raison des
obstacles nombreux et même insurmonta-
Ues qui s'opposent k aes progrès.
On peut cependant regarder avec beau-
Coup de probabilité, comme exclusives i
l'homme , les maladies dont je vais donner
le tableau.
Toutes les fièvres exanthématiques peut-
être , et plus p$^iculièrement :
(55) "^
La variole r).
ta rougeole.
Les fièvres scarlatine^
Miliaires.
Pétéchiales.
La peste.
Parmi les hémorragies :
L'épitaxis (?)
Les hémorroïdes.
La ménorragie.
Parmi les affections nerveuses :
L'hypochondrie.
L'hystérie.
Les maladies qui pervertissent les fono*
lions de l'entendement , telles que
la mélancolie , la nostalgie , etc. • . •
peut-être le satyriasis et la nymplu>
manie.
r) Japseq, médecin célèbre, m'écrivit 9. il y a
quelques années , qu^un singe Tenait de contracter
k Amsterdam , des boùïoDS varioleux , mais qu^ils
s'avaient pas été accompagnés dei^è?r«.
(90
le Cretînîsme.
Parmi les cachexies :
Le Rar^hîtîs (?)
Les Serophules (?)
LaSiphilis.
. La Goutte. ?
LaLtpre et VEléphantîasîs^ '^
Farmi les aifections locales :
L* Aménorrhée.
LeCancer(?)
Les Cors.
La Hernie cou géniale (?)
Les diverses espèces de prolapsus, tels
que lerenversement de la vessie, dont
on doit le mode curât if au célèbre
Bonn s).
s) Pourquoi C8 vîce de conformation commun
chez rhoinine, n'a-l-il jamais été observé chuz les
animaux? le pense q je cela vient de ce que la sjm-
phise du pubis i st plus étroite cbt^z l'homme et
comme parlaj^ée en deux par une fissure particu,—
lière que Bonn a décrite avec la plus grande exact!-
>-■
( 91)
Les Dartres (?)
La Teigne.
Doit-on placer ici les vers întestînanx
de Thomme et les deux espèces de poux ^
qui lui sont, je crois, particulières?
Je ne parlerai pas des maladies qui sont
beaucoup plus fréquentes chez Thomme
que chez les autres mammifères, sans ce-
pendant lui être exclusives. Telles sont
la difficulté de la dentition, les môles,
Pavortement, les accouchemens laborieux*.
lude. — Roose diss. de native vesicae urinariae
înversae prolapsu. Gotiing. I793.
La vessie peutfaire hernie au*dessus du pubis en
s^êcbappant par Panneau inguinal q^ par l'arcade'
cmsal ; ce qui est plus rare, au-deesous, en écar-
tant les fibres des muscles du périnée ou celL:s du
vagin. Dans tous les cas^ il faut qu'elle ait élé
préalablement fort dislen lue, et par ronséquent
qu'il y ait eu rétention J'urine. Cette hernie n'est
pas ordinaire chez les jeunes sujets « mais particu*
litre aux vieillards. ( tiote au Tiad. )
S 21.
yi. Sommaire de f caractères {ju^on à cru
généralement j m^is à tort , exclusifs à
Vhomme.
Toutes les fois que l'occasion s'est pré*
«entée , j'ai indiqué les caractères qu'on
avait eu tort d'accorder exclusivement
à l'homme ; il me reste peu de chose à àitm
pour terminer cet objet. l
Le peu d'espace qui sépare les yeux t
.ces organes sont encore plus rapprochés
chez les singes.
Des cils aux deux paupières : on les trouve
chez les quadrumanes , les êléphans et
beaucoup d'autres animaux.
Le nez j|^llant : ce caractère est beaur
coup pliiS^^ononcé chez le Nasique (Si-
mia Rostrata t).
Les oreilles immobiles : elles ne sont
pas ainsi disposées chez tous les hommes ^
/) Buffon , Hist. des Quadrupèdes. Tom. Vl1$
Supp/émenfm
(99.)
et n^ont ancun mouveinent chez les four-
xnilliers.
L'organe du toucher : il est commun à
Thomme et à la plupart des quadrumanes;
il en est de même de la luett e.
On avait aussi regardé comme parlica-
lièreà rhommela faculté de faire des ri>ts u)
et de ne pas s'engraisser comme la Bruteii;);
mais ces puérilités ne méritent pas de nous
occuper.
u) Âemjlianus de Ruminanlibus. p. 5o«
p] Lory , Uist. de la Soci. de Méd. aa 1779.
ik,
(100 )
SECTION II.
De la dégénération des Animaux en général^
de ses causes et de ses modes»
-*■
S 22.
Plan de cette Section^.
y ai reclierclié jasquMci les caractère»
qui distinguent rhomme de la brute, je
vais approcher plus près de l'objet princi-
pal de cet ouvrage, et rechercher quelles
sont les différences que la nature a mises
entre les races qui composent la nom-
breuse famille de Thomme, examiner si
ces différences sont dues à la dégénération^
ou bien si elles sont considérables au point
d'obliger à reconnaître plusieurs espèces
primitives dans le genre humain , mais il
faut avant tout résoudre ces deux ques-
tions ^
( 'oi )
i^. Qu'entend-oii par espèce en Zoolo-
gie ?
2^. Pe quelle manière, en général, une
espèce primitivo dégénère- 1- elle en \a-
riéiés ?
S 23.
ÇiCest'Ce qu^une espèce ?
r Nous disons que des animaux sont dô
la même espèce lorsqu'ils offrent entre eux
de si nombreux rapports qu'on se voit
forcé d'attrib,ucr à la dégénération lef
différences qui les séparent.
Quand au contraire ces différences sont
«î essentielles qu'elles iie s^expliquent
point par les causes connues'^e dégénéra-
tion, on regarde comme étrangers les uns
aux autres les animaux qui les présentent,
«
Jusqu'ici nous n'avons raisonné que par
abstraction ; la grande difficulté est de
trouver des caractères suffisans pour faire '
distinguer les pures variétés et les espèces
^QaturellèS;.
( 102 )
Dans le siècle dernier , long-temps avant
Buffun , Ray avait pensé qu'on devait re-
garder comme d'une même espèce tous les
animaux qui, s'accouplant ensemble^ don-
nent une génération féconde.
La contrainte dans laquelle vivent les
animaux domestiques, seinble rendre ca
caractère doutenxà leur égard. Friijcli,avec
raisonna restreint aux animaux sauvages.
Selon lui, tous ceux qui s'accouplent vo-
lontairement a:) ensemble, ne forment
qu'une même race.
a) » Wenn sirh Thîere f^on Nàtur mît einânder
» gatten, so ist soKhes ein unfehlbarcs Kennzei-
» cbt-n , dass sie von cinerlej Specie siad* »
Bffihont vàn Bercbem HU , qui est tout récem-
ment revenu à ce caractère ; « Si les animaux se
M mêlent dans l'état de nature^ etc » ne parle ni
de Frisch nideR^y* il lit mène expressément :
» M, de Btiifnn , qui le premier a abdndonné les
» distinctions peu siîres des nomenclateurs, est
» aussi le premier qui a fait sentir que la copula-
J9 tioH était le meilleur guide pour reconnaître les
» espèces «» Mém, de lu SocL des Se. phj. de La»-
sane» T. //, pag. 49»
Il faut Tavcaer^ cette restriction offre
-peu d'utilité.
En effet, on ne peut guère espérer sou-
ïiiettre jamais "à cette épreuve cette multi-
tude d'animaux sauvages , surtout les exo-
tiques, et cependant il setait très-intéres-
sant de reconnaître si ce sont de simples
•variétés ou des espèces différentes. La dif-
ficulté s'accroît encore pour les animaux
qui habitent des pays éloignés les uns
des autres , comme le singe d'Angola
( Chimpansé ) et celui de Bornéo ( Orang*
Outang. )
Les animaux domestiques » exclus de
<îetteépreuve,offrent,bien plus que les sau-
'Vages, des sujets de doute et d'incertitude.
Prenons pour exemple le chien ( cania
3Familiaris ) : les uns rapportent ses variétés
à plusieurs espèces primitives » le» autres
pensent que ce ne sont que des dégénéra-
*lions du chien de Berger. Il en est qui les
Tamènent au Chacal (canisAureus); enfin
d'autres croient que toutes les variétés da
chien ^ tirent leur origine du loup.
( '04 )
•
Les connaîssancès que fournît Tac-
conplement des animaux sont donc insuf-
fisantes pour distinguer les espèces des
, simples variétés. On tenterait également
envain d'arriver à cette connaissance au
moyen de quelques caractères qui parais-
sent constans. Les pupiles sont rouges
et les poils blancs dans la variété blanche,
du lapin; cependant ce caractère invariable
ne saurait devenir spécifique.
L'analogie et la vraisemblance paraissent
pour ainsî-dîre les seuls moyefis de parve-
nir dans Tétuclede la zoologie à la connais-
sance des espèces.
Les dents molaires âe^ éléphans d'A-
frique ne ressen)blenl point à celles des
éléphans d'Asie, J'ignore si dans ces ré-
gions éloignées, ces animaux ont produit
ensemble, et si leurs dents sont constam-
ment différentes; mais cette variété de
caractère s' étant constamment offerte dans
celles que j'ai observées, et ne conuaissant
pas d'exemple d'un changement analogue
"provenu de la dégénération^ j'en conclus ^
par
'^r analogie, que ces éléphans constitaent
lleiix espèces distinctes.
4
' Le furet ne paraît au contraire qu'une
limple ^variété du putois , non parce quM»
:^roduisent ensemble» mais parce que la
premier aies pupiles rouges f et queVana-
logiem'a démontré que tous les mammaux
dont la coroïde est privée d*uu vernis nqw
fâtre , sont des variétés dégénérées de Tesr
pBce primitive.
Adaptation du paragraphe précédent à cette
* question : Le gente Humain est-il composé
de variétés ou cPespèces ?
On voit facilement le but que je me pro-
})ose : l'analogie me paraît , en effet, le seul
moyen de parvenir i la solution du pro^
Uème précédent ( S ^^^ )
Mais en suivant cette route, il faut «ans
cesse avoir présentes à l'esprit ees deui;
règles de philosophie du grand Newtou ;
.1?* •< Tout efiet naturel semblabl^doit
ii être rapporté au;L mème^ causes. »
(106)
Ainsi , lorsque jUn^îqueraî les causes de
la différence de structure des peuples di-«
vers, elles se trouveront nécessairement
les fiiémes que celles qui ont produit des
change mens analogues chez les animaux
. domestique^ dispersés dans tous les climats*
•
2®. « Il ne faut pas, en histoire natu-
m relie, admettre plus de causés qu'il n'er
' m est nécessaire pour Texplication des phé
« nomènes. •
Si ta dégénératiôn me parait donc ex-
, pliquer suffisamment les variétés de struc*
• ture du genre humain, je regardera:
comme inutile d'y reconnaître différante!
espèces.
Comment Vespèce primitive dég^nère-t-elh
en Variétés ?
Pour résoudre plus aisément cette ques
" tion, je Texaminerai sous oe double rap
port.
A) J exposerai, i*. les priiicipaux phé
noat'^aes do la dégénération des brutet«.
( ^07)
B) 2. Les caases de cette dégénératîon;
* Je parviendrai plus farîlement à compa-
rer après cela , dans la section suivante,
les phéno«aenes de variétés, dans Tespèce
hgxiaaine, tant à ceux de dégénération chez
les brutes c[u*aux causes qui le9 pnt pro-
duits,
§ 2(f.
Principaua: phénomènes de la dégénéfMipn
dàs Brutes.
Je me bornefai à citer un petit nombre
d^exemplés tirés des animaux à sang cbaud
et surtout des mammifères , parce que leur
struci ure se rapproche le plus de x^elle de
l'homme. Ils suffiront pour démontrer qu'il
n'est y dans le genre.humain , aucun acci-
défit dont les animaux domestiqués ne
xxous offrent Tanalogue commeun produit
4e la dégénération.
Je vais m'occuper succçs^ivpment d^
(jiacuzi de ces giccidçiis.
n»
•■ - ' '
- - I
Couleur.
Fresque tous les cochons sont blancs en
Normandie , noirs en Savoie et d*un rouge
brun en Bavière y).
»
La plupart des boeufs deHongrîe sont
d'un blanc grisâtre, il sont roux en Frân-
:Conie,
En Corse, le pelage des chiens et de^
chevaux est agréablement tacheté.
La couleur noire appartient aux din-
dons de la Normandie; ils sont au contraire
presque tous blancs en Hanovre.
. En Guinée, les chiens et les oiseaux ga-»
linacés z) surtout , sont noirs coyime -
rhomme de ces contrées. Comme lui le
chien (canissegyptius Lin. ) a la peau, gla*
!bre , et d'une mollesse àl-a-fois onctueuse
i
- _ ■ -L - . "* ■
j>')Cf. coHjanctissîmiVoigt Magasin T. VI, P.I,
pâg* 10.
z) Beeckmaa's voyage to «nd fram Bproe^ I^^b^
4»^ Ujf^. 8 , p. 14.
( ^09 )
^*t soyeuse. Elle îouit aussi d'une firaiu?
Diration particulière a) et plus abo^T
mm.
s ^8-:
Texture des poiU.
Combien n'observe-t-ou pas de variété
^e structure dans la laine des brebis des
âifférens climats, depuis la laine sùp€|ir«-
fine du Tibet jusqu'aux p^ils épais et groa-
«iers des brebis d'Ethiopie.
La soie des cocbons ne présente pu
noios de diflérence : ceux de Normandie
l'ont si molle qu'on ne peut en faire cïes
brosses. Sous ce rappoit il existe une dif-
férence extrême entre le sanglier et le
coclion,et surtout sous celui du duvet pla-
^é entre les soies. if';
11 est des climats qui influent prodigîeu*
.sèment sur les poils de plusieurs genres
de mammifères domestiques : c'est ainsi
o) Pechlin, de habita etcolore ^thippain Kilon^
C rfô ) ,
qne dans la Natolie les chèvrefs / les lapins
et leschats d^Angola ont le poil très-long .
fins comme de la soie et presque toujours
d'une blancheur de neige*
Stature.
Le Pata^on et le Lapon< dîflEerent moiiîs
éntr'eux » sous le rapport delà stature que
ne le font plusieurs animaux domestiques
de pays coiffer ens. Le cochon d'Europe
transporté i Cuba , est devenu du double
plus grand i(, et les boeufs ont éprouvé
le même changement dans le Paraguay c).
5 30.
. * Torme et proportion des parties.
m
Quant à la proportion des parties, quelle
grande dfffereuce entre les chevaux ara-
bes et syrîaqiies e^ fceux du Nord de la
Germanie ! entre lés boeufs haut montés
•-il
■il H ■ !■ ■■■ I
V) V. Voigtîî Magasin 1. c.
c) F. Saver Clavigero storia antica del Mestico
T. IV, pag. 14a.
a Cap 'le Bonne- Espérance et cens à cour*
'C.es jambes de rAngleterre.
Les cochons de Normandie ont les Janif ,
"bes de derrière beaucoup plus longues qu9
celles de devant.
Dans quelques provinces d'Angleterre
et d'Irlande les boeufs sont privés de cor-
nés^d). Ces animaux en ont d'énormes en
Sicile.
Je ne parlerai pasdes cornes monstrueuses
des boeufs d'Abyssinie, parceque, d'après
Je témoignage de Bruce , leur grandeur
dépend d'une cause morbifîque.
Il existe des brebis qui om des eornes
l-ombreuses. . r^- . i
Des races entières de cochons n'ont aux
X^ieds qu'un seul ongle^tandîs que d'autres
ont trois e).
Les brebis à large qt^ue, te sef in huppé»
d) Etiam Hippocrates de a0i:ilius> a%uît\9t locût
$.44.
c) Voigiiâ Magasin L g.
(,"0
et d'autres variétés offriraient de sembla*
blés différences dans toutes les parties du
corps*
Forme du crâne.
Les variétés de l'espèce humaine offrent .
de légères différences dajis la forme du
crâne, mais incomparablement plus fai*
blés que celles qu'on retrouve dans les di-
verses races d'animaux domestiques. Lo
crâne du nègre ne diffère pas autant de
celui de l'Européen que le crâne du san-
glier' de celui du cochon domestique , et
la tête moutonnée du cheval Napolitain est
bien plus éloignée c|^ecelledu cheval Hon-
grois, remarquable par son peudelongueur
et par l'étendue de la mâchoire inférieure*
« .Çampeu a Qb^rv4^ des fosses lacrymales
très-ptofondes sur l'Urus , >îge des boeufs
domestiques. La dégénératîon les^a entiè-
rement 'eâàc^ées chez ces derniers.
- <
Je ne parle pas de la prodigie use alté^
("3)
■
ration du crâne dans les poules Fa*
douannesy).
S 32.
Causes de dé génération.
La vie animale suppose Texistence do
deux facultés , dépendant des forces vita-
les , et comme les conditions primitives
et principales, indispensables àrexécn-
tîon des fonctions en général et en parti-
culier.
La première, est la faculté de recevoir
. Faction des stimulus , de manière que le
corps en soit* affecté.
J-a seconde, le mode de réaction qui en
résulte et détermine Tact ion du solide
vivant.
Aucun mouvement ne s'opéra dans la
machine animi^le sans ce stimulus et la
réaction qui en est la suite.
y) Pallas Spicileg. Zoologie, fasc, IV, pag aj.
SiinJiforl, Muséum analomie. Aiad-Iu^J. Baiiv
\£» I; p* 366*
1 •
( n4 )
Tels sont les principes sur lesquels re«
posent les fonderaens de la physiologie^
animale, ce sont les sources fécondes dTe la
génération et des causes de la dégradiition
des êtres : une courte explication suffira
pour le démontrer , même aux personnes
peu instruites eu physiologie.
■
S 3Î.
Impulsions génératrices.
y M déjà tenté dans un ouvrage ë»
profejiso, sur le sujet qui nous occupe , de
prouver que le système de Temboitement
ne répondait ni aux phénomènes de la
nature, ni aux raison uemens d^une saine
philosophie. On sait que d*après ce sys«
tème, aucun être vivant n^est engendré ,
mais qu^au moment de la création pre»
mière ^ La totalité des germes fnt enve-
loppée dans les individus , et qu^ils nVnt
fait deptiisque se dérouler successivement;
mais si , ayant égard aux phénomènes dé
la génération , on raisonne conséqueoi*
ment , je crois qu'on dira plutôt :
»
Le liquidé génital est la matière
t'M)
informe des corps organiques; maïs
«lie diffère de la matière inorgani-
que, par les phénomènes d'une force
xnaniieste, qui, sous un certain con-
cours de maturité, de mixtion, de
lieu, etc. . • . lui fait prendre dans
l'acte de la génération, la forme qui
lui est destinte. Cette forme se con*
serve ensuite par la nutrition ♦ et si
elle a souffert mutilation , se répare
' autant quelle le peut au moyeu de
la reproduction*
je nomme cette force, impulsion géné-
l^trice, pour la distinguer des autres actes
de la puissance vitale , des expressions in-
signifiantes de force plastique et autres*
semblables, dont les anciens se servaient
sars y attacher de sens précis. Je ne pré-
tends pas désigner par-là, une cause, mais
plutôt un effet abotrait, perpétuel, tou-
jours semblable à lui même, par la cons*
tance et runiversàlité de ses phénomènes.
C'est ainsi qu'on emploie les mots attraC'
tion et gravité y pour désigner certaines
forces (lopt les Causes rCvStent ensevelies
dans les ténèbres les plus profondes*
Dès que les autres forces vitales sont
excitées par Vapplication d'un stimulus
convenable , elles entrent en ainion et réa-
gissent promptement ; il en est de même
de l'impulsion génératrice, elle répond
aux agens appropriés ; telle est la chaleur
pour Tœuf pendant Tincubation.
La contractilité et l'irritabilité se ma-
nifestent par le mouvement, l'impulsion
génératrice éclate par l'accroissement de
la matière et en lui donnant une forme^dé-
terminée; c'est par elle que chaque plante ,
chaque animal propage son espèce, soit
que ce phénomènese fasse immédiatement^
ou s'opère graduellement , par métamor-
phose, au moyen de l'action successive de
différens stimulus.
L'impulsion génératrice peut dévier do
sa direction ordinaire de trois manières
principales; delà, les générations inons**
t ru eu ses , les générations métives, qui
viennent du mélange du liquide séminal
de deux espèces différentes, et en (in la dé-,
génération en variété proprement dite,
("7)
Les générations monstrueuses sont les
résultats du trouble, et pour ainsi dire
de Terreur de l'impulsion génératrice , ou
dépendent d'un accident étranger, comme
une chute , une précision ; dans tous les
cas , les corps organiques prennent alors
tine structure difforme, vicieuse, et
contre nature. Cet objet ne doit pas nous
occuper.
Ce n'est pas aussi l'instant de parlet
des générations métives. Elles provien-
nent du mélange d'espèces différentes,
et n'auraient probablement jamais lieô
chez les animaux , sans le^s efforts de
l'homme ; en effet , la sagesse de la na-
Ture s'y oppose pour prévenir la confusioi:^
des formes spécifiques. Cependant les
métis ne sont pas toujours stérilet, au
ipoint d'être in,capables de propager leurs
formes nouvelles ; leur histoire péjit
répandre beaucoup de clarté sur le sujet
qui nous occupe, à raison de l'analogie "f^e
ces métis avec les produits dessimplas varié-
tés. Ils fournissent enccJIre . un argument
lri<storieux contre le système de l'ejnibol*
femeTit^ et prouveîit évidemment Vexîs*
teiice et Tact ion de rimpuUiou généra*
trice; eflFeci i veinent , .si l'on unit pe/ulaiQt
une loii»5 je suite Hegénéraiions, des métis
prolifiques avec les mâles de l'espèce pri-
mitive , on altérera peu-à-peu dans les
produits les formes mat erneUe^, et ils fi-
xiironl par revenir entièrement à Tespèco
du mâle g).
Le mélange de deux espèces différentes
ne détruit pas , comme nous venons de Je
Voir, toute la puissance de Timpulsion
. génératrice, mais lui donneseulement und
directîonirrég ulière; Tactioii qu'exercent
sur le^ corps organiques certains stimulus,
pendant une longue suite de générations,
dérange également , mais d'une manière
insensible, la marche habituelle de Fim-
piilsion génératrice. Telle e.'ït la cause la
plus fréquente des dégenérations ou des
variétés proprement dites.
mmm
g) Kôlreuter Hritte Forlsetzun^ der Na hrirbC
von .'inig^n il^s Gt^cblei ht dcr Pilaniea beireifçji*
dea Vcirsuciiiia. p. Sji, parag. 24^
("9)
Passons aux principaux stimulas de co
S 34-
Te climat.
n parait évident que le climat doit exer-
cer une puissance presqu'infinie sur tous
les corps organiques et particulièrement
fur les animaux à sang chau4 ; liés intime»
ment à Tatmosphère ^ ils sont tant quHU
existent exposés à ^on action. On sait au-
jourd'hui queVair, qu'on regardait comme
simple , est composé d'une multitude d'é«
léftiens : les gas en sont les parties consti-
tutives , la lumière , la chaleur , la matière
électrique entrent comme accessoirs dans
sa composition. La proportion de ces di-
verses parties varie prodigieusement, et
chacun de ces chan^mens doit, modifier
l'action de l'atmosphère sur les animaux
qui y sont plongés .Mais il éprouve surtout
des variations importantes par ces causes
qui mettent tant de disparités entre les dif-
férens climats ; l'élévation du sol et des
montagnes; le voisinage des lacs ^ des
I
\
( Î2P)
fleuTes ^ des mers ; les vents enctétniqtte^
la situation respectivement aux zones d«
globe, etc.
Les animaux à sang cliaud respirent dè-
I«ur naissance cet air ainsi modifié : leurs
poumons, laboratoire vivant, le décom-
posent , une partie roule avec le sang ar-
tériel dans toute réconomîe, dont se déga-
• gent proport ion ellemént d^autresélémens;
une autre est déposée à la surface du corps j
et la dernière , ramenée par les veines i
' l'or^atie respiratoire,est rendue à Fatmos-
pbère.
Delà , diverses modifîcaiions du sang)
doo liquides qui en émanent et surtout âet
humeurs huileuses ^ telles que la graisse
la bile , etc.
De là enfin, leur action sur le 8olid(
vivant, fcomme autant de stimulus ^ sî
réaction , et ce qui appartient de plus prè^
au sujet qui nous pccupe, la détermi-
nation et la direction de Timpulsion gé-
nératrice. ^
Vimmense et perpétuelle iufluënce de
clima
( izrt) •
climat sur.rëconoraie animale , Thabîtoda
et la forme du corps n'avaient pas échappé
aux observateurs des siècles passés; mais
c'est particulièrement dans ce« derniers
teihps que les gTands progrès de la cliîmia '
et la précision des études physiologique^
Vont mise dans toute son évidence*
Cependant il est salivent très-difficile
de déterminer , dans une variété, ce qui
doit s'attribuer uniquement àTaction du
climat y aux autres sources de' dégénéra^
tion , et enfin ce qui appartient i la réu*
nion de ces^causesdiiPoTentes. Néanmoins!
je vais citer des exemples de dégénératiou
qui me semblent évidemment dûs h ^l'in«
fluence du climat»
, Plusieurs animaux blancs dans les. ré«
gîons septentrionales , prennent dans les
pays plus tempérés une couleur toute dif-r
férente : tels sont le renard , le lièvre |
le faucon , le corbeau , 1q. choucas , le
. merle, le pinçon , etc, . . . L'analogie ap-»
prendque leur blancheur dépend du froid,
ifiussi bien que celle des animî^ux de* ces
c^mats^ ^ui ^ cluing«9t ^ pendant Thiirer •
l
•
\
( '04 )
Les connaîssancès que fournît Tac^
couyjlement des animaux sont donc insuf-
fisantes pour distinguer les espèces des
. simples variétés. On tenterait également
envain d'arriver à cette connaissance au
moyen de quelques caractères qui parais-
sent constans. Les pupiles sont rouges
et les poils blancs dans la variété blanche,
du lapin; cependant cecaractèreinvariablp
ne saurait devenir spécifique.
L'analogie et la vraisemblance paraissent
pour aiiisî-dîre les seuls moyens de parve-
nir dans Tétudede la zoologie à la connais-
sance des espèces.
Les dents molaires de?? éléplians d'A-
frique ne ressen)hleni point à celles des
élépbans d'Asie , j'ignore si dans ces ré-
gions éloignées, ces animaux ont produit
ensemble, et si leurs dents sont constam-
ment différentes; mais cotte variété de
caractère «'étant constamment offerte dans
celles que fai observées, et ne connaissant
pas d'exemple d'un changement analogue
"provenu de la dégénératiou^ j'en conclus ^
pair
(125)
ont passé quelques années dans les pâtura^
ces d'Angleterre z).
Les animaux domestiques sont des
. preuves évidentes de l'influence delanour*
riture sur la grandeur et les proportions
des parties. Les chevaux qui paissent dç
gras pâturages, comme ceux de la Frise,
acquièrent une haute stature; ceux qui
vivent au contraire dans les terreins pîcr- .
reuxd'Œland, ou dans des bruyères arides,
restent toujours de petite taille. Les bœufs
nourris sur un sol fertile , deviennent gras
et ventrus, leurs jambes sont proportionnel- .
lement plus courtes. Ceux du Oip, qui
paissent des gramens moins nourrissans ne
ce chargent pas d'autant de graisse, mais
leurs jambes sont plus fortes et plaschar-
nues; je ne parle pas des variétés infinies
de poiils, de saveur , etc. . , qui dépendent
toutes de la différence de la nourriturô.
Jam Bâtes, on tbe litéral doctrine of original
Sin. London 1766, 8, p. zi^
( "'î )
§ 16.
Le genre de vie*
le rapporterai au genre de YÎe, consi*
déré comme cause de dégénération, tout
ce qui peut à la longue , indépendamment
du climat et de la nourriture , apporter des
chan^emens dans l'habitude du corps, en
agiswsani de la même manière et sans-inf er-
ïuption. Uédiicat on et Thabitudeprodui-
sent surtout cet effet; les animaux domes-
tiques nous fournissent particulièrement
des exemples du pouvoir qu'elles exercent
8ur les êtres.
Voyez le chetal des forêts et le coursier
généreux que T homme a au dompter ; ils
sont aussi différens dans leurs formes que
dans leurs manières : Tun attaque avec les
dents, et .ses pieds sont pour lui près-
qu'une arme inutile; au contraire, l'autre
accoutumé au rein, a perdu l'habitude de
xnordre ; ses pieds sont armés de fer, et
c'est avec eux qu'il combat son ennemi.
Des oreilles et une queue pendante sont
les signes de servitude et de dégradation
("7) :
que portent pre^îque tous les mamtnîfereft
que riioiiime s*esi assn jetis. Les fonction»
même ont éprouvé dans re&clavage des
changemens considérables. Le sanglier
n'a point le panicule graisseux qui sur-
charge le cochon domestîq'ie ; le duvet
lanugineux qui garnit ses soies, diminua
et finit par dibjjttraître dans les variétés
domestiques.
Des portées monstrueuses plus fréquen-
tes, des maladies inconnues aux habitans
des forêts , et de nouvelles espèces de
vers, dont on ne retrouve pas même de
trace dans, les râôes sauVageà* et dans la
variété primitive , viennent affliger les
animaux <|ue Thomme a domptés. Qu'il me
suffise, pour prouver, ce que j'avance, de
citer riiidatide de la peau, (fti (Ail. sin-
nen. itaL Lazarpli ) Ces infiniment petites
statures , fruits d'une union prématurée
que- la nature désavoue , sont également
dues à la domesticité.
Je) Malpigbii opéra posthatfia, p. 84, éd. Lundi»
1697.
J. A. E. Goe» Ei^tdeckiuig. H aL ^73^^ ^^
i t28 )
s 37.
Générations métwês.
Les trois causes de dégénération que
nous venons d^examiner , changent pea«
à-pen la manière d'êtres et le caraclèra
primitifs des animaux , et ne peuvent pro-
duire de variétés q^'en se perpétuant
pendant une longud suite . de généra*
tiens.
Mais si deux variétés ^ résultats de l'ac-
tion lente de Tune de ces causes î viennent
à>è mêler ensemble y alors il se forme de
suite un produit nouveau^ qui, sans res-
semble!* exactement à Vune-^ou à Vautre ^
participe à leurs différons caractères et
y-Va constituer une espèce mitoyenne.
On entend ordinairement par mulet ,
le produit de deu!E espèces entièrement
distinctes , comme celui du cheval et do
Tâne, du serin et de la linotte: je ne par-
lerai point de ceux-ci, puisqu'on ne peut
gr rapporter aucune des variétésde l'espèce
liumaine. En effet, quoiqu'il y ait dans
les deux sexes plusieurs exemples d'accou-
plemeûs avec les brutes 1 jamais cependant
( »4p )
il n'est résulté ancan fruit de ces nniotii
Griminelles l), m),n)jO),p), q).
l) Th. Warton ad Theocriti Ayll. I. B8, p. 19;
t Audivi exdocto quondam ainico, qui ptr Siri^
» liam ihsulam iter faciens, ibLidem cùm vetrra
» monumenta^tumpopull morts ^cruratiiis 'nvirs*^
» tigaverat» înter confessionis aitiiulosà Siculit
* caprariis apud montes vitam solitariain (ieg<:*i\}w
» bus , ttiamnum per sacerdotes proprios rite 80r
i 1ère ezigi , an rem cum hircis suis habuerint ? »
m) Mart. à Baumgarten Equ. 6erm«Perrgrina<«
tio in Aegyptum, Arabiam, etc* pag. 73. « tx
» Alcbanica A^gypti egrtssi ^ venimLs ad casala
»> quoddam Belbes dictum , ubi carabenae eunti
» Damascum sumus conjuncti. Ibi viJimus sanor
s» tum unum Saracenicum , inter arenarum curnu* ,
i> los, itk ut ex utero matris prodiit, nudum se-*
* dentem. — Audivimus sanclum illum, qu^meo *
» loco vidimus , publicitùs apprimè coinmendari:
^ eum esse bominem sanctum, diviniioi ac inte«>
» gritate praecipuuuiy eo quod nec foeminarum
>> unquam essetnec puerorum, sed tantummodo
» asellarum concubitoratque mularum. »
n) Pallas neuen nordischen B< jtr^gen. V. II»
pag. 38.
0) Th. FhîttipSi Yoy. en Guinée dans Lhurchiirs»
(i3o)
: Je m'occuperaî uniquement des mulets
que donnent deux variétés d'une mémo
espèce; Tunion dii serin vert et du serin
blanc, par exemple, produit une race nou-
Telle pour la couleur ou pour les formes.
On a très-utilement employé ce moyen pour
perfectionner les (espèces domestiques^
'surtout les chevaux et4es moutons.
• ^^^^^^^^^^^^^^
collection of voy. T. VI, p 211. « Il y a Aauscù
»*pajô un grand nombre d'é très-gramls Baboins ;
n quelques-uns ont la taille d'un fori mâtin. Ils
» vont par troupes de 5o à 100, et il est très-dan-
» gereux d'en être rencontré « surtout pour les
> femmes -D^sptTSonues dignes de contiance m'ont
♦ assuré qu'il arrive souvent quUls les violent l'un
» après l'autre, jusqu'au point de les faire mourir»
•
p) Steller Beschreibung Kamtschtaka, p. ^89.
ç) Les femmes de Mandes avec le bouc sacré.
Hancarville, Recherches sur l'origine des arts
de la Grèce. T. I..pag. 3ao.
Les Crentins , malgré la stupeur qui les accable ,
sont cependant transportés de désirs si effrénés qu'il
n'est pas rare de les voir s'accoupler avec les trou-
peaux dans les Alpes Sàltzbourgeoises. Michaelis
med cast.Hanov. MedicinischeBibliothek.T.III»
■
jpag. 649.
(no
Qualités héréditaires provenant (Tune
constitution maladive.
Le sujet de ce paragraphe semble aa
premier roup-d'œîl, se rapporter plutôt
à la pathologie qu'à l'histoire naturelle;
cependant , avec un peu d'attention,
on voit clairement qu'il appartient, k
plusieurs titres, aux causes de dégéné-
ration.
Il existe chez les animaux plusieurs
qualités extérieures qui , aux yeux du
Vulgaire, ne paraissent nullement dépen-
dre d'une affection maladive, elles y tien-
nent néanmoins de très-près et se trouvent
le plus souvent unies à une constitution
valétudinaire. Telle est la blancheur de
quelques animaux , que Bacon a nommée
couleur de la faiblesse r); l'exemple des
bœufs de Hongrie, qui deviennent blancs
après la castration, démontre assez que
mmtm
f) The colour of defect.
la (îébîlîlé fie la constitution, est, cla?ns
bien des cas, la cause de ce défaut de jco-
loration : d'ailleurs on observe qu'il s'y
joint presque toujours quelques maladies ;
les chiens et les chats d'Angora, ont géné-
ralement l'ouie dure. .
La nature, au bout d'une longue suite
de générations, s'accoutume insensible-
ment à l'action de quelques-unes des ma-
ladies héréditaires; elles deviennent avec
le tempâ, moins incommodes, moins fà^
cheuses , et finissent par mériter à peine le
nom de maladie. Celte blancheur contre
nature qui, jointe à l'absence de la muco-
sité noirâtre qui vernit l'intérieur de l'œil
des animaux à sang chaud , constitue cette
xnaladie connue sous le nomdeleucœthio-
pie , nous en offre un exemple.
On aperçoit facilement dans un fœtus
attaqué accidentellement de cétteaftection,
car elle est toujours congéniale, un genre
de cachexie lépreuse; mais dans la variété
du lapin blanc, oii une longue hérédité a
presque naturalisé la leucœthiopie, on ne
('33)
retrouve plaft de traces de la maladie
primitive,- qu'indiqae cependant Tanalo-
gieavec les animaux, dont la blancheur et
les pupilles rouges sont une anomalie.
La zoologie assigne au furet , comme espèce
particulière , une place dans le genre des
martes; néanmoins^ si toutes les probabi-
lités ne me trompent pas , ce n'est qu'une
«impie variété du putois, produite par la
leucœthiopie, comme je Tai dit au para*
graphe 23. ^
§ 35.
Question problématique : les mutilations ou
d^ autres altérations des formes peuvent^
elles produire des variétés ?
L'altération des fprmes ou des mutilation^
répétées , à dessein ou par l'effet du ha<*
sard , pendant une longue suite de géné«
rations , peuvent-elles enfin changer I21
nature au point de devenir counée? •Si des
auteurs ont adopté cette opinion j) elle
a aussi trouvé des contradicteurs t)*
mimmi^ii^'^^^^^mnm^^tmmmi^^^m^mmmÊ^^mÊa^m^m^am^mmmm^mm
9) Hipp. Arist. et dernièrement BLlagel, Ency«
clopédie. T. I, page 541. 2. éd.
1) Kaut BerUaer Monatsschrift 1785. T, Vif fi.
( »Î4 )
Les premiers citent à leur avantage des
chiens et des chats , à qui Ton avait coupé
la queue et les oreilles , et dont les pHits
sont nés, privés de ces parties. Il est éga-
lement certain que les enfans viennent
quelquefois au monde avec les marques des
cicatrices de leurs pareus , et qu'il naît
chez les nations, soumises à la circonci-
sion, des garçons sans prépuce u). Buffon
rapportait à la même cause, des carac^tèreg
dediffèrens animaux, comme les callosités
de la poitrine et des genoux du chameau,
la dénnclation su rfu racée de la base (hi bec
• ■ ^ •
du fren. Ceux qui ne partagent pas ce sen-
ti ment,rejettent ropinioii de BufFon comme
um pétition de principe , et attribuent
au hasard les exemple^ que j'q,i cités,
•
Je ne prononce pas maintenant sur cette
question; m:iis je suis prêt à me ranger avec
les derniers, s'ils m'expliquent pourquoi
des conformations particulières, obtenues
u) Voi|ztu Magazin , T. VI , P. I , page aa.'P,
IV , piige 40,
•
\
Sabord de l'art , ou TefFet d'accident , ne
pourraient pas se transmettre^ tandis qu'on
ne saarait assigner d'autres causes à des
caractères communs à toute une race, qu'on
observe particulièrement au visage » dans
la forme du nez , des lèvres , des sourcils ,
et qui se propage dans les familles pendant
une suite plus ou moins nombreuse de gé«
nérations , avec plus ou moins de constance
et de régularité. Les maladies organi-
ques 44;) , le bégaiement et les autres vices
de prononciation sont aussi héréditaires.
Voudrait-on attribuer tous ces faits aa
' basard ?
Précautions qu^exige la recherche des
causes de dégénération.
#
L'évidence de la plupart des causes de
dégénération que nous avons indiquées ^
est si manifeste , qu'il est facile de leur
rapporter le plus grand nombre des pbé-
' w) Voigta T- YlfV.VTf page 84 et fulr.
(no
mènes de dé^éneration que nous avoils
deià examinés; mais plusieurs d'entreelles
,. peuvent agir simultanément, ou en sen«
contraire. Les corps organiques varient à
rinfini dans leur disposition et leur résis..
tance à la dé^énération ; les eiFets de ces
causes sont eux-mêmes sinigfulièrementmo-»
difiés , selon queîteur action est médiate
ou immédiate. Enfin il est possible qu^ilsse
conservent pendant une longue suite do
^ générations, comme ils peuvent flisparaître
dans un cotirt espace de temps. Cette
multit ude de rapports difFérens exige la
plus grande circonspection dans.larecher-»
s
che des causes des variétés.
Je vais établir, comme corollaire, les
règles les plus importantes qui doivent di«»
yiger dan^ ce travail :
I. Plus le, concours de^ causes de dégé*
nération est nombreux , plus leur action
8e prolonge sur une même espèce , plus
elles en altèrent ses formes primitives»
Sous eerapport aucun animal n'entre en
oomparaison
1 \
\
C«37)
<;oxDparaisoTi avec riu>mine. Il est omni vor«^
cosmopolite, et soumis à^ la vie domestique^
presque dès son origine , long-temps avant
jps autres animaux. Les effets du climat,
de la nourriture et du genre de viesa troui*
veut donc réunis chez lui cj^puis un tempt
considérable.
2. Une cause de dégénération , assez
puissante d'ailleurs , peut être modifiée
et même annullée par des circonstances
particulières , surtout , si leurs effets lui
$ont absolument opposés»
C'est ainsi que sous des latitudes pa-
reilles , des températures très- différent es
selon la nature du sol , une situation plus
basse ou plus élevée , un ciel pur ou né-«
buleux, le voisinage des montagnes , deçi
forêts , des marais ou des mers , etc. . •
produisent , dans la manière d'être des
animaux, des effets dissemblables et même
opposés.
3. Souvent un phénomène remarquabîf
de dégénération est moins un produit im«
K
*•
médiat , qu'un produit éloigné d'une caus
43^ui échappe aux preimiers regards.
/ .
La couleur foncée de plusieurs nationt
ne dépend pas uniquement de l'action di"
irecte du soleil%ur la peau , mais tient en-
core à l'influence qu'il exerce sur les fonc-
tions du foie.
• ■ f
4. Les cliangemens dus à des causes
éloignées sont les plus intimes, les plus
fortement empreints , ceux qui se propa-
gent avec le plus d'opiniâtreté dans les
générations suivantes.
Voilà je pense pourquoi la couleur noire
des habitans delà Zonetorride (§ Î4.)p®t^-
fiiste beaucoup plus sous un ciel étranger
que la couleur blanche des peuples da
;Nord.
y
i
$. Les influences médiates de sembla-
bles causes peuvent être si éloignées
qu'elles aient même échappé à nos con-
jectures. On doit y rapporter tous les phé«
Xn9)
nomèines de dégénération encore éni£»
matiques.
Sans doute il faut aussi attribuer à ce$
causes médiates , en grande partie in«
connues , les formes nationales du crâne^
la couleur qu*ont les yeux chez dçs raceg
entières^ etc....
1^4
( ^,40 )
SECTJON IIL
Causes et modes de la dégénération dû
Vespèce humaine en uariétés.
S • 41.
Plan de cette Section.
Après avoir considéré chez les animamc^
les causes et les modes de dégénération
en général , je vais en faire Papplication
aux variétés de l'espèce humaine. Je trai-
terai de chacun d-eux en particulier, etfy
joindrai tout ce qu'on sait des causes aux*
quelles ils peuvent se rapporter. La couleur
de la peau m*oocupera d'abord : ce carac-^
tère trompe quelquefois à la vérité , mais
il est cependant plus constant et se tjrans-
inet^plus^ sûrement qu'aucun autre a;) ; il *
X) Kant Berliner Monatsschrift 1785. T. VI ;
p. 391 ; «t Dettt9Qh(^r |Kercur 1788. P. L p* 4^^^
( r4i )
{iiaratt bien manifestement cliez las me*
lis y nés de variétés diversement coloréCii
(S 37. ) } pAt les mélanges des teintes paM-
ternelles et maternelles, et Ton connaît
€on accord avec la couleur de l'iris et des
cheveux, sa relation avec les tempéra*
mens. C'est aussi le caractère qui frappe
le plus les yeux , même des personnes let
moins instruites*
S 4*-
Siège de la couleur de la peau.
Je me suis déjà occupé du tissu muqueux
ou cellulaire , et de son importance dans
la machine animale ( S f 7. ) ; il en form^
pour ainsi dire , la base et le soutien ; il
«Hnsinue entre toutes nos parties et par*
vient jusqu'à la moelle des os. On lo
trouve encore • à l'extérieur ,. ou rap-
proclié dans tin tissu blanc et solide , il
revêt entièrement la périphérie du corps et
prend le nom de derme. Il devient alors lo
rendes^ voua d'un«
V.
( ^4* )
3e netîi Ôe veines tympliatîqaés et dé .
▼aisseaux sanguins ^ qui s'j terminent eit*
formant les réseaux les plus déliés etle#
plus délicats,
i
. Les nerfs apportent le sentiment ait
derme , le constituent Torgane du tact et
pour ainsi dire la sentinelle dû corps.
• ■
Les vaisseaux lymphatiques en font un •
instrument de résorbtion et d'inhalatipm
Les vaisseaux sanguins donnent aux té«
gumens communs des fonctions analogues
à celles du poumon et du tube intestinal ;
ilsdeviennent aussi un laboratoire chimique
et le grand dépurateur de la machine hu.
maine. Je ferai bientôt voir leur prodigieuse
influènoe sur la coloration de la peau.
Le derme est recotivert d'un léger mn-
eilage , nommé réseau de Malpighi ^ du
nom de celui qui Ta décrit le premier. Il
forme lé moyen d'union entre le cuir et
TépidÉrmé. Ce dernier est deini-transpa-
tent, s'étend sur toute ]^ superficie da
)rps, et se trouve à la naissance exposé
X^ premier au contact ,de Tait atmôS<«
J^hérique«
Loin d'avoir comme le cuir des nerfs et
des vaisseaux, ce mucilage,' ainsi que
Vépiderme en est entièrement privé. Une
structure infiniment simple n'est pas lelur
seul rapport; leurs parties intégrantes pa«'
raissent les mêmes , et il est très-vraisem-'
blable que le réseau de Malpighi produit
la cuticule qui le recouvre *).
*) Un épipastique appliqué sur Pépidermc des
nègres, le sépare souvent en deux feuillets, dont
le plus superficiel est noir comme Test chez eux
le corps réticulaire , et le plus profond incolore;
Cette disposition rend probable que le feuillet
extérieur vient seul du corps réticulaire? peut<«
itreque l'autre est du à chaque série de vaisseaiuD
qui, partant du derme, soulèvent le corps xéti*
«culkire et finissent par une expansion membraneuse
mince , formée de différentes lames ou. petites
membranes écailleuses ,* dont deux anatomi&tea
célèbres, Cowper et Ruysch^ ont observé que l?é-
piderme était cojinpoeé.Cette membrane qu'on adit
n'être quç la. matière inorgaqiga^. dç h:^^
t '44 )
■ I0 siège de la couleur se trouve dansées
46ux4er nieras couches des tëgumeas com-»'
muns ; chez les blancs elles sont incolores^
et laissent aperc -voir la blancheur rosée^
partioulière au derme ; dans les autres in«->
44Yidi4Sj la couleur de la peau est fixée dan^^r
le réseau de Malpighi, et répidermé pair^
tfqipe mauifostement à cette teinte , inaM
illle y est moins .ensible. Plus la couleur
Qst foncée, plua le réseau prend de consis^
tance et se rapproche de la nature de Tépi'"'
derme. Il devient au contraire plus mu*
cilagineux à mesure que la teinte 8*é-
cUircit.
S 43.
Variétés nationales de la couleur.
La couleur de la peau semble chex
do derme semble cependaat susceptible d'acquérir
àb la sensibilité : il se détache à Torigine des on-
gles» des portions d'épiderme qui s'enflaininent
quelquefois et deyiefinet\t fort douloureuses. A
moïkis de supposer qu'elles soieirC doublées par
une lame du derme en se peut refuser une orgt'-?
«isation Ji la cUiictUe; . ( Noi. dm Ttad. >
( '45 )
^^'hoinme passer par toutes les nnances, de^
puis les lis de la îeune Européenne ju8«
qu*au noir foncé des habit an s des rives da
Sénégal et delà Gambie y;. Aucun de ces
modes de coloration n'est cependant teU
lement propre aux indigènes d'un même
pays ) aucun n'appartient si exclusivement
è liji peuple^ qu'on ne puisse le retrouver
chez des individus d'une nation différente;
Néanmoins on peut en général réduire à
cinq classes principales toutes les variétés
héréditaires de la couleur.
1^, La blancheur, qui appartient à la
plupart des Européens , doit tenir le pre-
mier rang. Des joues vermeilles-distinguent
presqu'exclusivement cette variété. On ne
-
J<) La signification arbitraire que les auteurs
donnent au nom des couleurs fait une des grandes
difficultés de Pétude de Thistoire naturelle. Ce dé-
faut rn^a beaucoup gêné , et pour éviter le repro-
che qu'ils ontmèrilé , j'avertis que les noms an-«
glais, joints à ceux des cinq couleurs principales^
ne sont pas des synonjfmes. Je veux seulement dire
que divers auteurs s'en son( servi pour classer les.
inêmes couleurs nationales.
les retrouve que très-rarement cliéz à*avlr
très peuples.
.. ■ • . , »
2^. Lejaaseou couleur de buis (angi^
ycllow-olive linge ) : il fait la nuance entra
la teinte du froment et celle des coins cuits
Ou derécorce dé citron desséchée. C'est la
couleur des nations Mongoles,
} • . Le b ron t é ( ang. copper-cplou r ) : c'est
un orange foncé, comme ferrugineux,
et très-semblable à la canelle ou* au tan*
nin. Ce mode de coloration est propre aux
peuples de TAmérique.
4^. Le basané (ang. tawny ) f il tient
le milieu entre la couleur de la châtaigne
et celle du girofle ou du bois ^de Mahalebe.
n appartient au Malais et aux habit ans de
l'Archipel austral.
5 ^ . Le noir ( ang. tawny black ) : îl ap-
proche de celui de la poix chez quelques
nations nègres , mais il n'est pas exclusif
à ees peuples ; on le trouve mélangé à la
couleur principale dans les variétés du
^* #
^enre humain les plus difFérçntes. Les iti^
digènes du Brésil , de la Californie z) , des
3Bdçs, et des îles de la Mer du Sud, en sont
^es exemples. Sous le rapport de la cola-
tation,les insulaires de Tongatabu et de la
nouvelle Calidonie forment une nuance
insensible entre le basané des 0*Taïtienf
€t le noir des habitans de la nouvelle Hol«r
lande.
§ 44-
Causes de la variété des couleurs*
Où connaît parfaitement aujourd'hui
le siège de la couleur de la peau. La distii-
bution de ses variétés en classes, quoiqu'ar-
bitraire, semble claire et satisfaisante;
mais la difficulté consiste à découvrir les
•Causes qui les produisent : on s'est sur*
tout efforcé de donner Texplication de la
noirceur des nègres a) ; cette couleur dès
x) G. Forster ad Wikon's STacbrichUn von
deii !Pelew-Inscln,page 36.
Bergert, Nachricbteivyon Galifornien) page 89»
a) BuRbni Hist. Nat« T. IIL Zimmerman»
0epf raphia des Msaschea f T« !• TAbb. Nauton
t'40
les premiers temps , a dû fixer, plus qne
tout antre, les regards des Européens , et
appeler leurs recherches. Je ne rapporterai
pas la multitude d'hypothèses imaginées
à ce sujet ; elles sont assez connues et d'ail-
leurs on a pris soin de le^ réunir b\ L'opi«
( Joura. de Phi. T. XVIII. ) accorJenl beautouj^
iTiniluencedu climat. Barrère( Diss* sur la caust
phi. de la couleur des nègres) à celle de la bile; et
Th. Tovns( Philos. Trans. T.X.) à celle du sang.
Kant( Philosoph. fur die Weit, P. II.) pense que
la couleur des nègres dépend d'une 8urabon<^
dance de fer dans leur sang , et qu^une trans-
piration d*acide phosphorique le^précipite dans
le réseau de Malpighi.Le Cat (Traité de la couleur
humaine) attribue la couleur noire à )e ne sais
qu«l mélange de suc nerveux et d'un liquide sécréto
par les papilles nerveuses et artérielles des tégu-*
mens 'comuAins. Attumonelli ( Elément! di Pbj-
siologia Med*. T. I. ) explique la couleur des nègres
par l'alongement des fibres, la dissolution de la
partie rouge du sang, Pévaporation du sérum et
la fixation dans la peau des particules huileuses ^
salines et graisseuses»
h ) Albînus f de sede et causa coloris fthiopum;
Halle y Elément. Physiolog.
Krunits , Hamburgisches Magasin T. XIX;
( H9 )
nion que je vais exposer me parait là plus,
conforme à la vérité :
• ' La cause prochaine de la teinte noire
et brûlée des dernières couches des tégu«
nens communs doit s'attribuer à une sur-
abondance de carbone dans Féconomio
ammale » rejeté au-debors avec Phydro**
gène par Faction du derme ; l'oxigène de
Vatmospbère le précipite et il vient se
fixer dans le réseau muqueux de Malpigbi^
On sait qu'au «aoment de la naissance
les nègres ne sont pas noirs ; ils ne le de-
viennent que par le contact de Tair at-
mosphérique.
Cette couleur - semble tenir aussi à
Faction des vaisseaux sanguins du derme ,
qui séparent et fixent le carbone (g. 42.)
Ce travail f;st-il troublé ou interrompu,
la peau présente çâ. et là des taches d'une
Uancheur de neige chez le i^ègre et
l'homme basané.
Une cause quelconque vient-elle exciter
çliez les blancs l'action dm vaisseaux d^
( ir.o )
derme , il parait sur la peau des taclie^
rousses ou basanées, d'une couleur ana-*^
logue à celle des nègres.
£n général le carbone paraît prédomi*
ner dans les tempéramens mélancoliques ,
et Von remarque un accord manifeste entre
le foie, les tégumens communs j et leur»
dépendances. C^est au concours mutuel da
ces deux organes qu'on doit principale-
ment la dépuration de la masse du sang;
Uardeur d'un soleil brôlarit provoqua
et augmente étonnamment, entre les tiro*
piques. Tact ion du climai sur les fonctions
du foie. Les maladies bilieuses sont par
cette raison endémiques et nombreuses
dans cette partie delà terre et le tempé^
rament des indigènes est en général bis-
lieux et irascible. On a également obser^
véc) depuis long-temps queles Européens^
fixés aux Indes , et surtout leurs enfans
participaient de cette constitution.
e) De HaëD, Frnplectiones in Boerhaaril institut*'
pathologicas 9 T. II. page 16 5.
(MO .
les chaleurs les pins loitgues et les plui
'ifbrtes , des qualités chimiques , partica-;
3ières à Tatmosphère , dues à des vents spé^
^ifiques^ à des pluies ^ ^tc. mettent aa«
dessus de toute comparaison le ciel brû«
lant des régions humides et marécageuses
^e l'Afrique orientale et occidentale , situé
^ous la Zone torride*
Les nègres indigènes ; Tun des plus an-
"«iens peuples du monde ci) » sont exposés
^ l'influence du climat depuis un nombre
^fini de générations: il n'est pas étonnant
<qu'une disposition qui a jeté des racines
« profondes , se conserve la même sous un.
<ûel étranger , pendant les premières gé-
nérations. La constance de la couleur des
xiègres semble démontrer qu'elle est le
produit d'un laps de temps considérable.
D'après cela on doit regarder comme un
miracle de la nature l'histoire, si elle est
<}) Jacq. Bryant, new System of ancientmytho*
log. T. I.
Sruci Voyage aux sources du TSfih
Quû. Jhoa. Asiatisk Hesç^rcbes } T. Il* et UI^
/
( '^^ )
véritable , de ces Portugais qui , en x^oQ ,
émigrèrent en Guinée , et dont les des-
cendans sont devenus, dans Tespace de»
quelques siècles , parfaitement semblable»
aux indigènes e) « seulement par Teffeir
de la puissance du climat !
§ 45-
dernier éclaircissement sur les causes da
la couleur de la peau*
L'exposé sommaire qhe 3e viens de faira
des causes de la couleur de la peau est
pleinement confirmé par des recherches
plus exactes , et par un grand nombre d'ob-
servations liées et puisées dans Thistoiro
naturelle de Thomme.
La chimie antîphlogisiique a prouvé quo
€ ) Il existe réelleineiit sur les bonis dt laGain^
Lie (les nègres issu de Portugais* mais leur couleur
me semble dépendre d'alliances avec les indigènes*
En eiVet , les Européennes tr^ns' ortées immédia-
tement* n Guinée y périssenlbientôl; h' climat read
leurs évacuations sexuelles si abondantes qu'elles
dégénèrent irir ^eu de temps bn menorragie mor<-
tella.
l9
^carbone et un des élémens du corps hu-
caain , et le principe de toute coloratioa
^})scure depuis le jaun^ jusqu'au noir f)i
xiais comme la surabondance de ce prin-
cipe pourrait devenir dangereuse , Péco-
:^omie animale s*en délivre par plusieurs
Sni>nctoirs , dont la peau et le foie sont
les principaux.
■
La pathologie vient ici, coinme en beau*
coup de circonstances, éclairer la pliysiolo-
gieet démontre les rapports mutuels du foie
eides tégumens communs Quand je n'în- '
sisterai pas sur Tanalogie de la couleur
dans Tict ère avec les teintes nationales de
la peau, il y aurait encore des phénomè-
nes dignes de toute notre attention , com-
muns aux istériques et aux nations co-
lorées. La cornée opacte est , en effet , éga-
lement jatinâtre chez les uns et chez les
autres, nominativement chez les In-
diens g), les Américains h) et les nè-
gres i y
f) Cîirtanner, AnPangsgrùndederantiphlogistiS^
chen Cbeuiie, page 262.
g) J'ai plusieurs lois observé ce phénomène eut
L
La peau prend, dans la jaunisse, seloil
le degré rie la maladie, les diverses leinte».
des nations colorées, et il n'est pas rar«
qu'elle les conserve après la guérison fe).
Une métastase critique a quelquefois,
dans la mélancolie, occasionné à la peaa
les individus en-deçà du Gange et de la Loubere^
chez ceux d'au-delà du Gitnge. Descrip* du roy, de
Siam^ T. I, p. 18.
INicolasFontana avait Fait la même remarquesur
les liâbitans de Nicobar. ( Asiatick Researches 9
T. 111, p. i5i.)
h ) Rochefôrt (Histoire Naturelle des Antilles^'
p. 383, )
r. Xav. Veigl , dans de Murr joural zur
Kunstgf schiste, T XVl, p. Ii5 , dit en parlant des
IVJaynaïs , peuple de l'Amérique australe, près le
^laragnan supérieur, » Leblanc de Pœil a chez
• eux une légère teinte de noir. »
i ) Soëmmerîng iiber die Kôrperlicbe Verschîe-
dencheit desnegers vom Europaër, page ii,
fc) Strack, Observa, defeb. intermit. L. TXii
m
Çap. II9 de ictero ex feb. iaterm* page i^^*.
( M^ )
Jes tantes d'une couleur analogue à la
teinte des nègres /).
La couleur de cire qu'a* la graisse m)
chez les peuples basanés, provient de
«on afiinité nj avec la bile.
■ • »
Iffaut rapporter à cette cause 'a couleur
[•foncée, et To- leur d'huile auî<nal' que con-
tractent les nations qui con>omment une
grande quantité de cette substance o).
les 0-taîtiens recherchés, qui vecileut
[ blanchie. , vivent , chaque aiinée pendant
plusieurs mois , uniquement des fruits de
Lorry, deMclancholiâ ,T. I, p. 278.
[ »i)Fourcro3' , Philosop, Chim. p. m.
»)iVleckf^l, Hist. «le I Aca'J. des Scien. de Berlin,
^•1753, p. 62, et Soëmmering, p. 4J.
0) Granit Historié von Groenland, T. I.) attrî-
buela couleur foncée des Gruëniandaie à leur nour-
riture huileuse.
Sloane C Voyage to Jamaïca', T. L Intro 1- page
182$ T. II, page 3j: .*) prétend que la peau des tu-
ropéens jaii^it quand ils mangent en grande quun*
Ixte delà tortue iraaob^.'-**
L 2
Tarbre à pain. Ils attribuent à cette nonr
ture d« grandes vertus pour blanchif
peaup). Effectivement elle devient moi
foncée, pendant qu'ils en usent , mais
faut compter pour quelque chose le s
jour qu'ils font dans leurs maisons» t
ils sont couverts de vêtemens.
Nous voyons tous les jours combien
privation du contact de Vaîr libre* pe
donner d^éclat à la blancheur de la peai
jios élégantes, qui sortent peu Vhvr%
ont la peau d^une blancheur éblouissan
au retour d,e la belle saison ; mais si ell
s'exposent ensuite, sans précaution,
Tardeur du soleil , elles brunissent sens
blement q ).
p) Rapport du Chirurgien Andersen^ Voyaj
de t.;ooLk,T U.
ç*) Parmi la multitude d'observateurs qui i
remarqué dans Jes ])ajs étrangers, cet effet tri
connu , dépendant du genre de vie, « je ne dit
9 que.Poirel (Voy. en Barbarie, ï. î* p* 3\*)1
» M&ures" nc^ sont pas naturellement noirs , mal)
i^ le pro verbe > et çoauae Ir pensent piusieun é^
Si le cTiangement de saison agit d:*ané
manière aussi marq^uée sur la teinte de^
4a peau , on ne doit pas s'étonner que 'des
climats si différent les uns des autres,
idans le sens indiqué ( §34. )» exerce une
{missance si grande et si durable sur la
icoulear nationale. Il suffit pour mettre ce
pouvoir en évidenc*, et faire varier la
'CQuleur des peuples, de quelques degrés de
latitude r) , ou- même sous des latitudes
K
— — - - - _ - - -^ — ■" i^^^^
t i Tains f mais ils naisseut blancs et restent blancs
[ • toute leur vie, quand leurs travaux ne les expo-
^ «sent pas à 1 ardeur du soleil. Pans les rilles, les
.i femmes ont une blancheur si éclatante, qu'elles
• éclipseraient la plupart de nos Européennes.'
. t Mais les Mauresques montagnardes , sans cessa
' • brûlées du soleil, et presques toujours à moitia
• nues, deviennent, même dès l'enfance, d'une
i couleur brune qui approche beaucoup de celb
f de la suie. »
r ) L€S BiscaïArnes sont blanchies , et les Grc*
r|uulines très-brunes. A mesure qu'on avance dans
Jet provinces méridionales 9 les images de la Vierge
ifeviennent auÊsid^uue couleur ptus foncée. Torea
Jleîse nach Surate, page 9. .
Idsa MfiUibars sont moîas. aoiré i mesura qu^ilsn
«limbîablés s) au concours des causes c
j*ai parlé ci-dessus t )•
S 4^.
Les Créoles.
Les Créoles sont des exemples frap
de Faction du climat sur la couleur (
t'approchent îuNorJ. Tranquebariscben Misî
JBÊrichten coDtin él. XXll, p 896.
les nègres qui habitent au nord du Séi
sont moins noirs. Barbpt. Cburcbiirs , CoUi
of Voyages, T. V, page 34.
*) Zimmt rmann. Géograph. . Ceschicht
Menscben , T. I, page 86. trouve dans ces <
dérations le pourquoi les Américains ne sol
noirs sous l'équateur.
/) Marsden, Histo. of Sumatra , page .
Wallis Hawkesworih's , Collection of Vo
( T. I, page 360. ) ont remarqué les effets d
de la mer , sur la coloration de la~ peau.
Hartsink (Beschryving van Guiana^ T. I,
l'influence du voisinage des forêts*
Brouguer (Fig. dt la Terre, Introd. page
telles des montagnçfl f et Robertson ( Hist
America, T. 11, page 403. ) a également re
...^-^
t-* ■
pean ; f entencls par ce nom , qn^ort a sotte
vent raal-à-propos appliqué aux mulâr
très u), désigner des personnes nées au3t
Indes Orientales ou Occideniales, de pa-f
rens Européens w) x^); Inir physionomie
semble empreinte des ardeurs du midi.
Les femmes, d'ailleurs, très-blanches et
très-belles, se distinguent, surtout de»
JEuropéennes, et même de leurs sœura
nées en Europe, par leur chevelure et 1er
combien l'élévation du sol inlluait sur la colora-*
tion.
w) Le nom de Créoles vîpnt sans floute (?eg
nègres esclaves transportés en Amérique au i6'ne
siècle, et qui appelèrent les premiers leurs «nfana
nés dans ce pays , Oiola et Criolles, Les Espa-
gnols appliquèrent, bienlot après, ce nom â leurg
propres enfans. ( GarcilLiSso del érigea de los
Incas, p. m. s55. )
AuTOurd'liui, on donne, en Amérique, le nom-
de Créai e à tous les animaux domestiques qui ne
«ont pas originaires du pnys. Ol iendorpeGerchicIt
der Mission auf den Caraib. Inseln , T. L p. 232^
a*) G irtanneruher die Franzôsische Révolution;
T. I, page 60 - 72 et &uivr
:n
^ (i6o)
fou de leur regard y ). Le descendant cîe*
Mongoles et des Perses qui ont émigré
aux Indes Orientales, oâreut les mêmeff
caractères z ).
les Mulâtres.
tes enfans issus d'individus colorés, re-
çoivent constamment une couleur qui
semble le résultat du mélange des teintes
de leurs psirens, il est cependant des exem-
ples de métis, qui n'avaient la couleur que
de Tun d*eux a ). Mais en général, cette
teinte héréditaire mixte est constante, et
Ton peut, sous ce rapport , suspecter le té*
moignage de J. Bruce ; selon lui, les enfana
de quelques villages du royaume de Tigré ,
«ont toujours noirs, lors- même qu'il ii^y sl
que l'un ou l'autre de leurs parens de cette
■ ■ ■ ■ ■ t
y) Hawkesworth's , Collection of Voyages f
T. m, p. m. 374.
z ) Hodgcs's Travels in InJia , page 3.
« ) Jac. Parsons in philosopliical Transactioni;
T. LV, p. 47.
•coulent, et Tunion de T Arabe avec la né-
gresse , ne produit que des enfans blancs
comme eux b ).
Les Métis ont reçu, suivant là couleur
de leurs parens , des noms particuliers. Jd
vais les exposer d'une manière synoptique.
* ) Vojage.aux Sources du Nil, X, IH,
A ) Première génération.
L* union des blancs avec les nègres donne
àes Mulâtres c ).
Des blancs avec les Indiens, des Métis «)•
Des blancs avec les Américains e), des
Métis, iVléti/sf), Meàtiiides g) ou Mame^
lucks h).
c) Kle'n Annalen der Geset7g(;bMng în den
Preaussisch. n Staten, T. Vil. p. ii6.
à) Bruin Reizen over Moskovie, p. m. 358*
Valentia ond en nieuw Oost-Indien, T. I. p. a
pag. 18.
c) Garcilasso « por desir que somos mezelados
^ de ambab Nasciones. »
f) Twiss's Travelb ihrough Portugal and Spain^
p. 332.
g ) Labat , Voy . aux Isles d'Amérique ,- T. Il»
p. i3s.
h )](]& Hauterive, Hist.dc TAcad. desSiences d#
3Paris9 au. 1724. p* x8.
( i<î3 )
Des nègres avec les Américains, des
Zambes i) qu'on nomme aussi Mulâtres k),
Lobest /)j, Caribocas et Kabugles m).
• Dans ces produits divers, on reconnaît
' la rouletir et les traits des pères et des
mères , mais confondus et mêlés parfaite*
meiït ensemble Ils sont tous plus ou moins
iioî'^s on jaunes, et leurs joues offrent à
peine les traces d'un faible incarnat. Ils
ont tous les yeux noirs, mais leur chô^
veux ne sont pas toujours de cette couleur^
Les mulî'tres sont les seuls qui prennent
généralement une chevelure crépue.
z) Gily Storia Americana, T, iV. p. 3ao.
Je ) Grircilasso*
l ) Twiss.
in ) Marcgrav , Traité du Brésil^ p. la»
1 -
■.\f.
B ) Seconde génération^/ -
L* union des Mulâtres donne-des Caqs 71)^
Celle des Européens avec les Mulâtres,,
des Tercerons o)^ Quarterons pS Mo^
riscs q) on encore Métis r). Ils ont la clie-
Telure et le visage des Européens, leutf
peau est légèrement basanée, leurs ^oues
6ont vermeilles , les lèvres et les parties
sexuelles violâtres.
L'union des Nègres avec les Mulâtres
n) de Hauterive 1. c.
o) (EJ. Long. ) History of Jamatca, T. 11^
page 26O0
p) Â^ublet, Bist. des Plantes delà Guyane^
ï. II.
y ) Twîss.
7) Moreton*s manners and Customs in the West-î
India-Islands , p. iz3.
*9onne' des Griffes s)^ des Cabres t)QVL
Zambes de Mulâtres u ) .
Des Européens avec des Métis Indiens,
fies Castis w )»
Etes Européens avec les Métis Améri-
cains , des Quarterons x) , Quatralues y ) ,
et encore Castis « ).
Des Américains avec les Métis des Tré"
values a).
6 ) Hauterive*
s ) History of Jamaïca.
u ) Bornare , Dict. Hist. Nat. T. IX.
fs^) Tranqucbarische Missions BerichteCoutint
T. XXXUI, p. 919.
xc)GamiIIa Orinoco illustrado, T. I, p. 83.
^3 Garcilasso, « por dezir que tieaen quarta
§9 parte de Indo y très de Espanol. 1»
z) Twiss.
a ) Garrilasso , « por dezir que tiença tre$ par^
p t£sde ladio y una de Espanol. n
(166)
Des Américains avec les Mulâtres, des
Métis b).
Des Européens avec les Zambes de pre-
mière génération des Mulàtre^i c).
Les Espagnols donnent , par mépris , le
nom de Cholos au produit des Zambes
entre eux d).
Des Américains avec ces mêmes Zarabes
des Zambaises e \
l ) History of Jamaïca.
c)ï'irinin, Economie anin. T l, p. 179-
t â) Gar-il s-o , « Chahs, ts Voral)lo de las islas
de B riovtnio , quitre lecir perro , 110 ie lor ûas-
liços. Sino de los mui bella. os gorunes : y I08
EspaMok'S usau del por iiiîamia y vituperio.
ê) Twiss.
«•a.
( '«7 )
C) Troisième génération^
•■ ■
L'union des Européens avec les Terce-
ïons, donne des Quarterons f)^ Ocha-^
vous g) ou Octavons, ou Alvins A). Les
observateurs les plus exacts assurent qu'il
ne leur reste aucunes traces de leur ori-
g'ine africaine i ).
L'union des Mulâtres avec les Tercerons
donne des Saltatresk).
Des Européens et des Castis Indiens^
des Postîs Z).
Des Européens avec les Quarterons Amé-
ricains de la seconde génération , des Oc-
tauçns m).
y) History of Jamaïca.
ff) Guinilia, p. 86.
h) Tvviss.
i) Aublet.
Je) History of Jamaïcai?
/) T-anqiiebarische Missions Bericlitc*
'j fn ) Guiuilla , p. 83»
.i:*--*'-C«
( itfS ) ^
Des Quarterons avec des Métis Améri-
.caius de la première génération , des Coyo* ,
tes n).
Des Griffes avec des Zambes de première
génér:.lion, des Giveres o).
Des Zambaiges avec les Mulâtres , des
Cambujor p\
On étend quelquefois la généalogie des
IWétis , jusqa*à la quatrième génération ,
et Ton appelle les enfans des Eu»4>péens et
des Quarterons delà troisième génération,
Çmnterorts o) , eu espagnol Puchuelas. Oa
désigne égalemeî^t par la même exprès-
fiîon les enfans des Européens et des Octa-
vons Américains i^). Mais ils ne doivent
conserver aucune trace constante de leur
n ) T viss.
c ) Hislorjr of Jamaïca.
p )T viss.
y) Historj of J.imaïca,
t)G uiiiila , p. 86.
8 ) Idem , p» 83,
f •
ongmo
( ^^9 )
origine mélangée t) , si comme Vassurenfi
m
des témoins oculaires, très dignes de foi,
les produits de la troisième génération-
ressemblent parfaitement aux Européens
pour la couleur et la physionomie , ca
qu'ion a peine à croire.
i^ Twiss assure qu'on appelle Harnizes, lesén*
fiot des Américains et des Coy t s,Albarassa .'es,
ceux des Camhujes et des Muiâtres, et Barzins^
les eafaas des Aibarassiides et des Mulâtres^
u
•
( ^70 )
m
JPeau noire semée de taches blanches^
Les hommes de couleur et surtout les
•Nègres ont souvent sur la peau des taches
d'une blancheur de neige : oi^les nomme
-alors Nègres-pies (Ang. Piébald-Negrioes).
Ce phénomène , qui ne paraît pas toujours
dès la première eniance u) ajoute beaucoup
.à ce que j'ai dit (§ 44.) de la puissAnco
des vaisseaux sanguins du derme , pour
porter au-dehors la matière charbonneuse,
qui ensuite est précipitée par le contact
de l'oxigène.
J'ai vu à Londres un Nègre pie, il se
nommait Jean Pichardsoii et servait T.*
Clarck , qui faisait voir à Exeter-changô
des animaux exotiques vivans. Ce jeund
homme était parfaitement noir , à l'ex-
ception des régions ombilicales et épigàs-
- — — ^^
u) W. Byr4 rapporte (Philosoph. Transac. T.'
XlX, p. 781. ) que des tacht^s de cette couleur nai
parurent sur la peau d'un jeune nègre, qa'k l'agir
de 4 ans» s'accrurent avec le temps*
( '7' )
Irîques et de la partie moyenne ries extré-
mités inférieures, ce qui comprend leg
genoux et les portions voisines du icmur
et du tibia. Toutes ces parties d'un blanc
de neige étaient tachetées de noir, comme
une peau de panthère. Il avait aussi \ch
cheveux de <leux couleurs. Les blancs o?-
dupaient le milieu du sommet de la tête et
descendaient à angle aigu du vertex vers le
front. Leur blancheur n'égalait pas celle de
la peau, mais tirait un peu sur le jaune. Au
reste, les cheveux blancs et les noirs étaient
crépus comme ils le sont chez les nègres.
J en conserve un échantillon depuis deux
ans , et je les trouve de même qu'ils étaient
alors. Je possède le dessin de ce jeune
homme et de trois autres Nègres pies , dont
l'un mâle et les deux autres du sexe fémi.
nin. Tous avaient Tabdomen et les membres
inférieurs blancs en plus ou moins grande
partie. Les pieds, les mains et les .aines
qui noircissent d'abord chez les Nègres»
étaient entièrement de cette couleur ; le
reste du corps présentait des taches blan-
es , disposée d'un manière assez symé-
M 2
( ^7^ )
trîque. Crfuî que j'ai examiné avait 1&^
gencives et l'intérieur de la bouche d'uX"
b(^au rouge. Ses parens comme ceux d©i
Nègres-pies doni j'ai lu l'histoire , étaien.'
parfait ement noirs Tv',. Buffbn a donc eu
tort de croire que ces inflivid^is fussent Is
produit d'un Nèjçre el d'un Nègre blanc? -
Je consacrerai à ces derniers un article
à part.
Il ne faut pas confondre ces taches de
la peau , qui n'en changent aucunement
le tissu , avec celles qui altèrent sensible-
ment Torganecutanéjle renient raboteux
furfuracé et comme écailleux. Celte es-*
•i;) V. le dessia d'une jeune Négresse blanche^'
T. IV du Supplément d'Hisloire naturelle do
BufiTon.
Si je ne me troihpe , c'est le même dont
Gumilla a donné une longue description. Orinoto
illustrado. T^. I, page 109.
La Molhe donne l'observation d'un Nt-gre sem-
blable dcinslaBibliothèqueimparlialedumoisd'A-,
vril l'yôj ; et Morgan ^ dans les Transactions de l4
Société phii. de f iiiladelphie. T. II , page 3^2.
•»
C '73 ) ' .
"phce demaladie s'observe particulièrement
aux Malabares a:) et chez les Tarlares
Tschuly mîques y). ^
Les Nègres ne sont pas les seuls dont
la peau offre des taches blanches , douces
au toucher et provenant d*une adion par-
ticulière des plus petits vaisseaux du derme*
Ce phénomène s'observe quelquefois che25
leeblai^ ; je Tai remarqué sur deux Al-
lemands; Tun était un jeune homme et
l*a.atreun vieillard de plus de soixante ans.
Ils avaient lapf^au jaunâtre et irrégulière-
ïiientmarquéede taches d'une grande blan-
cheur. Elles parurent spontanément chez
l'un dansla première enfance, chez Tautro
dans rage viril , et s'accrurent d^uno
ïnanière insensible.
ît) Cette malarlie est voisine de la lèpre. Tranr
Çuebarische Missions-Bcrichte cootin. T. XXI 9
>) StrahlenbergWord-Ostlich Europa und Asienj;
Psige i66.
Oinelin Reise durch Sibérien. T, II-
Bell,Travels frorn St. Petersburg to divers»
t^^rts of Asia, T. I, page a'i8;
. ( ^74 ) -
Chang^mens analogues de la couleur de
la peau.
Nous' avons démontré par des faits ]^'
puissance de Faction des petits vaisseai£s
du derme sur la coloration de la pea»;
d'autres phénomènes analogues semblent
prouver que &a cause prochaine m trouva
dans la surabondance du carbone fixé
dans le réseau de Malpighi. ( § 44. 4$. )
Les Européennes z ) malgré leur blan-
*) Camper , kleinere Scbriften, T. I, page 47.
« De nos jours une pareille métamorphose s'est
* renouvelée annuellement dans la personne d*uno
» dame de distinction, d'un beau teint et d^una
» peau fort blanche. Dès qu'elle était enceinte elle
» commençait à brunir , et vers la fin de sa gros-
^ sesse elle devenait une véritable Négresse. Après
» ses couches la couleur noirô disparaissait ^eu à
» peu* Sa première blancheur revenait et son fruit
• n'avait aucune teinte de noir»»
Bomare, art. Nègre.
« Une pajsane des environs de Paris ; nourrice
. ( 175 )
car, ont souvent, pendant la grossesse,
^ i^BL. peau plus ou moins couverte de taches
p'oliarbonneuses , qui s'eflacent insensible-*
. jnaent après les couches. La chimie mo-
derne explique sans peine leur naissance.
jflLvant la conception la faible quantité de
carbone surabondant s'échappe facilement
parla transpiration , mais dans la grossesse
41 existe de plus le carbone du fétus , qui ,
Jpljiigé dans la liqueur de Tamnios, ne trans-
pire pas encore. Le sang de la mère con-
"^ioiit donc alors une surabondance de ma-
"^ière charbonneuse ; la transpiration no
P^ut plus Texcréter en entier ; la portion
excédante vient se fixer dans le réseau do
-Malpighi , et colore la peau jusqu'à ce que
l'a.ccouchement en rétablisse l'équilibre.
• «Je son métier , a régulièrement le ventre tout
* noir à chaque grossesse, et cette couleur se dis-
'• sipc par l'accouchement. »
• TTne autre a toujours la Jambe gauche noîr^
'* dans cette circonstance. »
Il«e Cat , 1. c. page 14X.
orry de M.elancoliâ. T. I^ page ^^
■(Î70 .
X'épîderme et le réseau muquônx qui se
détruisent et se renouvellent ^ reprennent
bientôt alors leur blancheur ordinaire.
Des congestions semblables de la ma-
tière charbonease paraissent encore pro-
duire toutes les taches noirâtres qui se ma-
nifestent sur les diverses régions du corps,
et allèrent pour un temps la blancheur
delà peau : telle que les taches observées •
sur la peau des femmes qui n^ont jamais
été réglées a) ; les taches des scorbuti-
ques 6)*), et celles semées sur le corps
à) Jac. Yopge , philosoph. Transaction. Vol»
XXVI , page 4a5,
l) J. Narboroûgh Voyages fo the Streîghts of
Klageltan p. m. 64: ««Leurs cuisses et Iturs jam-
bes étaient devenues aussi noires qu^un chapeau. »
Fhilipe, Voyage a Botany-Bay , page 229.
*) Les taches noires qu*on observe sur la peau
des personnes attaquées de scorbut , proviennent
d'un épanchement de sang. On peut même , en dis*»
séquant les cadavres, le suivre dans le tissu cellu-
laire • lorsque les forces de la vie tombent dans
l'anéantissement, les parois des artères perdent
«ilors de leur résistance et le sang les pénètre oa
des inriividus bilieux, qui vivent dan^
la saleté et la misère c).
■■«
6*échdppe à travers les extrémités capillaires det
vaisseaux , coiuine on le voit dans les fièvres adyau—
iniques avec petéchits , la morsun^ de la vipère,
et aux régions |>ostérieu»es Jtsca avrc-s. Une expé-
rience directe vient ^> 1 appui d* cette opinion. Es-*
«aje-t-on sur ml animai vivant , convenablement
.préparé, le procédé de l'injection : tous îes effprts
Aoht inulilfS ; mais si on tue subitement l'animal
sans héuiorragio et yar la section de la rooëlle
ipinièrc, aussitôt Tinjection pénèlre et va rem-
plir des vaisseaux non-perméablts au sang avant
là mort* (Exp, du cit. Buniya , Rec. péri, de la
Soc. de Med. de Paris. Dec/an Vill, T. VIL)
( Uoie du Trad. )
«
c) Je possède un morceau de la peau du ventre
d'un mendiant, qui est aussi noire que celle d'un
Nègre. Beaucoup de personnes Ont fait des obser-r
valions semblables.
Haller , Elément, physic. T. V. p. i8.
Ludwig Lettres k Haller, T. I , page 35^3r ^
De Riet, de Organe tactûs ^ page i3.
Albinus, de sede et caussâ coloris iCthiopum ^
page 9.
r
Les nègres ne sont pas constamment
noirs. Quelquefois leur couleur s'affaiblit
et même blanchit entièrement. Ceux qui
dès leur plus tendre enfance n'ont pas
cessé .d'habiter des climats tempérés, de-
viennent sensiblement moins noirs d) ; il»
Klinkoscb^ de cuticulâ , page 46.
Soemmering ûber die kœrperliche Verscliîeden-
heit des Negers vom Europneer , page 48»
Loschge in Nalurforscber. P. XXIII, page
^14.
J*ai observé sur la peau d'un sexagénaire de^
taches brunes, dont quelques-unes avaient une
paloie d'étendue , elles lui étaient venues dan»
la jeunesse k la suite d'une fièvre quarte.
Ib. P. XVI, page 170.
^).I1 existe encore a Venise un cordonnier
nègre , dont la couleur s'est sensiblement alFaiblie
depuis son arrivée dans cette ville. Il y fut trans-
porté dès son enfance , ily a fort long-temps ; sa
couleur ressemble aujourd'hui a une légère teinte
de jaunisse. Caldani Institut, physiolog. p. i5i.
Pechlin de habitu et colore ^thiopum, page
Oldendorp, T. I, page 406,
pâlissent beaucoup plus promptement
quand ils sont atteints de maladies très-
graves e). On a des exemples avérés da
nègres dont la peau est spontanément de-,
venue par degrés de la blancheur de celia
des Européens^}.
S 50:
Autres propriétés nationales de la peatC
Indépendamment de la variété de la
couleur, la peau chez certains peuples
possède encore des qualités particulières
qui vont nous occuper un instant.
Elle présente au toucher une mollesse
e) On en a vu d'une telle pâleur, qu'a peine les
distinguait-on d'un blanc d'une Faible coinpIexipn*J
Labat, Relation de l'Afrique occidentale , T« 11%
page 260.
Klinkosch , page 48.
/) Jac. Bâte philosoph. transact. Vol. LI J
P. I , page 175»
( I«0 ) '^
yeuse cliez les Caraïbes g), les nègres h),
les 0-taïtiens î ), et même les 1 urcs fe).
On ignore si celtet disposition tient à la
finesse de Tépiderme ou bien à l'épaisseur
plus considérable du réseau de Malphigi.
Les affinités chimiques du corps avec
les élémens de Tatmosphère paraissent la
cause de la fraîcheur particulière à- la
peau chez plusieurs peuples d'Afrique l )
et des Indes Orientales m ).
g) « Leur chair est basanée et fort douce ; il
>i semble que ce soit du salin quand on touche
•> leur peau. Blet, Voyage de la France équiaoxiale,
page 352.
h) Pechlîn , page 54.
'Soeihrnerring j page 45»
>: a) Hawkesworth's Collection 9 T. II;
■ Je) « 11 n'y a femme de quelque laboureur ou
>>rostic en Asie (Turquie) qui n^ait une peau si
» polie qu'il semble toucher à un fin velour. Belon
Observ. p. m. 198.
•/) Voyage de Bruce aux sources du Nil, T#IV«
m) Kant , Philosoph fur die Welt. P. II , page
154.
Marsden, page 41^ ^
( '8x )
Enfin Todeur singulière des Caraïbes n )
des Nègres o ) , et de quelques autres peu-
ples p ) sembla appartenir à la transpiration
insensible de Sanctorius^ que de même
Varum particulier à plusieurs variétés
d'animaux domestiques, comme au cbien
d'Egypte et aux chevaux d'un blanc voux^
( Germ. Rothschimmel. Gai. V. Éouan.)
n) €i Ils ont tous une odeur fojrte et désagréable^
99 Je ne puis rien indiquer qui pût en rapprocher
^y ridée. Quand on trouve ailleurs une odeur sem«
» blable, on Tappelle aux îles (Antilles) un«
99 odeur de Caraïbe ^ ce qui proure Tembarras oit
9> Pon est de la désigner.» Thibault de Chanyalonj
Voyage à la Martinique > page 44.
o) Schotte on the synochus atrabiliosa , paga
T04.
. History of Jamaïca. T. II. page 25a, 43$.
p) Pausanias rapporte que les Ozoles indigèneg
de. Locre avaient une odeur infecte.
Lava ter , ïragmens sur la Physionomie , T. 4;
'^page 368.
Jac. Frid, Ackermann de discrimine sexuumj
praeter* genitalia , page io*
/'
(I82)
§ 50..
"^Accord des cheveux et de la peau.
' Les poils et surtout les cheveux reçoivent
Ja naissance et leur nourriture des tégu-
xnens communs; il doit donc y avoir entre
eux de nombreux rapports. Aussi sont-ils
dedilFérentes couleurs chez les nègres pies,
et rouges q ) chez les blancs dont la peau
est tachetée. Il existe également un accord
frappant entre les tempéramens et la cou-
leur des cheveux. S'ils sont blonds, la fibre
est lâche et molle, l'éruption des maladies
exanthémateuses facile; des cheveux
noirs accompagnent au. contraire une
Structure générale plus dense, uïjl tem-
^. V
ç) C'est une chose très-commune dans nos cli—
Xnats« On a fait la même observation dans les
pays les plus éloignés ; Forstt r à Otaha , une des
Mes de la mer pacifique. Bemerkungen auf seiner
Reise um die Welt , page 2o5.
à
Verhandelingen van het Bataviaasch Glenoot- ^
ScBap. T. I, p. m. 319.
JJIarcgrav , Tractatus Brasiliae. p. 12.
i: i83 ) • ; ^ •
Çêrament mélancolique, et 1 on a remat-
^ué que les individus de cette constitution
abondent dans les hôpitaux de fous et dans .
les prisons.
§ 52.
• ri
Principales variétés nationales des cheveux i
Les variétés nationales des cheveux peu-
vent se réduire à quatre principales ,
i^ Les cendrés, dont la couleur tient
le milieu entre le jaune et le noir. Ils sont
fnous, longs et ondoyans; on les trouve
fréquemment chez les peuples des régions
tempérées de Tturope; ils étaient autre-
fois très-communs chez les Germains r ) •
2^. Les cheveux noirs, roides, droits,
et peu fournis; cette chevelure est propro
aux nations Mongoles et Américaines.
3^. Les cheveux noirs, mous, épais j^
r) Corning de habitus corporum GermanicO'
fum antiqui acxiovi causis, page 8if*
.\
»*
( l84)
nbondana et frisés ; ce sont ceux rie pres*^
que tous les insulaires de la mer du Sud.
a
4^. Les cheveux noirs , crépus et laineux ;
ils appartiennent aux Nègres.
Cette division peut en général s'admet-
tre avec avantage: il serait superflu d*aver-
tir que la nature n'a pas rendu cette rlas-
sification plus exclusive que celles des au-
tres variétés^ nationales. Je pourrais prou-
ver que des cheveux crépus ne sont pas
.absolument particuliers aux Nègrcjg ; il
%n serait de même de la couleur assignée
à ceux des trois dernières variétés ; on
trouve en eflpet des races noires dont
la chevelure est longue ..c) , tandis qu'elle
devient crépue et laineuse che;& des na*
lions cuivrées t). Je possède des cheveux
«) Bruce, Voyage aui sources du Nil- T. a ,
en parlant dv* Gjllas.
De inroiis regniBornu , proceJings of the Afri-:
can Afscuiaîitm, p. m. 201.
Les iris'jlaifes le i'île lu Duc d'York, danft
la m^:r pari :qu.* , près 1 j nouvelle Irlinle'i
"ils Gont d'unt' couirur le cuivre pâle , etleiir
» cheveux sont ltiin».'ux >> H'inîer*s hist. Journal
of ihe Iraasacûons at Port Jackson* p. 2 33-
do
( «85 )
]3e la nouvelle Hollande , qui tiennent nu
milieu parfait entre ceux des Nègres et
des Insulaires de la mer pacifique. Cette
double ressemblance a donné lieu aux re-
lations différentes que les Hollandais, et
depuis les Anglais , ont donnés de la che-
velure des habiitans de la nouvelle Hof-
lande.
■
Des témoins dignes de foi ont observé
beaucoup de chevelures rouges u) chez les
») Teutschen Merkur 1788. P II, page 341:
La plupart des Wotjaks m'ont semblé rouges «
Gmelin , Reise durch Sibirien, T. I , page 89.
Charleyoix , dans son Histoire de 1q nouvello
Trance, dit (T, III ). que plusieurs Eskimots sont
blonds. ^
Lopeza vu des Nègres dont les cheveux étaient
rouges. Kelazione del Reame di Congo, p. m. 6.
J*ai vu beaucoup de mulâtres dont les cheveux
étaient rouges ) et j'en conserve les échantillona
G-roben a fait la même remarque sur les mulâ-
ires delà Sierra-leona.
Sonnerat 9 Voyagt à la nouvelle Guiaé« 9
peuples auxquels se Rapportent les troi
dernières variétés de cheveux.
§ 5S.
'Accord de la couleur de VIris auec celle
des cheveux.
Nous avons vu la teinte des cheveux con-
corder avec celle des tégumens communs ;
Aristote 44} ) avait observé que la couleur
des yeux suivait celle de la peau, qu'il»
étaient bleus si elle était blanche, et noirs
quand sa couleur devenait obscure. Dans
710S climats , oùl la plupart des enfana nais-
sent ^ec des yeux bleus et les cheveux
^louds . et brunissent ensuite , les yeux
«t les cheveiuc. priennent insensiblement
des teintes plus foncées et arrivent à leur
icoloris parfait pour ainsi dirç| .du même
I)as. Si les. cheveux blanchissent, l'enduit
▼T
page i53. Marion et Duclesmeur , Nouyea»
JVoyageà la mer du" Sud, page i38.
Hawkesworth's collection, page 260, T* !•
f) Problemat. Section 10 , page4X6.)
» V , • » ' . ^ #. - * •
qui revêt la côroïde perd alors liiéâticdî
deia teinte foncée. Les nègres blancs',* dont!
je parlerai bientôt , ont les cbeveiix d'iiii
jaane particulier , la coroïde presqû*en*
tièremeiit privée de.sa mucosité et les yeux
d*un rouge pâle.
•^- •• ■ l> I ^ «II. r «
En général j la couléut des y eux ne varie
tjne chez les aiiimaux ; .dont la ; tei;nt^\de
la"])èiiàa et des poila n'est pas cohstirte^
Ceci ne doit pas s'entendre seulement
des hommes et des chevaux , comme le pen-
«aîeiik; ies anci^â 1 : .mjm de t ouq îps. >%îii-
maux , et surtout des espèces domefsti^u;^!
Les poils ont-ils des teintes différe;Vtes,
la même, variété seretrouve le plus souvient
daiisla colorât iôu de Tjirisi ôoservàtïbji
• ][ ' ■ ' • • î I • . r » ♦ ■ -«1 ■ ■ ■ •-»
déjà faite sur les chiens iv) , Tes cnevaux
et les moutons j mais nulle part aussi ma-
HîTèstéqùô chc* les làpîtis. Sonît-iltsK gris ^
ce 'qiiî est leur couleur naturelle , Tiria est
totalement brun ; leur, fourrure est-elîe^
_t
r
ti O < 1- . ■ j I - ■■ . a.ir , / r ,» -,- -- . ; * i >>
^^^^^^»- I I • •
""^sè) Mbhaelii^ CotttmeQtah Bononiilneis, T. III^
C « 8 « )
yarî^ de noir et de blanc, Tiris présente
de» taches absolument identiques à celle»
du poil ; sont-ils enfin tout-à-fait blancs^
l'iris devient alors d'un rouge pâle.
• • • #
Couleurs principales des yeux.
• Aristote assignait avec raison trois cou-
leurs principales à l'iris des yeux humains :
•A ^
I . Le bleu.
• . .• • . r / . . .■■..-
•^2^. L'oranger obscur (Vttlg. yôiix de.
dièvres)y).
j 3^. Le brun-noir. •
Ces trois couleur^ se trouvent répandues
chez tous les peuples ; mais chacune d'elles^
jr) Dies. yeux d*un vert .particulier - ressem-
Vant à la cendré^, (vulgf ycrt-pomme ) tien—
li^nt \e milieu entre les yeux bleus et les bran*
gers. lies personnes ^'cheveux rouges êt'à peatt
tachetée , ont souvent les yeux de cette couleur*
. I^iber $jipgularis dc( Colorib. oculorum %vak*
fortii. ïçreut, i55o»
( '.8p J
semble comprise d'une manière plus cciis^
tante dans les limites de quelques degrés
de latitude , et devenir nationale ; d'après
cette observation , Linné s) a donné aux
habitans de la Gotbié Suédoise des yeux:
bleU'Cendré et des cheveux d'un blond de
filasse ; aux Finois des cbeveux blonds et
des yeux bruns; et aux Lapons des yeux et
des cheveux noirs * ).
Des cheveux blonds et des yeux bleus
forment le caractère origin.el des G ermains ;
cependant il se retrouve aussi c^ez des
peuples très-éloigHés de l' AUemfkgne a)«
L'iris des Nègres est d'un noir si foncé
qu'on la distingue à peine de la pupille ,
• surtout pendant la vie i).
2) Fauna suecica. page 1.
O Homère dépeint les Grecs comme ayant les
yeux noirs ( E/icaupes Achaioi ).( iiote du Trad.};^
a ) J^en ai fourni des exemples dans des notes*
Voyage de Bruce , aux sources du Nil ^ T. V ,
page 339.
b ) J. Goult. Walter , de Venîs oculîs^ page aî;
Iris in cetriope nuUa esta page 23.
r
*
s 55.
•"« «1 ...1 « • r • r -^ .
Visage nationaU
*, Nos propres yeux nous cohvalnqtMnlt
de la diversité prodigieuse des visages ;*
ce sprait un phénomène i* en rencontrer
deux absolument semblables. La mêmedi*
ve.rsîté s'observe chez le sauyaffe et les
"' .•♦/•i'ï.»'-« ij
peuples d'Europe c), Néanmoins des for:
.' ... • ..«■•»
fT"^
c ) Guillaume Âader6oa,a observé une grand©
aîversité de physîoRomle piarmi les indigènes défi
fles des^Surts , situées 'jàns Pocéan Austral,
r Leiirs:;ti€ltfe sont si rarîé» qu'il est presqu*îmt
j> possible d'eq trouver un qui Caractérise leur
qr figure < si ce n'est l'ampleur du bout du nez,
»: très-coipmiinè parmi* eiix. P*un autre côté ^
99 nous y avotis obscryècent visages Européens ^
» et des nez à la romaine ». Yoj^Z dernier Voyagç .
de Cook. T. I, page 38o,
, liCs- Nègres et les Américains ont offert, comm*
jq le dirai , des exemples analogues»
,L*on retrouve si souvent aussi parmi les Eu-«
ropéens, . des ficures ressemblant \ celles def
Jïtîgres et des Mongoles, (^u'o^ les pomme ^iwi
ïnes nationales Ou visage appartiennent %
chaque variété de l'espèce humaine, quel**
^nefbisjniême à chaque province d) , et for^
xnent un caractère distinctif.
Variétés nationales du visage.
J'ai comparé soigneusement les dessins
«
•que les artistes les plus distingués ont
donnés des nations étrangères ; j'ai moi-
ïnême examiné les indiviclus des différens
peuples qui fréquentent en grand nombre
*es marchés de Londres et d'Amsterdam,
®^ d'après tout ce que j'ai vu, je crois qu'on
. «?) Libavîus(de iBtbîoi^ilmsl Virgilîanis, sin-
8*>lariuin, T. IV, p. m. 659. ) auteur estimable ^
'^]^aît fait cette observation il y a plus de dieux
^^ i:\ts ans.
»> Dans la Thuringë*, la Saie , la Souabe , -et
* |>resque dans chaque bourg ^ les habitans ont
* "^ne pbjrfiionomie qui leur est propre;, de- ma-
*' xiière , qu'avec de l'attention , peu s'en faut
* ^u*a la vue seule on ne parvienne a dire à cKa^^
* Slue personne çuel est son* pays «t
t ï^i )
peut ranger dans cinq classes lès prina^'
pales yariétés nationales du visage. Quoi*
que présentant des* exceptions ^ cette' di-
vision paraît conforme à la nature.
t^. Visage ovale , droit » traits peu sail-
lans.
Front uni.
Nez étroit, légèrement arqué , on
pour le moins bossue.
Les os des pommettes nullement
l^roéminens.
Bouche petite , les lèvres > et surtout
l'inférieure^ mollement étendue^.
Le menton plein et rond.
D'après sa symétrie on regarde cette
forme de visage , qui est celle des peuple»
d'Europe , conme la plus gracieuse et la
plus belle.
C^est le point mitoyen d'où dérivent;
par la dégénération, les deux extrêmes
opposés j^ les faces larges et les faces alan&x
gôea.
CHaonne de ces variétés regardée de
profil se soudivise à son tour en deux au«
très : d^ns les unes les traits sont peu dis-
tincts^ légèrement prononcés; dans les
antres ils sont profondément marqués,
saillans et presqn'angnleux. On doit donc»
outre la première variété , ou prototype j>
en établir quatre autres.
 ) Deux variétés de faces larges.
a^. Face large , unie et déprimée, traita
légèrement prononcés et se confon-
dant entre eux»
Les yeux séparés par un espace large)
et plane.
Mez camus.
Les joues presque globuleuses et
très-éminentes.
L'ouverture des paupières étroite-et
linéaire. ( Vul. yeux bridés).
Le menton peu marqué.
Cette forme de visage est celle des na-^'
iions* Mongoles» Ëes Anglais la nomment
fctce tartare , porçq qu!îls confondent ;
comme je le dirai» les. Tartares avec les
Mpugols*). ^ . ...
3^. Face large sans être unie ni dépri-
mée ; les pommettes proéminentes , le&
traits vus de profif sont saillans et pria-
fondement sculptés.
Le frent court.
Les yeux enfoncésb
Le nez camus , mais prononcé*
Cette figure appartient à la plupart de*
toupies d'Amérique.
B ) Deux variétés de faces alongées.
4^. Face étroite, proéminente inférieur
rement.
t^ Tartares Mofigoles , Mongouls, Mogol»
îiJCongous , ;^Manchèou5, Le nom des Tartarés va-
rie beaucoup , pajTce qu'ils prennent souvent celui
de leur souverain par attachement pour sa perr»
i(<)nDe*
i Noie du Trad.\
Ff ont très-convexe , ▼oûté;
Les yenx saiUans. ( Vulg. à flenr df*
Le nez épaté et se confondant près**
qu'avec les joues.
« • 9
tes lèvres , et surtout la supérieure^
uméfiées.
■ 4
Les mâchoires alongées.
Le menton retiré.
^e forme de figure ( Agg. guînea fa*
^st particulière aux Nègres.
. Face moins comprimée , légèrement
avancée inférieurement , vue de pro*
'fil , les traits sont plus saillans et
mieux marqués que dans la précé-
dente.
«
Le nez ample , large et gros à a»
< •
pointe ( Aiîg. Bottled. )
La bouche grande,
ette forme de flgurei eHÉ propre à 1*
taoe Malaié, et surtout aux insulaires
la mer du Sud.
S 57^
Causes des formes nationales du visagem
Mon projet n'est pas de considérer le
formes du visage sous Taspect physiona
inique , comme indices des tempérâmes.
Cependant il est chez certains peuples un
physionomie nationale qui les caractéria
et paraît dépendre de leurs habitude
Sans doute les Bracmanes absthêmes et I«
•
originaires de Tlnde doivent à leur noû.
riture ce visage calme qui les distingue
^t les Boticoudes e) anthropophages , Ts
trocité de leurs traits.
C'est de même à l'influence de la rel
gîon qu'il faut attribuer les physionomie
béates qu'on remarque, surtout aux fen
jnesydans quelques parties de l'Europe mi
tidionalé.
# ) Je dois la «Connaissance de ces cruels ai
Jjropophages à^eux Portugais du Brésil ^-.c
Camara,' et d'Andrada.
C ^97 )
C'est nne vie molle et abondante qui
^et tant de différence entre TO-taïtien ef-
féminé et le sauvage mâle et robuste de
la nouvelle Zélande.
Je vais rechercher les causes de variétés
nationales du visage , de la forme , de la
direction , de la proportion des parties
qui le composent et constituent le caractère
spécifique qui distingue chaque variété
de Tespèce humaine.
•
Les difficultés dont cette recherche est
liérissée nous forcent à nous en tenir à des
probabilités.
Trois* considération me déterminent à
Croire 'que le^imat est la cause principale
des formes nationales de la face.
I ^. Quelle autre cause pourrait produira
ce visage national commun à tous les hom*
mea^ qui habitent sous le même ciel, queli
que soit d'ailleurs leur rang et leur ma-
tiièrède vivre? Tous les Chinois ont la
hee applatie , et parmi les Européens
h beauté et la régularité de* traits «pn^
^ i
*
le partage dès Anglais et des Majoi
cainsjT). . ... i
• Il •
1^ . Des peuples ont perdpL , en .émîgyan.
la forme originelle de leur visage et pr:
celle qui appartenait à leur rtôlivètte" ps
trié. La plapâitdesl auteurs qui ôat Vt^%
des antiquités Beptentrionales , tftjftt'dé:
cendre les Ja'kéiitës; de là raceTà'rtare , à»
Jourd^hui ils oiit ' les. traits des Mongole
Je possède le crâne d^tx/t Jakoute qui pf€
sente tous les caractères prçpres^à.eeux.cB
ces derniers peuple3g). Je ferai obseryèfci
plus bas^ le mêmephéiiômënécbez lés Ai&<
ricains des Zones glaciales (§ 8».) "'
Les Créoles des AiitiTIôs , ^â^oirigïtië' ati
glaise , ont perdu peu à pea* la- foirmè 3
visage de leurs un cet res, pour à*ap^rôprie
la^figure des Américains. On a remarqu.
depuis long-temps qu'ils .ont comide .ei-s
les yeux enfoncés , et les pommettes é]L.<
véej A). .^
•. . f\ Mémoire du Cardinal de Retz , T. XII* .
^^Decas cantoram altéra , page' ii« •
h ) History of Jamaïjca*
•• 1S
les Egyptiens et les Indiens en- deçà du
Gaftge offrent les exemples les plus frap--
pans du changement des traits.
Cette partie de l'Inde a successivement
été soumise par des peuples différens. Les^
vainqueurs , affaiblis bientôt pat Tactiônf
énervante du climat, devenaient^'à leui?
tour la proie des habitans du Nord : leurs
traits en s'accommodant à ce nouvèku ciet
lenr ont donné le visage national des Indien^
<le la plus haute antiquité , que nous ner
connaissons plus aujourd'hui que par leà
statues des Wmplés^ souterrains dés À'eà Sà3«
«ette et d'Eléphanta, monnmens desarta
de pet ancien pe<fipl^ i)v I^es deriiierâf vain*
queurs de Vli^de ■, les Mongoles , ont bean^
coup, perdu , depuis Tatoetlan , de leu©
figure originelle ; elle s'est rapprochée
^elle des anciens Indiens , comme un sa
i ) Ces statues faites arec un art particulier y
Sont Ponvrage des premiers Indiens. II s^eÀ
trouve â Londres au Muséum Britannique , et
dans le cabinet des antiques de Charles Townlejji
C Archeolog. T. VII, table xS, a6, a^ "^
( 200 >
vant très-versé dans tout ce qui concerne
riade, G. Walsh , me l'a démontré d'après
des portraits indiens.
Qnant aux Égyptiens, je suis surpris
que les antiquaires qui se sont occupés d^
cet ancien peuple, ne lui aient reconnu
qu'une^seule et même forme de visage fc), _
L'examen comparé de leurs monumens m'a
démontré qu'il y avait chez eux trois phy-
sionomies bien distinctes : la première 80
rapproche decelledes Nègres*;, la seconda
de celle des Indiens , la troisième, propre
■
au. climat d*E^ypte, dépend de son in-
mmmÊmmÊmm^ÊmmimmmÊmmmmmmm^mmÊmmmmmmmmmmmimmmmmmÊmmÊmmmmÊÊÊmmmÊÊmmmmimKtm
le ) V^enkelman , Description des pierres gra-«
véesde Stosch. page lO et suivant.
B^Ancarville, Recherches sur l'origine des arts
de la Grèce, T. I , page Soc;;
(*) La tête du Sphinx est caractérisée ZTègro
dans tous ses traits»
Hérodote. ( lib. 3, p. i5o ) Pour moi, f estima
que les Colches sont une colonie des Egyptiens i
parce que comme eux , ils ont la ,peau noire et les
xhcveux crépus. ( Volnej , Voyage en Egypte.
{Noê.d(ê Trad.^
fluenc»
Buence , et les deux autres viennent 8*y
confondre par les progrès du temps. On
la reconnaît à Thabitude spongieuse du
corps, à la brièveté du menton et à la
proéminence des yeux l ).
3. Des colonies entières du même peu-
ple ont contracté sous un ciel diflperent un
irîsage national diflPérent. Les Hongrois et
les Lapons offrent la même origine m'; ^
ces derniers ont acquis dans les climats
glacés du Nord, les traits des nations sep*
tentrionales. Les autres au contraire , ha-
bitant «un pa>8 tempéré, voisins de la
Grèce et de la Turquie , ont pris une phy-
sionomie beaucoup plus élégante.
/) J ai parlé de ce triple caractère des monu-
tnens des arts de l'ancienne Egypte, dans les Tran-
sactions philosop. année i'794, part, il, p. 191.
771) Ol Rudberck , fils, Analogia Lingune, fen-
Honicne cura uugarica , à la fin , specim iisus
lingunp gothicae , Upsal 1717 p. 4^ et surtout i8.
J. Huger , neue Beweise der Verwandts-
«haft der Hungara mit den Lapplandera 2f
:Wieni794» 8.
o
Ces changemens , il est vrai , viennent
en grande partie des alliances avec d'aiï-
très peuples. Je parlerAÎ bientôt de leur
influence, néanmoins la puissance du cH*-
mat , pour modifier les traits natiouauxdtl
visage ,iparaîtra toujolirs immense , sur-
tout en la comparant à ce que nous avon»
dit des causes de la dégénération des
Brutes.
11 est très-difficile d'expliquer d'oilL
-vient que tel et tel climat donne au vî*
sage tel ou tel caractère. Cependant de»
hommestrès-instruitsdanscèttereclierche,'^
ont tenté de le faire, Kant n) pour les
Mongoles et Volney o) pour les Nègres.
7i) Engel, philosoph. fur dieWelt, T. II ,
p. i^f.
o ) Voyage en Sirie en et Egypte. T. I, p. 74^
» En effet, j'observe que la figure des Nègrf s
» représenle précisément cet état de contraction
» que prend notre visage lorsqu'il est frappé par
^ la lumière , et une forte réverbération de la
^ chaleur. Alors le sourcil se fronce , la pomma
» des joues se lève 5 la paupière se ser ^ h
( 103 )
Les observations de Daropîerre , sur lïi
partie occidentale de la nouvelle Hollande^
font penser que des causes endémiques,
accessoires au climat , modifient quelque-
fois la physionomie.
Des nuées de moucherons peuvent ef-
fectivement avoir contribué au caractère
delà figure des habitans de ce pays p).
Doit- on adopter l'opinion de Leîbnitiî
: 8Tir Tinfluence , du climat ? Selon lui il
existe une certaine analogie entre les ani-
îûàux d'un pays et les peuples indigènes.
I-fs Lapons, par exemple, ont quelque
[chose de la physionomie de l'ours, et cella
* bouche fait la molt^. Cet te contraction qui a litOf
^ perpétuellement dans* le pa^s chaad et nu deS
* nègres , n'a*t-elle pas dû devenir le caractère
•> propre de leur figure ? «
I* P) Leurs paupières cont toujours demi fer-
* 'ïïées pour einp&cher que les mouches hô leur
■ donnent dans les yeux 5 de là Vient qu^étant in-
* coinmodés de ces insectes^ dès Tenfance , ifs
* n'ouvrent jamais les yeux cqinme les autrei
•peuples. T. il, p. 169.
O2
/
( 204 )
du singe a des rapports avec la figure d*
Nègres et d s peuples de Textrémitè c
rOrîentg) *).
La manière de vivre peut,comme le cl
mat contribuer à la forme nationale à
la face. On assure , que les lèvres épaissi
et le Àez écrasé des Nègres viennent e
partie de ceque, dès leur première enfanc<
leurs mères les portent sur le dos , Ion
qu'elles récoltent le milieu et pendant leur
travaux les plus pénibles r)»
m I I !■ ■ I ■ —
a
9) y. ïïelleri , ôtium Hanoverdnum, page i5g
(*) Dans ce cas» pourquoi le Renne ne ressem
blc-t-il pas à l'ours, le tigre au singe ? Noftfdu 21
Marsden , History of Sumatra page 17*
99 Des écrivains ont remarqué qu'il y a ordina:
9 rement de l'analogie entre les inclinations et le
» qualités des animaux d'un pays et celles de
» hommes indigènes des mêmes Montrées , Ion
» que le mélange avec des étrangers n'a pas altei
nie caractère originel. Le Malais peut se cou
» parer au bufle «t au tigre. Dans sa vie privé*
n il est indolent , opiniâtre et lascif comme
» premier,danssa vie publique, perfide, sangai
a naire et ràpace comme le second* On dit aus
(20O
D'après les rapports norabrenx de té-
moins clignes (le foî / il est certain que les
Nègres s) , les habîtans du Brésil t) , les
Caraïbes u) , les peuples de Sumatra u/) ,
■9 que l'Arabe ressemble au chameau 9 et le pai-
■ sible GeiUcm à la vache » Barbot dans Chur<«
chills ^ collection of voyages , T. V , pag« 36;^
> Les enfans des femmes plqs distinguées , sou«
» mises à des travaux moins rudes que celles de U
n basse classe , n*ont pas lè nez aussi écrasé que
• ceux de ces dernières, qui sont portés pendant
f * très-long-temps sur le dos de leur ^lère; 11 est
» à ]:)résurner que leur nez s'appiatit en frappant
t continuellement , dès qu'elles font quelques
> mouvemens violens du corps ou des bras ; sur».
« tout quand elle^ battent ou broyent |le millet^
» ce qui est chaq^ue matin l'ouvrage des femmes
* d'un rang inférieur. »
ê) Report y of tfae Lords af commitee, of
Couneil, fort the considération of slave trade 17899
fol, p. I. fol. G.I.
/) Lery , Voyage au Brésil, p, m,,93 , 365.
u ) Da la Borde , relation des Caraïdes^ Paris*
1674, page 129.
^ ) Miirsden , Historj of Sumatra* p, 38^
C JO(î )
des îles c!é la Société , etc. ar) « Jéprim»ii
et applatissent soigneusement le nez de
nouveau nés Dans cette oppration, les i
propres du nçz sont quelquefois luxés o
fracturés y)
Cette compression violente, long-tejn]
exercée sur une partie molle et sans consî:
tance ^ n'a fait seulement qu'ajouter à i
configuration originelle et la conserve
xnais n'a poî nt été capable de la détermin c
Tout le monde sait que les fétus offrent 1
traits nationaux particuliers à leur rade.
Les formes nationales du visage ne
.confondent pas moins que les coulea:
dans les différent mélanges des variétés c
genre humain; les enfans qui en résulte:
ont des traits mixtes, comme on le voit eh
les Mulâtres. La figure desCozaques z. )
Qg) Forster» Bemeykuagen auf seiaer Re
' um die Wi It > page 483 et 5 16.
j ) Kolbe , Besch'çeibung des Vorgebûrges c
^utea Holfiiang , pi^ge 5()7*
4 ) SUc^^ n Cranioruir priaia> page x8%
desKîrguis a), a été. sensiblement défer-i
mée par leur mélange avec les Kalinou/cks,
■ tandis que la race desTartares Nogaîs s'est;
embellie par leur alliance avec les Geor*^
giens b ).
Le Germain se faisait autrefois remar-
quer par sa physionomie que n'avait altérée
le mélange d'aucune autre nation c ); c'est
ainsi que l'ont conservée les Cingares, qui
fiont les véritables originaires delaTrânsil-f
♦àtiîe d ) , et le Juif, ce qui tient au typé
fouxlamental de son visage e ) , res^e- le
a) Decas, Craujorum altérai p. 8.
' ^ ) Tey ssonti , sur le commerce de la mer aoiret
f^) Tacite. Mœurs des anciens Germains
d^ Decas , Craniorum altéra, page 3.
ff ) Bern. Picart a placé , dans sou ouvrage trcs-
^^nnu^ Cétémonies et costumes Religieuses ^ un
'^Oinb^epresqu'infini de juifs : ils ont tous dés traitf
•^^fférens, et cepenlant on les reconnaît. faciJe-
^^ent , parce qu'il leur a donné une physionomie
**^tionaki* .
snème sous tous les ciels , et garde un cae
ractère national difficile à décrire, maf
que tout le monde reconnaît au premi^
coup-d'œil/).
§ 58.
Termes nationales du crâne.
La forme de la figure et celle des os
la tète .ont Centre elles des rapports int^
tnes g). Un aveugle , sMl avait des notion
/) Je me suis entretenu avec l'illustre Ben
"West , président de l'Académie Royale des Art.
8ur la physionomie nationale des Juifs. Il pem
qu'elle se rapproche sur-tout de celle des chèvre-
mais moins par la courbure du nez que par
forme et la disposition de la partie qui sépare 1^
tiarlnes de la lèvre supérieure. Camper semble n^^
voir pas fait assez d'attention à l'opinion de c€
Iiomme célèbre , iiher den I^aturHchen Vnterschiei
der Geyichtsrziigej), m. 7. Je suis aussi surpris de
Tenfeadre assurer > dans ce même ouvrage 1
Que le nez des }uifs ressemble à celui des Mongoles^
^) Th. Brown's , discourse of ihc Sépulchràl
tfrns , fouud in ISor folk , p. i3 ; ce savant d'ui
esprit très-pénétrant 9 est le premier qui ait prii
( 109 )
Ae rimmense différence clu visage d'un
J4ongole d'avec celui d'un nègre, recon-
naîtrait aussitôt, à Vaide du toucher, le
crâne d'un Kalmouck de celui d'un Afri-
cain; et personne ne croira jamais que
c*fest d'après eux qu'ont été sculptés le»
chefs-d'œuvre de l'antique Grèce. XZette
Vérité est manifeste et de toute évidence.
L'anatomie scrupuleuse des crânes de
peuples differens h) répand beaucoup de
clarté sur l'étude des Variétés de l'espèce
liumaine : dépouillés des parties molles ,1
qui varient toujours infiniment, ils sont
fies modules de la tète, fixes et canstans:
on peut les explorer, les comparer entre
eux , les considérer sous tous les aspects.
Cet examen convaincra que les for«
garde à la forme natioBale des crânes des nègrt s :
9> il est difficile de méconnaître le crâne d'un
m nègre ».
h ) J'ai parlé des règles que j^observe , et de»
précautions que)e prends à ce sujet Decad.friuxa
collect. crainorum» p. 5. _,
( ^10 )
mes (lu crâne divergent décote et d*amre,
dans l'espèce humaine, comme les couleurs
de la peau ou les variétés de cette sorte;
qu'elles se confondent insensiblement les
unes et les autres avec celles qui les avoi-
sinent ; qu'on ne saurait néanmoins leur
refuser en général de la constance ; qu'elles
sont même un des principaux caractères
qui déterminent la manière d'être natio-
nale, et qu'elles répondent parfaitement
à la physionomie des peuples. DcsSpigel/)
des anatomistes célèbres, engagés par cette'
stabilité, ont cherché à établir une règle
de dimension à laquelle on eût pu rappor-
ter les variétés des crânes et qui eût servi
à les disposer en ordre. La ligne faciale de
l'ingénieux Camper k) mérite une atten-
tion particulière.
(0 De Corp. hum. fabricâ , page 17.
Jc)Y.E. J. Kleinere Schriften. T. I. P. page i5.
E. J* Naturgeschichte des Orang-Utang, p. 181 ,
212; et le livre uber den natiirlichea Unters;-
chiedderGesichtszûge 9 etc.
( ^" )
Ligne faciale de Camper.
■ On conçoit aisément, sur un crâne vu
de profil, deux lignes droites qui se cou-,
pent mutuellemenr. La première est hori-
zontale , passe par le méat auditif externe,
pt la base des narines. L*autre prend nais-
sance au-dessus du nez, à la partie la plus
saillante du front, et de là tombe sur la-
portion la plusavancée du bord alvéolaire
supérieur. Le concours de ces deux lignes
forme un angle dont la grandeur devait,
d'après l'opinion de Camper, constisuer la
différence des crânes, des variétés humai*
nés et des brutes.
§ 60.
Méfierions sur ce sujet.
Cette règle paraît défectueuse sous plu-
■
sieurs rapports :
I®. D'après ce que j'ai dit des variétés
nationales des figures (S 56. ), on voit que
la ligne faciale convient seulement à celles
que caractérisent la direction des mâchoires
f 212 >
et ne peut s'arlmettre quand la largeur Je
la face forme le caractère distinetif.
2^. La direction de la ligne faciale se
trouve souvent la même chez des nations
très-diiTérentes , dont les crânes n'offrent
entre eux aucune analogie, tandis qu'elle
éprouve de très-grandes variations dans
des crânes qui sont au reste- parfaitement
semblables et appartiennent au même
peuple. Il devient donc impossible d'éta-
tlir un jugement d'après la direction de
la ligne faciale , si l'on fait abstraction
de la largeur des crânes. J'ai sous les }eux
ceux d'un nègre du Congo l) et d'un Po-
lonais de Lithuanie m) la ligne faciale est
à-peu-près la même ; cepenilant si l'on
compare la tête étroite et carénée du Nè-
gre ave(^ le crâne presque quadrangulaîre
du Sarmate, oa trouve entre eux une-im-
mense différence. Je possède: deux têtes d.e
Nègres , dont la ligne faciale est absolu-
i^^<>— Il II . I I I I III im
l) Dfcad altéra collect. craniorum y tablft I&
m > Decad> tertia» tàh, qs^
fc.
( ^^3 )
vient dissemblable n) , et quand on les voit
en face , leur crâne étroit et comprimé,
et leur front bossue prouvent évidemment
qu'elles ont une même origine.
3^. Camper lui-même , dans les ^essiAs
qu'il a joints à son ouvrage, emploie d'une
manière si arbitraire et si inconstante ces
deux lignes régulatrices, il change tant
de fois les points de contact qui les diri*
gent,*et d^ou dépend leur <5ertitude, que
c'est convenir tacitement qu'il reste dans
le doute sur leur usage.
Règle verticale caractéristique des formes^
nationales -du crâne.
labîtudeet Tusageconstanldemacol-*
lection de crâne me font reconnaître chaque
jour davantage l'impossibilité d'assujettir
leurs variétés à la règle d'un angle quelcon-
que , lorsque la tête est susceptible de
tant de formes , et que les parties qui la
r- -- ■ • __- ■ u ir ■ — — *
n) Decad* prioui tab. 7 8.
->^
( ^H )
composent, et déterminent toutes clu plus
ou moins le caractère national , sont de
proportion et de direction si difierentes.
/
On doit , je crois , préférer jpour con*
dérer le crânes » le point de vue
qui présente le plus grand nombre de par-
ties principales, et surtout de celles qui
fournissent le caractère national. LVxpé-
tience m'a démontré que pour y parvenir
il fallait regarder par derrière, fixant lej
yeux sur le vert ex, une suite de crânes
dont les os de la pommette soient disposés
sur une même ligne horizontale, ensemble
avec les mâchoires inférieures; on aper-
çoit alors les parties qui contribuent le plus
au caractère national, soit qu'il consiste
dans la direction des mâchoires etrdes os
de la pommette; dans la largeur çu. dans
l'étroit esse de l'ovale supérieure, dans la
forme applatie ou bombée de l'os frontal.
J'ai cru pouvoir nommer règle verticale
l'aspect où rœil embrasse tous ces carac-
tères à-la- fois , la planche première en
fera facilem^ent concevoir l'usage. J'y ai
placé les dessins de trois têtes, disposées
( m )
près cette règle. La tête du milieu (f.
la plus symétrique et la plus belle ap«
tenait à une Géorgienue; les deux au«
; très-différentes entre elles ne le sont
moins de la première; l'une (f. 3,)
igée en avant et présentant une espèce
bec, est celle d'un nègre de Guinée,
tre (f. I ) applatie et étendue enlar-
ir vient d'un Tungous .
)ans la première , le contour du front
dérément développé, cache le limbe
orbites, la mâchgire supérieure et les
de la pommette étroits et d'une propor-
a gracieuse,
}ans la seconde , les os maxillaires sont
aprimés et proéminens*
)ans la dernière, Pespace înter-sur-
ier , les os de la pommette et ceux du
: , sont presque sur un même plan , et
îace présente une énorme largeur*
§ 62.
Variétés nationales du crâne.
N^ous réduisons à cinq variétés , comme
as l'avons fait pour la face ( ^ 5 ^. ) les
(2ltf)
formes nationales des crânes cîes dîff(^re
peuples. La planche seconde offre le dess
de chacune d'elles, fait d'après des m
dèles choisis.
I®. La tête des plus symétrique, presq
Tonde, le front modérément étendu , les
de la pommette petits, ne faisant point (
saillie et dirigés de haut en bas , à pari
de Tapophise externe de Tos* frontal.
Le bord alvéolaire bien arrondi.
Les dents incisives des deux mâchoii
implantées perpendiculairement.
Le dessin (p. 2 et 3.) a été fait d'après
crâne d'une Géorgienne; sa forme bea
coup plus belle, tient le milieu entre 1
deux extrêmes sùivans ,
2®. La tête presque quadrangulaire, ]
' pommettes proéminentes en-dehors.
Le nez camus, ses os, ceux de la po3
mette et l'espace inter-surcillier sur 1
même plan horizontal.
Les arcades surcillières à peu près null<
Les narines étroites.
..«^
( ÎÎ7 )
.^ fosse maxillaire légéreçient i^^rqyée.
bord alvéolaire s^arrondit obscaré- ^
ment en devant.
:>;
I-e menton peu saillant. k
• Cette forme de crâne est particulière
tox nations Mongoles. Le dessin ( f. i i
'*) est fait d'après un Turigous.. >
3 . La tête étroite est comprimée sur les
côtés.
, I
Le front très-convexe, voûté..
i
Z^s os de la pommette saillans en avant.
l'Os iiarines larges.
V " -.
I-es fossettes maxillaires profondément
^ï^euçées et derrière les* trbus sous-drbi-
t«es mâchoires alongées/ :
t,e hùrà alvéolaire et roit et elliptique.
Les dents incisives supérieures dirigée»
^*4iquement eu avant.
P
( lr8 )
la mâclxoîre inférieure grande ç t forte.
té cMne presque toujours épais et pe*
MU t.
i
Cette forme ^ë i'^tteappariient aux Ne-
près. Le dessin (f. 5 , p. 2) est fait d'après
une I^ègresse de Guinée,
• • i
Ces djeux dernières formes de crâiie abnt
les plus éloignées de la première. 11 se
trouve entre elles deux autres variétés»
4^. Dans rnne,les pommettes étendues,
cepen fiant plus'arquéés et plus àrtonfdîè^quo
dans le crâne du Mongole, sans être ni
anguleuses ni saillantes sur lescô^tés.
• . , , ,
Les orbites presque toujours profonds.
' » ■ 1 I •
'^ n
La forme. du firo^t et du ver* ex dépen*
dant le plus souvent d^efîbrts artifiqielsT^
Le crâne ordinairement lëgêr^ . ?.I
• Cette forriie de tête caractérîseles Amé-
iricains.
t r •
Le dessin (f; 2 , pt 2) est fait d'aprèi !•
crâne d'uû chef de Caraïbes de Vile dé St-
Vincent.
5^ DansTautre^ le Sommet de la tét*
légèrement rétréci*
Le {Vont un peu bombé.
Les os de la pommette nullement sail«
lans»
La mâchoire supérieure un peu portée
en arant.
Les bosses pariétales très-prononcées. ''
Cette forme de lête est propre à la raôo
. Malaie , répandue dans TOcéan austral.
Le dessin ( f . 4, pi, 2 ) représente un crâno
4' 6- tait ie. j
Ces formes nationales du Crâne sont gé*
ïiéralement si constantes cju'on les appert
çoit dès la plus tendre enfanoe. Je posséda
ie crâne d'un jeune enfant ), oii l'on voit
tous caractères de la race Mongole; et celui
) Decadf tertia^tabls 2^:
( 220 )
a'qn Négrillon p ) qui offre tous ceux àé
la race Africaine*
\
Causes des variétés nationales du crâne*
Les os sont les parties les plus denses ,
les plus solides du corps liumain,et en for-
ment à-la- fois la charpente et le soutien.
«
Le3 expériences physiologiques et les
phénomènes de la pathologie démontrent
cependant qu^ils sont exposés à des chan->
gemens beaucoup plus fréqueus que leg
jpartiès molles.
Ils se détruisent sans cesse, leur^ élé-
xnens sont résorbés d'une manière itis^en*
sible, et le torrent delà circulation leur eïi
apporte de nouveau;^ , qui , déposerait
même lieu que les anciens , se solidifient
et les remplacent.
Ce changement continu des os s'ob-,
iërvè'dès leur première formation; c'esft^
m
p ) Déipad, tertia t table 3o.
( ?" )
par lui qu^ils s'accommodent aux , par*
ties voisines dont Taction les modèle ;
phénomène que rend surtout évident
la configuration du crâne à un âge avancé:
la face interne de sa base parait alors avoir
été sculptée par les lobes et les circonvolu-
lions du cerveau qui reposent sur elles.
L'extérieur ne présente pas des traces
moins marquées de Faction musculaire»
et Ton peut d'après la forme des os de la
face, devjner assez facilement quelle était
la physionomie habituelle.
Si le climat influe autant qu'il le paraît
(s 57« ) sur le visage national» il devient
évident qu'il doit être en grande partie la
^îajase, quoique plus médiate, de la forme
Nationale des crânes » surtout en ce qui tient
^Ux os de la face.
Cependant à cette cause principale , il
• on joint d'accessoires» telles qu'une forte
Pï^ession long - temps continuée. Il me
Paraît qu'elle peut en effet influer sur les
^3 de la face. Le célèbre Banks m'a donné
•■^ crâne extrêmement rare d'un habitant
( 222 )
clairoîdînagede Botany-Bay q); entreautrei
singularités la mâchoire supérieure est ap-
platie à Tendroit où s^implantent les dents
laniaires et incisives. On sait que ces sau-
vages ont la singulière coutume de traver»
ser la cloison des narines par un morceau
de bois , qui bouche tellement ces ouver*
tures, qu'ils ne respirent que par la bouche,
L'applatissement doTit je viens de parler t
dépend vraisemblablement de la compres.
sion qu'opérait habit^eUe^\ent ce morceau
de bois.
Une pression exercée continuellement
pendant une longue suite d'années donnée
bien plus souvent aux osplaneg du (iràne
une configurât ion particulière, qui devient
même nationale. Cet effet peut dépendre
de la manière dont plusieurs nations plar
cent leurs enfans dans leberceau , ou bien
d'une compression manuelle , e^tçrçéç avw
coin pendant long-temps^
Yesale rapporte ^ue de son temps I0&
f )I>eci^d« tert. table 37^
«
Allemancls avaient presque tous la tête ap'
platie postérieurement: et élargie sur. les
^côtés^parcequ'on les couchait constamment
[ sur le doS| pendant qu'ils étaient au ber«
'ceaa«
«
Les Belges , accoutumés, au contraire ^
à mettre les en fans à dormir sur le côté, sei
faisaient remarquer par la longueur de
la tête.
Les Américains sauvages., depuis la Ca-
Yoline méridionale jusqu^au nouveau
' Mexique, ont tous le cf âufî déprimé, parce,
qu'ils donnent, dans le berceau^à leurs en.
fans une position déclive ; de manière que
le vert ex, qui repose sur un sac rempli dc^
sable, supporte tout le poidjs du corps r).
Un usage qui a existé chez les nationa
. les plus antiques comme chez les mo^
dernes, dans nos climats et dans les pays
fesplus éloignés» c'est de ramener la tête
^MaMM*^
') Adair's , Historjr of tbiB North Americaa
( ^M )
âeâ nouveau- iiéa à une forme nationale^'
au moyen de liens , cVinstrumens diffé-
rens^ ou de la simple pression des mains j).
•
. Cette habitude eut lieu jadis, oh se re-
trouve encore aujourd'hui chez les habi-
tans de plu-rieurs parties de la Germanie t)p
(fthez les Belges u ), les Français w), chez,
quelques peup'es d'Italie a;), chez les Insu-
laires 4e TArchipel Grec y) les Turcs js)
^) Emilie ,T. I^p. 19.
t) 3, Chr. Gotll Ackermann , dans Neuen Mt«
çazin fur Aerzte de Baldinger. T. II, page S 6.
u ) Spigelde Hum. Corp. Fabricâ, page X7«
uf ) Andry Orthopédie , T. II, P. 3.
a?) Vvxile, de Gennitisibue.
j')Phililes, médecin épirotc f m*a dit avoir
été témoin de cette coutume à PSle de Chio.
•I
z) L'illustre de Asch m'apprend, dans uii<
lettre du mois de juillet 1788 , que les sages-
femmes de Constantlnople demandent à la mère
quelle for'iie il faut d<uiner à la tête de Penfant " ?
On préfère en Asie , la forme que fait prendre uo^fc^a
( 225 )
les anciens Sîgens a), et les Mactocépliales
du Pont-Euxin b ) ; elle appartient aux ha«
bitans de Samatra c), de Nicobar d)^ et
surtout aux différentes nations de T Amé-
rique, telles que les peuple^ du détroit de
Nootka e), lesSchactasy') , nations Indî-
' gènes de la Géorgie , les Waxsaws de la
Caroline g), les Caraïbes h) les Péru-'
viens /) et les nègres des Antilles &).
y - — - — ^ * \ .
|i" bandelette dont on entoure fortement la tête ,
parce qu'alors disent-ils , le turban se place mieux»
a) Strabon^ L. XI , pag. 3JS8»
i ) Hipp. de aërib. aq. et loc.
c) Marsdea yïllstory of Sumatra, pag« 38.
c?) Nie. fontana dans asiatick Researches «
**• III, pag. i5i.
«) Mcares's , Voyages, page 349.
jf. ) Aadair , page 384.
^)Lawson's , History ofCaroIina, page 33.
A) Oviedo , Histo. Gêner, de las Indias Rai-^
^Ond , Breton , Dictionnaire Caraïbe-français.
z) Torquemada , Monarchia Indiana, T. III.
ITIloa , Relacion del viage para medir algunos
^rados de Meriliano, T, II, pag. 533.
Je) Thibault de ChanTalon, Voyage à la M.arti*
tlî(iue,pag, 39,
/
f 2^^ ) l
U est sans doute bien étonnant qne de»
auteurs modernes aient osé irévoquer
en doute l) un usage général , pouré '
par l'aveu unanime d'une foule de témoins»
qui même a donné le nom à plusieurs peu-
ples de TAmérique septentrionale m) et
méridionale/*), et qui fut défendue, il ,
n'y a pas deux siècles , par le:, conseil d'Es-
pagne o). On possède les descriptions le^
/) Haller, Camper, Sabatîer.
m) Tète de boule et tête plate, Charlevoix».
Hisl. de la Nouvelle France, T. III, p. 1*7, 3a3.'
71) <c Le noDi d'Omuguas, ddos la langue dvt.
» Pérou 1 ainsi que celui de Cimbt-vas, que Icîur
y donnent les Portugais du Para dans la langue
j> du Brésil, signifie l'éfe-p'ate: en effet, ceaCpeUï»
» pies ont la bizarre coutume de presser entre
» deux planches la tète des enPans qui viennent de
» naître, et de leur procurer Télrange figure qui
» en résulte. > pour les faire mieux ressembler ^
« distnt-ils, à la pleine lune, la Condamine ».
» Mém. de l'Âcad. des Scienc de Parie» 1745 |
• pag. 42,7. *
o ) Fos. Sanz de Aguîro, Collectio maxima cou*
ciliorum omnium Hispani» etnovi orbis 9 T. VX^
pag. 1^04.
\ f ( ^^7 )
Iplas exactes des moyens p) queces satiTageâ
Ciployaient pour donnera la tête de leurs
fans,par une pression uniforme, la con-
figuration qu'ils desiraient. Les crânes de
ces sauvages et les dessins qu'on en a faitsij)
y répondent parfaitement.
Cette vérité reconnue il reste encore
éprouver si , comme on le disait dès le
temps d'Hippocrate , les formes du crâne,
ditenues par ces moyens, finissent , après
tne longue suite de générations, paréire
héréditaires et devenir une conformation
Wurelle,
Hippocrate,dans son excellent Traité deg
>îr8, des eaux et d«s lieux, parle en par-
ticulier des Macrocéphales ;■ nation voisine
du Pont Euxin. Selon lui aucun autre
t)6aple n'a la tête faite comme eux , cette
^o^
Histoire du III Synode du diocèse de Lima f
décret du 17 juillet i585.
I») Journal de Physique, d'Août, 1791 , p. 32.
*
y ) Mém. de TAcad. des Sciea. de Paris , 1740 ,
fab. l6i Fig. I*
X ii8 )
conformation particulière qui, dans Icjj
principe dépendait de leurs usages, devînt*
ensuite naturelle. Les Macrocépliales regar-
daient la longueur de la têtç , comme uiv
indice de courage ; d*après cette opiniom
ils pétrissaient la tête des enfans nouveau-
nés , et tâchaient , par difiPérens moyens,
de Talonger aux dépens desalargeur. Cetto
forme finit par devenir naturelle et il fut
inutile de rien faire pour la produire.
Le Vieillard de Cos cherche à rendre-
raison de ce phénomène, par son système
célèbre de la génération. Il diffère peu do
celui de Buffon et admet que le liquide gé-
nérateur procède de toutes les parties da<
corps , quMl en conserve les formes et qu'on
les retrouve dans les fétus. Cest par cette I
raison que les chauves engendrent des {
chauves , ceux qui ont les yeux bleus t des
enfans aux yeux bleus, et les Macrocé-
|)hales des Macrocéphales.
Les peuples du Pérou ?*) et les Génois j)
r) Cardan de varletatererum, T. III, p. i6i.
«) J. Caes.Scaliger, comment. iaTbeophrastttOft
de causis plantarum» page 287,
( 229 )
Cient à cet égard des rapports avec les -
crocéphales.
ii Je ne décide pas la question et je m'en
rte à ce que)*ai dit au paragraphe 3^.
S ^4.
niques Variétés nationales des dents
et leurs causes.
H Les Tariétés des dents se présentent na«
llement après celles du crâne.
Tavais observé dès 1 775 sur des frag-
lens et des tètes entières de momies
ptiennesf) une anomalie particulière
oes dents incisives. Leur couronne n'était
pBB taillée en biseau , mais épaisse et sem-^
blable imU cône tronqué.Les canines ne dif-
féraient des petites molaires, quant à leurg
maronnes, que par la situation. On a ob.
evyé cette conformation singulière dant
•
- ) Pecas çariorum prima 9 Tab. x.
/
Cïiîens , dont les dents incisives ressem^
bldieiit aux molaires; il attribue cette,
particularité à la viande crue dont se noar-
rissent ces sauvages d).:
J'ai dernièrement reçu de la terre
de Labrador deux crânes d'Esqui-
maux e) , dont les dents qui sont épaisses
verte par Schouten, en 1616, qu'alors elle était
absolument déserte , et n'a depuis été visitée
d^aucun Européen. L'île des chiens ^xlontWins^
low avait reçu un crâne est au contraire très—
fréquentée par les pêcheurs de Baleines.
d) u Lés dents incisives sont courtes; elles
• sont larges de devant en arrière, et plates aa
M lieu d'ètré tranchantes , et ressemblent plus à
fr des dents molaires qu'à des incisives.
M. Riecke ^ qui avait trouvé ce fcrâne , m*a dit
» que les habitans de cette île mangent de 1&
f> chair toute crue, Il-s font plusieurs môùvemens
» extraordinaires avec la mâchoire, et "beaucoup
^ de gri.iiaces en mâchant et en.avalant^ c'était
» principalement ce spectacle qui porta. >^..Rieckt
» k chercher quelques cadavres des. Insulaires i
M pour voir si leurs mâchoires, et. leurs deats
» avaient quelques conformations particulières. »»
Winelow,
' • # ) Decasr.Carmoriuii tertia 9 tab. 949 aS.
t aî3 )
M prodîgîensemeiit usées , téponclent|>att
Ikitetnent à celte observation. Les.£ski«
maux et les Groënlandais appartienneiA
en effet' à la même race, et leurs nom^
Tiennent également de l'usage qu'ilsfont
db la chair crue.
. Plusieurs auteurs f) assurent que leg
dents des ^CalmoL>cks sont plus longues
et plus espacées que chez les autres hom«
bes. Cette observation est prise de la re-
lation d'Yvon de Narbonne, de Tan 1243.
Elle ne convient nullement aux crân-es de|
Mongoles d'aujourd'hui, (|ui ornent ma
collection»
• kS
Les autres Variétés nationales des detit9
tiennent uniquement à la mode. C'est
ainsi que quelques Tribus de Nègres
bment g) leurs dents en forme dV
f) Burion, Erxleben, etc.
j[) Van Linschoteii , SchipTsett naerOôst, P.&
* .t»m. 60»
Von der Grôben« Guiaeische ReisebeschrebunK *
pag. 5i, 94.
Q
lèn^ h), que des peuplades de Malais eit
ruissent en grande partie l'émail, et même
j^' tracent des sillons A).
ff
Pai également observé que pluBÎeur»
Chinois et Javanais se liment avecla-pîerrjer
de touche le bord libre des dents incisives;
%tpfènnent grand soin de le rendre par-
lUîtemërit uni.
•» '■• . 1 ■
. : Birbot, dans ChurchilPs coUect of voy., T, V»
p. -139,. 145, 385.
ScHotte^, Philosoph. Transact. T. LXXIII, P. If
p. 92.
^ ^ ;'^ ):I1 est é^onnaat que de$ auteurs respectables
ipomme Romer et Niebiahrayeatpris cette confor*
inalioQ artiticielle pour un produit de la nature.
Eftèrféfnirg oiriKysttfn &uiaea, pag 2i.iPeustchea
Iilaàeum*i787, P. I, pag.-425.
- --»->• SW^t y Voyagea lanauvelle Guinéeiypag
Mapsden, des habitaus de Sumatra, p. 4^.
* ) Hawkesworth's, coUect. of roy^ T III, pag*
,•»...
■
Variétés nationales de quelc^ues autres
parties du corps.
Kous nous sommes occupés jusqù^à pré*
lent de la recherche des principales varié-
tés cju'offrent les diiFérens peuples, soit
pour la couleur de leur peau, de l'ours
dieveux ou de leurs yeux, soit pour ia
forme du visage ou des crânes.
■ Celles qui nous restent encore à exami-
ner sont moins importantes, et il suffît de
les parcourir rapidement.
En supposant même qu'on ne puisse
loettre également en évidence les causes
detoutesces variétés , aticuïie , néanmoins,
&enou6 paraîtra si étrange > ou tellement
àiiginatique , qu'elles ne de'^riennent plus
intelligibles, comparées aux phénomèfiies
analogues observés chez les animaux , dans
U Section précédente.
Q2
§ 66.
I
De V oreille.
Les antiquaires savent que plusieoi
idoles de l'ancienne Egypte, faites en ai
rain , en terre cuite , en pierre, en bois d
sycomore , ou peintes dans les saï'cophaget
ont les oreilles très- élevées. Un auteur l
a jugé à propos dernièrement, d'attribuc
cette particularité à l'ignorance de l'a:
tîsie ; le goût et le beau travail de la pli
partdeces idoles, et cette disposition wi
tout remarquable dans celles qui offrent!
visage indien m ) et qu'on retrouve aus
dans les portraits originaux des Indien
souvent de la plus grande exacti.tud<
m'empêchent d'adopter cet avis. Cette v
riété dans la position de l'oreille, n'est p
en général plus considérable que celle o
i) Recherches philosoph. sur les Egyptien
ff. I, pa^e 212.
m) Philosoph. Transact 1794. P. II 1 p. i
( ^37 >
terrée chez les animaux domestîqnes, t
particulièrement parmi les chevaux et les '
cochons, dont la situation de Toreilie varie
beaucoup : elle explique aussi pourquoi ,
dans les figures indiennes et égyptiennes,
l'ouverture des paupière^» se dirige de la
racine du nez vers Toreille. On sait en -
effet que sa hauteur dépend en grande^^
partie de cette situation de la tète, dans.,
laquelle Tocciput est élevé et le menton
déprimé.
Les écrits des auteurs anciens, et les mo-
numens antiques apprennent que Toreillo
des premiers Bataves avait une forme et
Une situation particulières n ).
Les Biscsuens ont, dît-on, les oreilles
dVne grandeur remarquable o).
Elles sont mobiles et éloignées de la tête
1 ^
•«I
a ) S met antiquît. Veomagenses , pag. 70»
Cannegieter de Britinburgo matribu» brittis
d) Voj. en Espagne de k Comt. d'Aunoy , T« 1 i
( 238 )
•
eH^z des nations sauvages. Plasieurs pen^
{^<}ë8 des Indes orientales et des îles de la
mer pacifique emploient divers moyens
ppur alonger prodigieusement le lobe de
roreiUe. Ce fut sans doute une coutume
aussi bizarre qui servit de fondement aujc
* fables des ariciens auteurs qui assurent
qu'il existe de^ peuples dont les oreilles
sont d'une grandeur monstrueuse.
^ § ^7-
Les mamelles.
«
Lefi ipameHes des femmes de quelque*
nations sauvages, surtout d'Afrique p) et
de plusieurs îles de la mer pacifique q )
sdnt,; d'après une foule de témoins, lon-
gues et pendantes; Il paraît cependant
qu'on a beaucoup e^i^agéré r),ou que cette
> 1 1 « I I >■ I ■ ■ ■ ■ ■ Il ■■ I I
p) r^rmin , Economie animale 5 T. I , p*g.. 117.
Kolt)0 y p^g. 474» en parlant des Hottentos.
ç ). Schauten , en parlant des habitans de TUo
4'fîorn* Dalrymplp collection. T. Ilf p-58é
r) Towrson, dans U CoUectiou de Voyagot
manière d'être n'est pas' commune à toutes
les femmes d'un même» peuple. On voit
«
en effet journellement dans les comptoirSr
des Européens des femmes des îlea ^exlsk
9ierd.uSud j), ainsi que des négresses. ^
4ont la gorgee&tdelaj)lus grande beaut^^
j^i^re^te cette ampleur d^ mamelle^, Vi^?.^
pa/si exclusive aux, natio;ps sauvages; .on,l^,
XMStçouve également en Euijopç; çn.X^
pbservée jadis chez les Irlandaises Q ; et^
■ '■ ' •• , I ...{i- if
de Hakluyt, T. II, pag. a6, dit, en parlant deîT
liègrep 4.11 fleuve de St.-Vincent : « P.\u$içTirj^
9 jfi^mmes ont des gorges si énormes .que, çheg
» quelqu,es->uqes elles pourraient s'^ppuyçi; suç^
j» la terre, et reposer auprès d'elles, v
Bruce ( Voy. aux Sources du Nil, T* 11^^
pâg. 546. ) assure qu'il est chez les Shangales de»
femmes dont les mamelles pendent jusqu'aus-
|;enoux.
s) Fors ter ^ Bemerkungen, etc. pag, 248.
f? ï).Lîtligow's, rare Adventures and paînsul pe-r
TÎgrinaLions , pag. 433.
« J'ai vu dans le nord de l'Irlande dçs femmes
j» aller en route et vaquer aux soins du ména^
(24©)
6n la voît aujourd'hui chez les Morla*»*
dues u). •
* Ce phèi^omène dépend surtout de ce qu0
les mères portent continuellement sur 1^
dos, leurs enfans pendant qu'elles allaitent
«t que la' durée de rallaitément s'étend à
'^iltteietirs années ; on a' même dit que lea
fferames de plusieurs peuples s'efiEbroaient'
d'alonçer leurs mamelles , donc elles regar-
dai^At la longueur çomEpie un beauté u; y
^>*— H . ■ t J i f * | l " ■ * M ■ J ^ ■ t l ' I ' f I I ■ t il ■ ' ■' I I .
» arec leurs enfans pendus au cou , et donner pai^
» àêtr'ihré l^paulé,la mimelleàleur nourrisson ;
»i afin qu'il pût l^ter derrière le dos sans qu^elleai
9» le prissent sur leurs braa; Ces gorges mH>nt
H semblé très-propres à faire des bourses pouir
% serrer l'argent dea négocians des deux Indes,
n car elles avaient plus d^une deepi-verge dç long ,;
« et étaient aussi bien préparées qu'aucun tanneur
» n'appfèta jama'^s le ci^ir pouf* un. semb^ablQ
n usage. »
V ) i^oriis ; Voyage ep S^lmatie , C« X»
page 8i. ^
w] I^as l^abltstus 4e.rA£ri(]uc oçqideptalç entft
( 44' )
Lés mamelles volumineases ont distîn-
gué quelques nations : Ju vénal s'exprîm©
tinai en parlant des Egyptiens :
Ji In Meroë crasso majorem infantA
papillam »
Cette ampleur n'était point en Egyptçç
exclusive aux femmeç,les liomme§ la parta-
. . ■ -» • , - '
geaient x).
Les Portugaises ont la gorge très am-
pley), les Espagnoles , au contraire, en
ont fort peu, parceqae, danç le siècle
ip»**""»i"*»«
Iç cap Blanc et U Sénégal. ïl. Cadampsto in Ra-^
musii Collectione , T. I , p. m. pag. loo.
<« li' Amiral ^ PAfrique et le ■ peuple Africain.
99 Paris 5 î78^ , pag. 46. — * Au Sénégal , les jeunes,-
» filles font leurs efforts pour faire tomber leur .
^ gorge, afin qu'on les croye femmes, et qu'on
i> les en respecte davantage, j»
se ) Aipinua , Histo. Natu. iEgyti ,T. I , p^ 14.
^) Abildgaard me Passura dernièrement en
revenant de Porta gaU
Serniar, elles s'opposaient à son accmls''
«em^nt et s^étudiaient à la comprimer z ).
Il est . ce^rtain que l'on peut jFayoTiser
Taccroissement des mamelles; on voit à
Ziondres, chez de très-jeunes filles qui
vaguent pendant la nuit dans les rues de
cette grande cité , un exemple remarq^ua-
ble de l'influence de la jouissance précoce
des plaisirs die Vénus sur le volume de la
«orge.
S 68.
Zes parties génitales.
On croît généralement que le membre
viril est noir clfez les Nègres. Celui que
je conserve dans mon cabinet anatomique
répond parfait ehient à cette opinion ; mais
je ne sais si cette particularité est cons-
tante à) ou lui est exclusive. Les femmes
r) Comtei&e d^Atinoy , T. II » pag. 128»
a ) Fauât assure la même chose des Ecossais
teptentrionaux qui ne portent pa^ide çulotU^
jirclentes préfèrent dit-on les caresses des
Nègres b) ; les Européens à leur tour d^i^si^
rent davantage les femmes de couleur c\ d)i
J'ignore les causes de cette pcéférQBçeî
elles peuvent être nombreuses. . ,
Ces femmes ressembleraient-elles à celles
de quelques peuplades Mongous e) et
Américaines/*) qui conservent, dit -on, Té*
troitesse des parties sexuelles même après
îa maternité ?
Oh
( Wie der Geschlechtstrieb der M^oschcn in
Ûrdnung zu briiigen> pag. 52.
J*ai appris que cette assertion était hasardée i
Mediciniscbs Biblioteb. T. III,pag. 4i3»
"è ) Saar , Ostiadische Krîegsdienste ^ p» m. ^5J
c ) Cbanvalon , Voy • k la Martinique , pag, 6l*
d ) Werkenran, W. V. Focquenbroch, T. II;
pag, 421.
e ) George , Beschreibung, aller Nationeu de^
russichen Reichs ) par, II, pag. aoo.
/) VespucQ Littera a Loren^o de Medici^ pag*
lie.
RioUan Antbropographia » pag. 3o6:,
t *44 ï
^ 5teller attribue une conformation opposé*
tXÈX femmes Kamtschadales g). '
On assure que plusieurs d'entre elîea
©nt les nymphes pendantes et alongées 5-
celles des Hottentotes ressemblent, dit-
qii , à des appendices dactiliforines fe). H
paraît que cette conformation tient à uu
alongement artificiel i) des grandes^ lè^
vreij kj , coutume qui a sans doute donné
lieu aux fables débitées sur une prétendue^
"■■Il H I ■ ■ I» > , I »ii ■ ■ Il I ■ •mf^'^^'^y
■ f
;• 'i •
g) Beschreibung vonKamtschakta, pag, agç.
h ) W. ten Rhyne d# profppmorio bonaa. spei j'
pag, 33o*
*" . . . »»
») Hawkesworth's collect-T^IIX, pag^ 385^, .
t f
Je dois à Tillustre Banks, différent dessina de&
parties sexuelles» faits d'après nature, au cap d^
Bonne Espérance. Dans l'un , la grande lèvre %
été alongée au point d*avoir 6 pouce» et demî
mesure du Rhin*
Je) Lé Vaillant , Voy, dans l'intérieur d*.
Y
.r
C ^45 )
pea.n qni pendait de Fabdomen Z ), et devait
^^lon des auteurs crédules^ couvrir lespar^
"^^es sexuelles m\
S ^^^
Les extrémités inférieures.
Les membres inférieurs oflErent chez quel«>
qties nations des variétés pour la forme et
les proportions.
Les Indiens ont les Jambes très-lon-
gues n ) , les Mongoles fort courtes o ) , et
^i^«i
/) Voyez les dessins de Léguât, Voyage» et
▲Tentures^ T. Il, plan. i3.
m ) Voltaire se sert de ce prétendu tablier pour
prouver que les Hottentos sont une espèce diffé-
r-ente des Européens ; lettres d'Amabed.
n) De la BoulIaye-le-6ouz, Voyages et Obser-
vations, pag. i53.
Kant, Philosopb fur die VVelt, T. II , pag.
I55.
o) Yvon de Narbone f dans Matthati Histo<i^
i^ajor^ pag, S3o,
j
( M^ )
lès cfbi^s&s des Irlandaises sont , dît-ôn j
teèstgresses p , *).
Les habitans de la nouvelle Zélande ont
«
les jambes si voluimneases qu'elles parais*
sent œdémaiiées q). '
On prétend que nos antipodes ont les
jiambes difformes et contournées, et que
ce défaut tient à la manière dont il» ont cou*
tume de s'asseoir r).
Les jambes torses* sont très- communes.
cliez le?s Kalmoucks : cela dépend de la
forme du berceau des enfans et de Véqui-
. p ) Twiss. Tour in Irland, page Sj.
*) Vaillant dit , dans son second Voy en iLfri-
que, que chez les Houswanas l'^s femuies ont les
fesses si proéminentes quViles tremblent pen-
dant la marche j et pourriM.-iir servir d'appui aux
pieds des enfans. ( Note du T/^d. )
y) Monneron , ouvrage de la Borde, Hist: de
la raer du Siid, T. II , page 97.
r) Forster's, Voy. autour du Globe, T. II, p. 480^
r ^47 )
tation , à laquelle on les habitue dès lé pre!«
«nier âge^).
Les insulaires de la terre de Feuf),
)tppelés Pescherais par Bougainville u)t
ont les pieds extrêmement diiFormes.
Cest surtout en Afrique que les diffor»
mités des jambes et des pieds deviennent
3iationales chez plusieurs peuples. Xes
anciens avaient fait cette observation par-
ticulièrement sur les Egyptiens #1;), le»
Hthiopiens a? ) , et les esclaves nègres y);
Il faut aujourd'hui distinguer chez ces
derniers , trois espèces de dififbrmités des
extrémités inférieures. La courbure de»
• ) Pallas tiber die lloagolisçhen Volkerschaf*
*eii j T. I , p. 98.
<) ïorster's Bemerkungen , page 325.
u) Voy. autour -du monde, page 147;
«a») Aristoteles Problemat , 5>, 1*4, page 43r;
^^^ Casanboni.
a;.) Virgillii moretum^ vers 35-^ s^.
) Pctronii satyricon, c* i03.
jambes z) ( vulsç. jambe cambrée ) , ieur
grosseur difforme à) , et enfin les gerçurep
et les fissures b)*
nfaut en grande partie attribuer la
courbure des jambes à la position des eii-
fans , qui , fixés pendant rallaitemfent sur
le dos de leurs mères , s'y appuient forte-
ment avec les genoux c). La plupart de;
afci— Ih—i— — — — w— — — WMi^»— *— — — ■ ■■■«Ml I II lahi iwa0-m.,^mmmim
z ) Soeirimerring ûber die korperliche Verschîe^,
denheit des Kegers , page 40*
Chanvalon . Voy. a la Martinique , p. 58, —
«Cette forme des jambes courbées est assez com-^
» mune aussi parmi les Américnns, mais elle est
» quelquefois moins sensible que parmi les Nè-^
• grès. »
« ) Alb. ÏJlirer von menschlicher Froportion#
fol. T, m eJ. i5a8.
Ramsay. Traitement et conservation des escla-^
ves africains, page 217*
• è ) On m'apporta en janvier 1789 5 là jambe
droite d'un Nègre mort ia veille à Casselj T^i-
derme de la plante des pieds éUit extrêmement
épaisse, gercée et lamellcuse.
û) Chanyalon. h ç*
autres
^U'tres difformités sont dues à des causes
mc^rbifiques d).
H est probable que Vépaîsseur démesth»
tée des pieds , quand elle ne lient pas à un
état pathologique, provient d'un travail
violent et continu.
Les fissures qui se font , surtout à Vépî-
derme calleux de îâ plante du pied des Nô* '
grès, Iflf^pendent évidemment du maroheff
«ur ua sol brûlant et sablonneux e }•
S 7^-
Les pieds et les metin^i
Des observateurs attentifs ont remar-
qué des peuples dont les pieds et les
mains étaient infiniment petits. Les In-
d) Allamand in novis Act. Acad. nat. curios.^
T. IV , page 89.
e ) Hier. Mercurialiô de Décorât, p. ïo3»
&
( 250^ )
3îpnsy), les Chinois g), les Kam
dais h) , Les Eskimaux i :■ , les Péruviens
les Hotientots /) , les habitans de la i
^elle Hollande m ) sont dans ce cas.
Le petitesse du pied peut être un •
deVart, comme on le voit chez les '
1 •
f) Hpgde travelb in In Jia, page 3.
- » On a observé sur les armes des Indous, c
' i> apporta fréquemment en Angleterre, que la
>i gnée des sabres est trop petite pour beau
» de mains européennes. »
^ ) De la Barbinais. Voj. autour du mo
T. II , page 6a«
- Dàmpier, suite du royage autour du mo
page lOGu. ,
. h > Steller. L c.
i ) V. post. H. Ëllis , Dar* Cranz , etc. , cL
'^es in philosop. transact., T. LX » page 109 <
Curtis ibid. T. LXlV, p. 383.
* ) D'Olloa Nachrichten , T. II ^ page 98.
l) Watkin Tench's , Account of the Settlei
Éof Port Jackson , page 179.
m) Spartman, page J7A.
r ■
-i.
( 25' )
noises, mais il est ^aisembUble quelle
dépend souvent aussi de la mauvaise ma«»
nîèjre de vivre ;t ) et de se nourrir o )•
§ 7'.
Variétés nationales de la stature.
'^ Nous avons vu tout ce qui aparudign^
(
f
n) (t XJa Sauvage d'Amérique a la main etlt
» poignet petit, par la même raison qu^un marin
^ ^ les épaules larges et les bras musculeux, un
^ portier les jambes et les cuisses, n
Jefferson dans Morse's Américain. TTniv.Geog-
^^ I) pag. 87.
Od observe aussi qu'un exercice continuel rend
'^jambes des danseurs et les bras des boulangers
•| V^s-musculeuz. ( Noie du Trad, )
0) Tencb. L c. de l'Observa, du gouverneur du
Cap: — .,« £e colonel Gordon m*a dit que c'était
^'^Q signe d'indigence. Il citait pour preuve le
^ fiottentot et le Caffre: le premier est mi5éral;lef
Ses mains et ses pieds sont petits , le CsCre , soa
Voisin » vit dans Tabon^iance , et ces partitS
- 60at chez lui très-'grandes. n
Ra
.( 1B2 )
de remarque dans la forme et les prt)pi
tions relatives des différentes parties <
corps humain; je vais traiter briéveme
des variétés' de stature. Aucune rechi
die anthropolo-jique n'a donné lieu à ta
de fables , à des relations aussi exagéré
'Aujourd'hui qu'elles sont en grande par
réfutées et réduites à leur juste valeur 3
devient inutile de s'appesantir sur <
objet.
Les anciens Pygmées d'Afrique ne s(
plus que le symbole des graduatio n du
lomètre *).
L^s os énormes déterrés en dîfFérens t
droits, et qui devaient aVoir apparteui
^ ) Les Grues étaient , selon les anciens » ei
inieB déclarées de ce peuple et eu faisaient uû gi
' massacre :
Èute par clange Geranbn oufanof ht pro 9
jiit ^epei oun chetmona phugon ,eai atesphi
onihron ,
Clange taige pelontmi ep^ bceanoio roaf t^\
*ttltndras>i ^jgmaioisi phonon , cai kera phcroui
Homère » Illiade , L. III. ( Noie du T^d. \
( 153 >
Tjè Ta ce cle géans, sont anjonrd'litiî rett*
us à des animaux sauvages p).
Tout ce qui nous reste des anciens pout
ous éclairer sur leur Mature , les momies^
les armures 9 les ossemens et partiruliè-
**eihent les dénis , trouvés datis les sépul-
cres et les urnes <les temps les plus reca-
lés q ), tous s'accordent à prouver que la
stature de Thomuie a toujours été la même,
Sansdouteil existedes variétés nationa-
les de stature; en Europe les Danois , le»
)
p) Il est étonnant q.ie Buffon (T. X. sup, ) at-»
tribue à des géans les os des animaux exhumés ea
ditférens temps. J'ai vu, à Lucerne, ceux quoa
y dcttrra en 1577, et >e les ai reconnus au pro-^^
l&ier aspect pour clés os d'éléphant. Félix FlaLer.-
iQidecin célcbrr et de plus bon anatomibte , crut;
tu contraire quMs appartenaient à un ^éant de 17,
pieds de haut, tant les préjugés peuvent égarer
les meilleurs esprits !
f) Je dois à Bozenhard, consul général de Tera^
pereur chez les Danois , le crâne et les os d'ua
vieillard qui furent trouvés dans un tombeau cim-
l^rede ^antiquité la plus reculé». Ils réjpondent i
b stature ordinaire,.
Suédois et les habit an s de quelques caifton
Se PHelvétie 1 ont plus avantageuse, et
Lapons plus petite. Dans le Nouveau-Mon-
de les Abiponcns sont au-dessus, et les Eski-
maux au-dessous de la taille moyenne. £r
général il n'existe aujourd'liui , sons 1
rapport de la stature , aucune variété na
tiûuale doat on ne puisse aisément rendr
compte par des modes ordinaires de dég
nération ou par des phénomènes analoga^^
observés chez les autres mammaux.
On connaît néanmoins deux vajriétés qu. "a»
înéritent des articles séparés : on a cru ^
jusqu'à cesderniers temps, que l'une d^elle^fl
difFérait prodigieusement par sa grandeur!" »
et. l'autre par sa petitesse, de la statur*
ordinaire. Jjts ^éans sont les Fatagons , hsK>«
gitans de l'Amérique méridionale . et 1^^^
Bains les Quimos , qu'on croit être
montagnards de Madagascar.
72.
Zes Fatagons^
A l'extrémité du continent de l'Am^
iigvLe aâstrale^ vers le Sud-£st^ hftfoic:-^
C ilt )
Ittn peuple qtie reccyn[n»t Tëi^tfCpage de Maj^
gellane. Il lui donna le nom composé do*
Patajçon , parce quMl les croyait de la m^me
race que leurs voisins les Choiîis , et qu^ila
avaient les pieds enveloppes de peau de
Cuanac ce qui les faisait paraîirè veliia'
et . semblables-^ ce^ix-des Pato^ , maïs ilot -
se nommaient vraiment 1 ebeulete,
Antoine Pigaffetta, l'un des compagnons
de Magellan , a le ptAnier parlé des f^alk-
gons et a; rapporté (^U^âls étaient* un^. foi 8
plusgr^nclsr) que les Européens: penflantL
deux siècles et demi après cette époque^^
les relations des voyages Ters cette plage
du Nouveau:^ Metnde se contredirent teïlte-
ment au sujet de ce peuple, qu'elles ne
p.euvent qu'exciter ulie juste défiance;
clle^ offretft tiite preuve dti peu dfe £bi
qu'oh doit ajouter 'au récit dès voya*
geurs <f ). Je me bornerai aux faits dont
,r ) Yiaggio atorao il manio. Ramus , T. I , pag;
353.
: ' • I • . I
- ♦ 1 ■•
• ■
« ' • I < •
• ) Buffon Hist. natu. , T. JII , et 1%.', T, V#
Hiie saln^ critiqué a prouvé Ist vraîsetoK'^
blànoe. .
Il existe une race dont la stature , sans
être gigantesque , est plus avantageuse et.,
plus athlétique que cel^e : d.es autres t)
« <
■ . ".Il' '
De Bro«£ès,'fiisr. des'Navigl aux terres austra-*
les, T. I.
i
• • T
Pauw'., Recherches snx Les Américains , T. L *
^^oyage dt^CQininodarrBirôa autc^ur du moade#
Histoire d'Amérique de'Rober^sdri, y. I«
ïorstçr Bemerkuogeii.
Coiii. Qarli Rabbi Lettere aiméitaue^ T. I#
« •
' Pennaii't oHhe PatagcÀinians.
Relation deultifno yisigge alç^trpçho de Magal-^,
lapes. I785,,786. . : r, i
Zimmermann • Geographische .^Grççchichtc dek'
Meunschen, T. I«
3^ ) C!e$t ainsi que les témoins les.plus véridique»
tmt décrit les Fatagons, et tels étaient ceux qu&
vinrent en Espagne à la fin du seizième siècle t 1^
finis 9u'ûa4Kt TUS en Aurope.
i- . i • . . » v
( »<7 )
iiomnies. Les relations que nous en avons
fiom si ambiguës et si différentes , qu'il est
impossible rie déterminer exactement sa
grandeur. Cependant , d'après des témoin»
dignes de foi, elle nVxcède pas six pieds
et demi, mesure anglaise; cette taille nous
paraîtra moins étonnante si noi^s taisons
attention que tous les Américains sont
très-grands, surtout ceux du Sud, et qu'il
^st vraisemblable que ces peuples, comme
les anciens Germains, au rapport de Tacite|p
ne contractent d'alliance avec aucune na-
tion, et conservent par-là, leurs caractères
xiutionaux dans toute leur pureté*
Les Patagons sont Nomades , comme les
habitans de la Terre de- Feu et les autres
peuplades de l'Amérique méridionale. Il
^^est donc pas étonnant que les Européens,
qui abordèrent à des époques différentes
Bar les mêmes points de ce pays / n'y aient
Van Lînsckoten, qui les vit k Sëville, dît, en
parlant d'eux: — c Waren wel gestatuert ends
ffcof Tsn leden » > stc *
t ^y J
jpas toujours rencontré la même racô
d^hommes.
On reconnaît aussi facilement l'origine
des fables, débitées sur la taille des Pa^
tagons.
Il existait une vieille tradition que la
terre avait nourri autrefois des géans ; les'
voyageurs sont avides de prodiges : il n'est
pas étonnant qu'ils crussent trouver ceux
qu'ils connaissaient déjà , en voyant dans
e Nouveau- Monde un peuple vigoureux et
d'une haute stature, dès tombeaux ki)
très- grands et des cissemeris^) d'une 16x1-
gueur prodigieuse.
»).Bra'»rtf^avels, pige 5o. ; . ...
« M. Wool qui -a fait tiriè >arte exacte du a?J
* t»oit de Magellan, mV dit qu^il avait trouy^»
» dans la partjç inérrdionale de l'Amérique , divera
9 tombeaux «Je près de quatre verges de long. £a
» les ouvrant, il vit qu^ils «contenaient un hoinoyiu
» et une femme dont les pieds se répondaient.
w ) Ils placent près du sépulcre de leurs pères
les ornement de leurs coursiers.' V. Falkaer m^
Bescbreibung von Patagoaien, p. m. 1491,
— I
( 25P î
• Le Conseil d'Espagne ponvaît espère*
carter les Européens du Magellan par dd
semblables exagérations a-) ; et ceux-dî,
ssoît vanité ou terreur , ne firent que deft
^*eIation8 mensongères; c'est ainsi qn^dans
3e siècle dernier , l'auteur du Voyage de
3Lc^gewin assure que les insulaires de Vile
^e Fâque , située dans la mer pacifique^
C'est une coutume irès-ancienne et particuUèro
A plusieurs nations , d'enterrer les chevaux aveo
Ses guerriers* (]ette habitude a souront fait pren-«
^e des os de cheval pour des os de géant.
C'est ainsi qu'on a découvert en Sibérie des OS'^
«emens de chevaux dans des sépulcres très*an-«
ciens. Omelin Reisen , T. III , page 3i3.
On a même trouvé , vers le milieu du siècle ,'
dans les sarcophages des chevaliers chrétiens 9
placés dans des caveaux funéraires ^ outre Iturs
squelettes et leurs armes , les ossemens de leur»
èoursiers. V. Dorville, Sicula» page 148.
ar ) Jo. Winter , hakluyl's coUect. T. 1 1 li
Voyage de Narbourough au détroit de Magellan^
p. M. 90*
I
( 2^0 )
étaient des géans de douze pieds d#
73-
Tes Quimos^
Etienne Flacoiirt , dès le siècle dernier^
remaniait comme une fable cette ancienn»
tra<litioii , qui donnait pour habitans aux
montagnes de riutérieur de Madagascar
une nation de nains très-belliqueux dont
les invasions subites inquiétaient souvent
les autresinsulaîres. On appelait ces petits
hommes des Qui mos ou Kimos.
■ Cette histoire a trouvé de nos jours de»
défenseurs flans le gouverneur Modale et
le célèbre botaniste Cnmmer.^on. Mais si
Ton réduit leurs récits aux faits sur les-
j^ ) V. -vnon, t'veejaarige Reya rond om dm
tverelcJ Dordr. 1728, 4.
Behrensius , son compagnon de voyage , fut
beaucoup plus exact et plus vrai ( Reise dunh
die Su I-Lander und uui die "Wel^. îrancofj 1737
8, page 87).
• •
( 2tfr )
nels its s*accordent , et â ceux <\ni n4i
ont pas contradictoires , il en résulte qti©
odave avait acheté une esclave très-
etîte, qu'on lui avait vendue pour çtre
^e la race des Quimos; qu'elle était pâle,
^vait les mamelles déprimées et que ses
bras allaient presqu'à ses genoux. Le ba-
ron de Clagny , qui voyagea pendant six
mois dans le même navire qu'elle, démon-
tra que son nabotisme venait d'une confor-
mation vicieuse, d'une constitution malsH
dive quecette femme était Macrocéplialo
•t stupide , qu'elle ne formait que des sons
confus , etc. Je suis donc convaincu , quo
sa maladie tenait au crétînisme, et cela
d'autant plus que tous ces symptômes s*y
retrouvent , et qu'on a particulièrement
observé la longueur des bras sur les crétins
de Salzbourg.
Sonnerat s'efforce de prouver qu'on doit
rapporter cette histoire aux Zaphéracqué-
musses. Ces chefs des anciens habitans de
la province Manate de Madagascar prétcn-
flent tirer leur origine d'un nam, ^^ ..
nom est conforme à cette opinion z).
S 74-
. Cause de la stature nationale^
Il n'existe aucun peuple eniîèrement
composé de nains ou de géans. Les variétés
nationales de lastature humaine paraissent
(S 71 ) renfermées dans des bornes beau-
coup plus étroites que celles assignées aux
animiux domestiques ( § 29 ) , et s'expli-
quent facilement parties caubes ordinaire^
de dégénératiun.
Le climat (S 34) '.l'exemple des Lapons
et des Hongrois démontré suffisamment
z) Pallds semble croire que les Quimos dirent
leur origine d'uoe génénition métive. 11 dit, en
parUut des Nègres ( Oiis. sur la form. des mon-
tag. page 14), «Il nVst point necessûre Je re-
» courir ici à une Trêfialliance de 1 espèce buiuaine,
» comme il semble qu\n est arrivé une pour pro-
» duire les rao rugnarJs Congimaues ou yuîmos
9 de Madagaocar. »
( ^«3 )
son Action : ces deux colonie* du itièrÂ0
P-^uple placées sous un ciel différent , ont
px'is une stature diflérente.
La nourriture (§ 3"^) : La physiologie
pirouve son influence sur la stature ;c'ese
à des alimensplusabondans que les chefs
des O-taïtiens doivent Télévation plus con-^
8idérable de leur taille a ). La stature de
plusieurs nations sauvages a sensiblement
^ininué depuis qu'elles abusent des U-
^vieurs alkoolisées b).
L'époque delà puberté : elle varie che»
^^s différens peuples et influe beaucoup
sur la stature nationale, La continence fa^
Vorise raccroissement de ceux qui restent
long-temps î mpubères , coraniorle remarqua
César sur les anciens Germains. Des jouis.
fiances prématurées s'opposent au contraire
*
a ) Forstcr , Bemerkungen , p. m. %Z6*
i ) Sur jes Sauvages de la !l^aie d^Hudsoui V»
H. Ellis Reise nach Hudson*s Meerbusen , page
aoi, Uinfreville ùber den gegenw&rtigea Zustani
der Budsonsbaj, pag. 21.
4
( **4 )
aux développeraens de ceux dont la pu-
îjerté est précoce. Cette observation a été
faite dans tous les pays par les plushabileiS
observateurs c).
Tant que les nations; ne se mélangent
pas , elles conservent généralement la
même stature; mais elle s'altère sensible-
ment au contraire par des alliances aveo
• des peuples de tailles différentes d).
On ne peut douter de l'influence dea
auteurs d'une race sur la vStature de leurs
descendans ; il existe des familiers entières
remarquable par la grandeur oula petitesses
de leur taille. \
c ) Voyage de Coock dans Théinisphère Sept. m
T. III.
le mêinç, dans Hawkesworch's collect., T. Hj^
p. m. 187.
Mardsen , en parlant de& habitans de Sumatra ^
jag.4U
à") Mauperluis, Vénus physique, p- i3i»
§75-
»
§ 75.
Variétés fabuleuses du genre humain^
• Depuis Hérotloie , nos géographes ont
uisé dans des sources diverses et sur-
ont dans les écrits d'Aristée , dç Ctésias
Lq Mëgasthene /le récitd*uiie multitude
Le formes monstrueuses, attribuées à dif*
:'é rentes nations Ce aoiit des Arîmuspes^
lui n'ont qu'un œil, des Cynamolguesà
tête de chien, des iVIonoreIi> , qui *. on^
lu'une jambe, des sauvages du Mont-
[inans f qui ont la pointe du pied en ar«
"îère, etc. • . el.
•
Ce n'est pas ici qu'il co« vient de s'arré-
^rsiir cesujet ; cependauii une semblable
'©cherche offre ,à-)a-fois de l'intérêt et da.
utilité , eu faisant voir Torigine de ces
^bles. Dans l'anthropologie t^Jmme'dampr
outes les branches, de Thistoire naturelle/
1 n'est presqu'aucun fait , quel qu'absur dtr
lu^il paraisse , qui n'ait pour base une vé-
^ ) Jo. Alb. Fabrîcîi Dissert. d« boioi. orb^|
^stri incoi, etc. Hamb* 1731, 4.
s
rîté dénaturée par l'hyperbole ou par une
fausse inierpretationy').
Parmi celle multitufle de nations xQons^ -
. ft-ueuses , je ue parlerai que des peuples àiM
•^ieue,.dont tant d^auteurs , de siècles dîi*-'—
fétens, ont attesté tour-â-tour Texis-^
tence g);
- < s t''-
(
Xe^ hommes à queue.
' Pline , après lui Ptolomée et Pàusûnîar -
firent mention de peuples de l'Inde , qu ^
avaient des queues. Ce fait fut confirmé a
èiècle dernier par le géographe de la ï^u—
hie, Marc Paul, Vénitien , et . que
4M
f ) C'est aîpsi que dans les Comment a tîoiW
Soci. B.eg. Scient. Gottingensis. T. I » pz^
39/— Hejne a ratiiené a la vérité l'histoire fabu-
leuse des Flerinaphro^iites de la Floride.
. ^ ) Le dernier preneur des hommes à queues^
fut Monboddo, dans deux ouvr.ag^5 : of the Or-igia
• • • ■
ad prb gress oF language , T. 1 9 et âtnticnL Metar
phitics f. T. IJI. pag. 25o. . ,
911 es antres. Dans des temps- plu3 rapffro^
cl&és un grand nombre d*auteurs ont at^
tribué, les uns d'après les autres, des.
Queues à difi'érens insulaires de TArchif
pél indien /i ) , et aux habitans de quel;
•9.ués provinces de la Russie/) kj.
m , m
t
On s'aperçoit , dès qu'ôay fait attention j
que ces assertions sont d^un faible poids.
La plupart des auteurs ne rappDrtertt^ ce
ftiit que sur des oui-difd.
Ceux qui se prétendent tétnoins obu«
IcLiressont reconnus pour mériter une bien
légère confiance / ).
fi
I-
*
A) Harvpj, deOcneratione AniuialiuiD,|)dg. iô«
i) Rjrtschkov7 ^ Oieaburgische Topographie f
T* il, pag. 34. . j
* ) V. c îhs terra del fuego. V. Tab. géographe
^piid Alon. lydvaglie relasibne del â.egao di cilf
HciFiii. 1646. fol.
/) En psrlaht des batitâna de !^Icobàr Beelcrih*
tiiog omen Reaa genom Asla ^ Africa i etc. af N«
Mathas.Kôping (Skeps-Lieut.) p. m i3i.QuoJ^
^ue cft ouvrage soit ua tissu des fablts les p.l4is
•biurdeSf Linné le regarde comme digne de la pluf
|raads coaiiaacs dtas sts lettres à Moubodio*
-;IfCsa relations. varient à ce sujet J*uiie nm*»
tlière qui les rend Suspect es m ).
•^ Lea Voyageurs les plus exacts , les plua
\éridiques, qui ont parcouru ces contrcJesT.
ail' gardent lin silence profond sur cetlë
monstruosité, ou bien, forts du témoî
gn9t,g^ des indigènes, assuréiit ^ne -e^es
Ui^e pure fiction ;i): '
^ D'autres eni^ii i^iippo^tent Vorig^ine et
cette opinion err<>?^^«
. ;'ïf^* .u,tMi,r à : lin appendice des vêt^
D'autres ^ à la queue des singes anhtr ^
pOTirorphes p). '
<r
* Dav.Tjappè,i5jSbrîge oslindicheReisebescbrr^
bung , page 49 Tassure des peuplés de Sumatra.*
,'* . . '. ... . > ■' ■
1 ^" ) Il V A eu trois témoins , çoi-disantocula
tés , qui parlent d^hommes à qùeuç dans IS le <
ÏJprmosLe Jo.Su^ysçe^ J. ÛU, Helî^ig et El. H,esS'
. n) L^,Qe;n,tiJ., Yc^y. w. la iwr de Vlnd*
, le. .Htpag.^îw
^ o ) Tic. Pontana', Rerchercbès asiatiques, T. Il
t»ag.x5 t. "
1 ... * f 1 • •
p ) Cest ainsi qu'on a rapporté à un bomna-*^
-* K.
• «
SI n^exÎBte pa$ même art exempte 3^ TA»/
lion à queue, qui ait ^ po4ift'chWto4«^*èl*«ff
la ires des hommes qui méritassent d*êtro
cr^as, pas même une- seule fimille signalée
p^r cette étrange anomalie, tandis que.
tout- loiiiotido sait que ]plasîéuts ôiîrênt
cTes monstru'èîiitvs Û'^^fin atiVfé genre héré-
ditaires et constantes, telles qu'un sixième
^igt, ^c..-. •
1- ■■* .»'■• : ' 1 • ••
I 'il. » \ » • t '. * I
• • On sent qu'il n'^estpas Ici pVtte^jivesVioif *
^3b cesr individus qu'on a quekjuefotVvns ,>
altidmo tn Euroj^e , et cl ont le cdxîà portail?
1 •> I
queue la dessin d'un sln^^^. Chaque auteur le çhan«
gcaît un peu , et il lînit par devenir .presque
èeinblable k celui d'un homme*
r •
• !•■•». . ..!■*.
. Martini».' dans sa Traduction dea Œùxr^ d%
fiuflbn . prit son dessin daqs tes Aménités^de Liivt
née , celji -ci le devart à AldrovanJ qui Ta^voît
pris a Gesner. Ce dernier avoue l'avoir tiré d'uno
ééicW^bH aHeAiKïiaé' ée'ltk IVtre Sainfe^ il n'en
ntimto -f I» ii^axïtesucr viJ^sr<Berflâ«d B/eytfèiibn<il/y
fuii dessin éttiî^ ars^i^,:SQigQp<3raiinge Avait anic
qi^a.t^fl.qijaias de véfildJl^^,,p|;)i^c^s,,€t o^. ea ,£{
feu à peu yn animal bimane.
t|[pr« excroissance* monstrueusl», que d^ai\e
IDulUlnde d'^i^tres ii\onstr^s de na3|siai|çe;
§77-. • •
I
■ ■ ■*.■'• ■ \
. yariétQs nationales ^ produites par des
fractions-, morbîjiques.
Taî fait observer ( j8) que les cUsjKV
Citions morbifiqaes des animaux influent
^rtieulièrement sur leur coloration'»
et qu^en se propageant pendant uneloiw
gUQ8uiiede'généralion,s, eUes deviennent
pour ainsi dire naturelles et donuient
• ■ •
naissance , dans quelques espèces d*ani«
inaux , à des variétés constantes J'ai rap^
porté l'exemple très-connu de la varier^
blanche du lapin et de la souris , dont la
^ùlenr rose des pupilles et la blançlieui^
au poil sont dues a la leqcœtUiopie^
Cette afFectipn , obseryée quelquefois
ebez les }\aiinmes,^t plus sparadique ; on
«le la trouve nulle part aussi fréquemment
ft abssr constanànént que chet^ les anin^tusù^
a 1
( 2^73 )
In'icmf Al rélirtîs, qut je n'ai jamais vu les
youjc avoir cette teinie particnltèrc , saiis
que les cheveu ic et les poils rie fussent
d'vn bJaniiupluà ou moins gpris. Des obser-
vateurs tiTôp'attentifs atix autres phéno-
Tinèneçdoiit nt>iis avons "parlé /ii^bïit pas
fwis gnfld à cette roùg:eilr des' pupille^;
CCS yéttx'sôuffrerit tlifficilémciit la lumière,
©t 1^ paupières sont le plus souvent rap-
prochées.
• '1 II I . j • . . . .
,1^9^ Icupqpt^^^opie est toujours do xiaiik
4MncefSt,^Çf£^ contracte jamais»
TodJ<*dtfcitffc!n'ràWe*) , il eitsan^ exemple
^He Ut Wrtiîs woîrâtre dbs yeux ait paru
^rès Ja* ttafasarice. ' "
^■, •■■■-■ ^•■i I •• Il •
Êirè est souvent héréditaire , car. il est
**Ux qu'elle rjeride , comrpe on Ta prétea-
^^i , ihjiabîle a. la génératîpn.
' ' ■ ■! ■■■■» ■ « ■ . ■ « ft ■ I ■ M » ' " ' ^
'm
■ ^ )r Obwrv. d'tthr NégreRSe ()lan<:he, Joarn. de
*1* j$iq. , ,T^ T?"» i¥^g-'357. -< Scn père et sa mère
" Ont plusieurs. exilais noirs..| mais ;Opi Ui|;, q'^uii
* '^îné né blanc a noirci peu aprts en gran'-Iissnnt ;
». ^L EUwop.s,tP4^jçi*rs crpi8sa^Bh#(MJ «nJ^" 'arrêté
•* îi la couleur dea Cabres ». ( No)c da Tiad.)
m
iièreqmneressétaiblentni à celle qu'amèiie
• » ■ • ' . - .
rage , ni à ce bèsfh bïond doré , $î com-
snun en AIlçHiagp^., Celte couleur ne peut
6e cpoiparer qu'à celle de la çréme;
' lié second symptôme se troàve dans Tor-' .
^^gohM dé la vue : l'œil test privé du vernis
Iboirâlre qui , dan^ Vétat* naturel refcouvre
l'intérieur de la coroïde et concourt puîs-
fiamment à la visiui; par l'absorption des
rayons lumineux. L'iris des Nègres blancs
est légéreinfent rosée et presque sans cou^
* leur, la pupille est d'un rouget pju^tTÎf*
{semblable à cehii dp^ çp^qatiiie»:» ç^^^^HT
• f . ^ .*■* ■ ' ■ *
de cbairs paies *).
' "» . i 4 .1
f
Ces deux symptômes se trouvent sicons*
. r ■ . . ' .
1^ i l I 11.» » » I i— I ... I. ■ I t ■ ■ ^ i i i I I i l ■ ' "
• • • • r
' *yni^t. (î*ùne Négresse blanche , ifou.lDepliî.,
^.'KXXU, pag. 374. •
' « tes yeux sont longs, relevas p^r l'angle, ex—
\i térfeîir 5 WHisr est f;rjs avec un léger mélange
lit da.rayûji& )iiimi?$ ; la prun a lU d *un gpio fon c é «t
•t presque noire. Ils ont ^uelqaefois un raouve-
W tnent involontaire , iie/lipnotcnt pas, ne sont
i> pas incommoaéè par la grande lumière j it nô
^^•biititi miopcs ni presbJVei. » (A'o^ dh.tVinîO
fîîHntupntfélirtîô, qut'je n'ai jamais vu les
i^ouK avoir cetf€f teinie partîctiltèrc j sàifts
Q[ue les <;h€fveuit et lès poiîs itè fussent
rî'un blaniiupiuà 6n tivoifrs gifî^. Desobset-
valeurs tiTôpiatt^ntifs aiï'X ' atrrtT?s ' phéno-
mène^ donlf ntViis aVonsparlëv^^^^Wt pas
pris gnfiô 'àoe^tté rdùgretlr ideé^ ^uplW;
Des yèttx'sôufff^^rit.difflH'tenmni' la liJtnîèrte,
M l^s paupières sont le plus souvent rap-
prochées.
.1^^ leiipqpt^n^oî^je €$t ipujourâ da nais*
WWicçjp.t,:«;^Çr¥tÇ9Vtracte jamais^ »
Ton ^dtt kfdifâW©*) , îl èét saii^ èiemple
%Be le \jeTt\U rkAr^vte ay*' yeux àît paru
Bçrès .la- «tatosaritîe. ".■.••'•* -•'
Êirè est souvent héréditaire , car. il est
faux qu'elle reride , comipe on. la préteo-
du, ihhnbîle a.la génératîpn.
; * Y Qbiwv; d "tthr S'iégrttae iihiwhie , Journ. de
■ ont p1usiçqp,.i^j5^s nQifS^,lïijl|js^rt*t. q'^^
» aîné né blanoa noirci peu aprts en gran^'Iissant ;
» <JcL ËlWopSjtp^jç^rs crfHîsa^p.^,^^! îftHiica'tïclé
•> à la couleur dea Cabres ». {Note da Trad.^
(^74)
En général , les relations qu'on posséda
sur cette singulière maladie du genre hu-
main sont remplies d'erreurs. Dans les unes
Qn hésite à la ranger dans Ja pat liologie ;
dan&les autres on la confond avec le cré«
. tinisme.. 4© l'histoire de ,. TOrang - Ou-
tanff. iinfin on a prétendu qu'on i\e
voyait cette affection qu'eut rç les Tropi-
ques». ..,. • ;,* "^
.u
Les Nègres en ont fourni les premières
^observations. La noirceur de leur peau et
de leurs cheveux rendait pîûà rè'mà'^quat>To
cente blanche^ur accidente^Qr^ qi^i^Qt nom-
mer cette maladie leucœtbiapie4 Lo3 Uo^
landais donnèrent , par. cûépri^i, a«fX
Nègres, qui en étaient atteints,le nonvd!un
însecie qui fuît lalumière,étlesapp€'lèrei\t
Kacter]acken,Jes Espagnols Albirios^ et
les Français Blafards ou Nègres blancs. Il
est certain que cette maladie , loin d^être
exclusive à une région, a été observée'dans
toutes les parties de la terre et chez toutes
les variétés -de- la race humaine. '
J'en ai déjà* vu seize exéitaplèé daiis dît
kl»
C 275- )
^rentes parties dé rAUemagné ^). On ea
observé dans le reste de ^Europe, che»
>s Panois 7) , les Anglaise) , les Irlan-^*
ziisw'f les Français a;), l«s Suisses y),
^s llalienss) » les insulaires de rArchipel
# ) Me licinische Biblipt. , T* UJ» |>«g« ^6u '
*) I^îd.pag. 170.
•
^) Béni. Dudeirs, SupL to his treattse ou tho
Stases of th« horny-coad Lond. 1736. ft. p. 19*
Jo. Hunter,on certain parts ofihe animal Œco^
>xny , pag. ao6.
fi' ) 7erceva{ , TramactioM of tba Iriih, Ai^ad^ #
ar^ Le Catf de la couleur de la peau humaine,
6 io3.
^) MediciniscfieBibUotM ï' l!> psg ^4^. -
« ) Saussure, Vtiy. dans les Alpes', T. IV ♦ p.
. 3o3.
Bourguet, Lettres f^bibsop.sttr ta formation det
Bussi. TJ Dîssei'taliioiir sppr» ima ^nuiefl {^rti-*
>lare d'Uominl bianchi Eliofobi. M&dAolg 1784. 4:
gfo, Hawkins Wé éitïyoitiiShtiùdn une jèunt
ilç dç cette couleur^
I
( 27^ )
grec c) , Ifes Hongrois b) ; et hors de l-Etf-
rope, chez les Arabes c), les Malabares d) ,
les Madécasses é)\ lesCtxSr^s/) , les Nègrts
africains et ceux d'Amérique g j. On en a
vu àrifithme de Darien h) ^ et au Brésil j)*»
a) Hawkins, dan» son premier Voyç en Grèce ,
a vu a Chypre deux frères leucœthiopes. Ils avaient
environ douze ans. *
h) Micb. Klein, Watur-Seltehlieîtfen Von tJn-i
garn, pag, iS. '
c ) Ledyard procedings of,the Africain ftBsocia-^
tion , pag. 45.
d) Tranquebarische Missions -Berichte on-
tin. XtVlvpag.»ïia39et stiîs^ttnfost* ""''^
.e ) Cossigny, Hist. de A* Acad des.Sc. dei Paris »*
1
f) De la Nux , idem, an 1760, pag. ijf. '
g) Je.nç citeipiflue.Jtroiç tépioifls oculaires;
Oliv. Gold^railh 5 Hiçtory qÇ ihe JEarth, T. H ,
Fg. 240. * . ' .î *
Artbaud , Journal de Pliy. oct. i-^Bj.;; | •'•' ^ î
h .). Waftr'6:,r»e«:riptiaiDirf.th»i$«iu« dlA^c-
rica, p£^;^:if07biA i - • i»» »» ■■ ' ■'"■'■' •■
"' )i %b^tS0av9is^.i'Awï«riqije,.T;IIU p..Tiu
( ^77 )
itm,ns Tox^éan indien , à Sumatra k) , A
ÛuIiZ) V à Amboii\em) , à Manille n) ,
i\uns la nouvelle Guinéeo)/ les tles dea
A*ûiaj»)> et de la Société g) , *).
' i ) Van Iperea verhandelingen van het BaU-
Tiaascb geaootecfaap, T. I, pag, 314.
/ ) Idem , avec le desain.
wi ) Valentjii*9escbrjr viiPQ ran agiboint » T. Il,
p. ï4 .
n ) C'amell Philo. Transact. T.XXT> p. 2*68*
o } Argeniola conquis! ta de laa lelaa Molucaa,
PU ^^oj, de Coot ihï}§ Phémîsph. sept., T. I.
ç ) Hawkesworlb's çollact. , T, II > p» m.
99 et 1 88.
* ) Toutes les observations prouvent que let
Kègres blancs ne ditfèrent de leurs parens , qu9
paie la couleur , qu'ils en oiit les traits 9 que leur
constitution u*est pas aussi robuste que celle des
autres Nègres, sans être ni aussi £aible ni aussi
dégradée qu*on Pa dit; qu'ils ont quelquefois de
la carnation , et les lèvres vermeilles | que leur
tête est couverte d'une laine rousse, et qu'ils ont
<k>8 poils hnugineax de ia^teitae cenlear, sur les
• Mtres parties du corps \ que leur rue n'est pas-
( 378 ) •
«
ta leticœthîopîe n'est pcrînt èxclUsIvi
au genre humain ; on^Va observée che&
'beaucoup d'animaux à sang chaud, i cmC
le monde donnait les lapins le^ &ouris ^^
les furets et les chevaux atteints de cattai •
maladie. Dans ces quatre espèces d*ani- •
mau^ cette affection est devenue^ , par la
suite des temps, presqii'une seconde na^
ture (§ }8 ). Je connais des exemples delà
lenc<tethiopiô chez les ëîngës r), lès écu-
reuils s) , les rats /) , les hamsters u) , lei
■^ÊÊ
aussi bonne que che^ Ir^s autres hommes; qat ?i—
ris est diverseirient coloré, qie If^ globe Je TcBil &.
une direction et une vibr tiou particulières; qu^ilsp
ne sont pas sourds, et que leurs facultés iateilec— ^
tWelles sont à-^peu-^^rès les uië ri s tfUe cbez let
• autres Nègres 5 que la peau des ma.'ns et des pieJ#
est. ridée I même dans U. jeunesse lomaie dans 1^
décrépitude. ( ArtnuuL li, c. Suit du TraJé )
r) S:r Richi < Jayton Mem. ottheso. ofMan^
cliesteî, Ti III , pag« 270^
«) Wagner hisf. nat hèlv . pag. iR^.
GuDuerus ad Leérn Je tiapombus f^liimàrcfairp^
f <) Gesnir de quadrupehbus , p^^ g* 8:^9.
u ) Suizer m'a douné un hamster atteint
cette maladie*
/
ohons d'Inde tv) » les*taupes x) , les di^
?lphes y) , les martres;») , les fouines a)^
8 chèvres b)^ et patmi les oiseaax , ches
6 corbeaux c), les merles d)^ les serins^
s perdrix e) , les poules et les paons.
Il est bien remarquable quMl ne s^en
oiivè aucun exemple parmi lesanimauiit
sang froid.
' Conclusion de cette Section.
J'ai ' su£5âamment développé les causeit
9r) Boddaert natuurkundigt Bescliouwing
-r drezen # T, I , pag. sio*
tf ) Idem.
^ ) Idem. J
■
s) Kramerelencli* animal, aufttf pag. 3is?
a ) Boddaert.
b ) Themel , Oberzertgeburgischeii Journal
rejrberg, i7<8.pag-47.
c) Ce que rapporte mon ami SaUpr*
d) Hunter,on certain parts of tlie animal (KccH
oniy , pag. 204.
e ) Buffon, HiaL nat. des Oiseaux 9 T. !!> pag<
i^
\
^ui poavaieirt avoir fait dégériètet le ge
bttBmin., ;Soasl'aâp9ct de la péujeur , di
«taturQ , de la structure et de;^ proportîi
^es parties 4p^ corps , et ^cgtement les
riétéâ s^étaîent opérées^. Je ne croîs
avoir laissé échapper P^i; s^.ti] f&it , capal
d'éclaircir la célèbre question de l'un
de Tespèce humaine. Je ferai i^oir dans
Section suivante quelle conclusion 1'
doit tirer de t^es riechctrclires.
• •
• I «
SEGTIO
v'
(aSf )
SECTION IV.
' I f . ■
te ùenre humain ne constitue qu^une esphçê
qui renferme cinq variétés.
... ,
$ 80.
^es variétés innombrables qui composent
: le genre humaifi se confondent inseiui'^
hlement les unes dans les autres.
pANS le dénombrement que noos ve*
ïioiis de faire des Tariétés du genre hu*
'^in , nous avons va ( Section in ) qu'il
^'en est pas qui ne se retrouvait parmi les
animaux à sang chaud, surtout chez les
^pèces domestiques; que même elles y
sont ordinairement beaucoup plus appà-*
'^tes et proviennent de causes dont Fé«
T
f i8a }
»
vîcîence est matiîfeste. Nous nons somm
également assur c'squ'îl h'^èst aucùrié Varrîé
soit pour la couleur, le visage, la st
ture c quelque considérable qu'el
paraisse, qui ne se fonde însensiblemei
^vec^éelles du itiême ordre, de manièl
qu'elles. sont toutes relatives, et ne diffi
rent que par le degré.
L'après c'ëk "11 n^est pas étonnant qu
leur classification ne puisse être qu^arbi
traire.
t
Xe Genre humain en composé dfi cint^
uari4f,éS'\pritiÇipaleSj, , .«
Dans l'arbitraire ipêi^ie, des raisons noi
font préférer une classification à uneautr
ainsi, auprès une ipûre réflexion et Texaui^
le plus soijçijieux de toules les connaîssa
ces acquises suf cette matière, i ai cru qu (
.pouvait trt:s-ronvenablement à sa disp
çition naturelle, diviser le ffenre huma
^Çtt çiu<l variétés principales que je nomna
/ 1
A Hù ce ou uariété Caucasienne
B ) Mongole*
C ) Nègrei
D) Américaines
»
£ ) JUalaieé
La variété (Taucasîéhnë se trouve placèd
la première pour des raisons que )*expli«
querai plus baSé
Elle se traitsfbi^iiié ett deUi extfêmei
très-éloîgnés , très-difFérens Ttin de Tau*
tre , la race Mongole et la variété Afri*
caine. - •
Deux variétés servent de passage dé cette
tace prototype aux deux variétés qui ett
sont les plus éloignées.
La variété Américaîtié entré la Cailca*
sienne et la Mongole, là vài;iété Malaia
entre la Caucasienne et la Nègreé
( 284 )
§ 82.
I
Caractères et limites de ces vatiéiéi.
Nous allons indiquer les caractères et
tracer les descriptions propres à faire rô-^
connaître en général ces cinq variétés î
j!avertirai . avant tout, que cette multipU-^
cité de caractères qui n'ont que des diffé*
rences graduelles s*opposant à ce qu'un
seul suffise , il est devenu nécessaire d'«A
réunir plusieurs, et que ce caractère com-
plexe. n*est pas tellement constant qu^on
ne puisse y trouver dans chaque variété
Jplusieurs exceptions. Tel qu^il est néan-
moins il donne sur les différentes races do.
genre humain des notions assez claires et:
assez précisera
/
/
2
( i85 )]
4;
A ) Vqriété CûWMiennô^
. . .' •■ • • ■ • ■.
la. couleur blanche, les joues rosées^
les che^uk bruns du blonda» U tête pr es-
gae sphéricjue.
La face ovale ^ étroite , les traits mé-
^Qcrement prononcés, le front uni , le
i)^ légèrement arqué ,, la houcbe petite*
(S 5^),
X^es dents incisives des deux mâchoires
placées perpendiculairement. (S 62).
• lies lèvres , et surtout l'inférieure , mol-'
*^xnent étendues, le menton plein et
La régularité des traits de ce visage,
Sl^i est celui des peuples d'Europe , le fait
^n géaéral regarder conune le plus beau
^t le iplu,s agréable..
Cette race comprend tous les Européen
à Texcepticm des Finoîs et des Lapons
elle s*étend dâus PAsie occidentale )Ui
qu'au fleuve Oby , la mer Caspienne i
le Gange ; ou la retrouve encore daos i
j^rU? $Lep.teutrio^9le de l'Afrique.
• • t
. » < . .
r I
• t <
i-% *■
• B I
<;ouleur jaune, (g 43.) * ' •'
' ■ Ctiéveax Tioî'rt*;*'férîdes', dmîtsljift^^eit
fournis , ( S 5*2 ) 'là Xètp )ptesqa^4ipBfàikxys^
gvilaire. ( S ^30
La face large, à-la- fois* plane et déprî-
tn.ée, les traits peu marqués et comme
fondus ensemble.
L'espace intersurcilier, large et uni;
lie nez petit et camus*
Xes joues globuleuses et saillantes en«
ors.
X'ouverture des paupières étroite el
linéaire.
Le menton pointu. ( S 5^- )
Cette variété se compose de tous let
Asiatiques, excepté les Malais de Textré*
xnité de la Péninsule, au-delà du Garage
et les habitains dà là.paï^ie .onjcidental*
de l'Asie, nommés précédemment. En Eu^
rope on la retrouve. chez les Lapons
. . ' c '-•*'•*'' ■^■' *■ . • ■ *
chez les Finois, et en Amérique, che?
les ^squinâ^S: , répai^dus 4?P^i^ ^^ détr9Î.
defihtowç.josqtt'ai^ Groenland.
i ■
t • »
•• « ^ V • 1. • ■ J :
,-' r
•*• • • . -w r
î : /. f • . I • :
\
«
< I
•
C) Variété Nègre
• r
'-•.^/•ti-.' , f
* I
La couleur noire. ( § 43 ). ( . ;^^
^"tW'élifveux hoirs et arèjlUsi ( § ' ^P).
La tête étroite ^ compriiDée* sur les
côtés. ( § 62 )•
«
Le front très-coovexe , voûté, f
Les os de lâ'pOTnmenBUaillans en avant..
Les yeux à fleur de tête«
Le nez gros, et se confondant p^©*"^
lu'avec la mâchoire supérieure, qui ^st
wrtée en avant. (5 5^)/
#
Le bord alvéolaire étroit et alongé.
Les dents incisives supérieures placéei.
obliquement. ( § 6z).
Les lèvres, particulièrement la supé-
ieure, gonflées.
( 290 >
le menton retiré. (5 5 ^. )
Les jambes sont souvent cambrées. ( j
Cette variété comprend toute rAfriq^uo
excepté ses parties septentrionales»
t ■
• «
I : % f ♦
"• •
D) Variété. Américaine".
» < '• < * i
Couleur cuivrée. :( $'4i* ) •
Chev^u^ noir^ j idcoits ,- rôidea et rares.
es 52.)
Front court*' * , î..t A* n:
t r-
» » I » » •
.4 i.
Les yeux enfoîpièés.
Le iiess! pf^Kjàec ^camiis et cepencTant
saillant.
• , -■••-#■
'£n -générai ii]e$ il q^OTÊfmet^ésr sont ^éfaii**^
Rentes, la face e^t large sans être pWp9
ni déprimée, le&.lraits- vus de profil,
paraissent tres-prononcés. et comme prq:*
fondement sculptés. (S 5^. )'
• ' ■ • . » • *
Xa forme du front et du vertex est soa«
yent ici au produit ae l'art. ( j 62. ) ; ^ : ,(
' -Cette variété occupe toute rAmériquo^*»
excepté le pays des JLafcidiaax. > î
• "'.-.•' i .
• ^
( 2520
-ty rériétrjfïaîaîe.
V
Couleur bUsaoéd. )( .5 4} )• *
^j*.^ GI)Le]i^ux noir&y ittdu^ ^ épais , àbôndansi
et frisés. (5 52;. : r '}
.— /
La tête légéremeâr irétréciev
Le front un peu bgutit^ ( / 6z \ ^
:?r, Jlieti ïkefji gros » lorgne / jê^té^ la. bou£lie
grande. ( S 56).
- : La mâehoinotsapétieuref^uii ipeu avandée^
- Les traits viis de profil, sont marqués et
cbstincts.CS-5<)., ~ . . ,
Cette dernière variété comprend les
insulaires de la mer pacjinque , le3 Iia-
bitans'dësîles Mananes, Philippines, hïo-
lii^^sV.dA la Sonde^et'.ieSâhdigèneadi^
la péninsule. de itobtea.;... -
( 253 )
$ 83.
jiutres divinons du, genre humaîk»
#
r
Il est juste d'exposer ropînîon clés dîtfîl-
fens auteurs qui ont écrit sur les variété*
du genre humain; le lecteur pourra les
t^omparer et choisir cQ^gqui lui paraîtra la
plus probable. ^
Vers la fin du siècle dernier un anonyme .
divisa le premier l& genre humain en
quatre rades : la première occupe PEuropa.
entière , excepté la Laponie , T Asie mé-
ridionale, l'Afrique septentrionale, tt
toute l'Amérique. La seconde peuple le
reste de l'Afrique. I^ troisième le reste do
l'Asie et les iles de l'Est. La q.uatrièine la '
Laponiejf).
Leîbnîtz a placé dans notre conjlînent »
quatre races d'hommes : deuic en occupent/
les extrémités , lesracesÇïégre et Lapone ;
/) Journal des Savans a, 1684. pag. i33.
Robert Vaugoj(|dj lils. H. Atlas porta.
. ( 2M )
îl nomme celle flii< milieu orientale (M
gole ) et occidentale (Européenne g).
Linné , d*après la géograpliie , divii
les hommes en Américains rouges, en
ropéens blancs , en Asiatiques jaunes ^^t
.en Africains noirs A}.
Bufibn recontiaîtjfens la race humaîi — ae
six variétés dont Voici lesnomâ : là
laire pu Lapon ne * )^ la Tart are , que f -s^i
ïiomméeMongole d'après son nom v<ilgair— e,
^ -
g) Teller, dans Otium Hanôvera., pag. 159-^
»
h ) Celte division se trouv? dans toutes les écrJî"
tiens des œuvres de ce grand homme. Gmelin 3^ *
substitué la mienne [dans line cieriiièré édition»
*) La plupart des auteurs, admettent cette racr* 5
mais les crânes des hommes de& drux contine^^^
dont elle Se compose n'oiTrent aucun changemer^t^'»
Ils sont les rriêmes que ceux d»^s Mongohs. 11 p^^^
ralt donc que la petite stature de ces peuples ^*^t
due au froid rigoureux des régions qu^ils habi**"
tent, et que sous ces latitu leb la fibre trop jsoli^^
ne peut plus se développer autant/ ( No/<? <^m Tr^^ j
l'Asiatique anstrale , rEaropéenne , la
liègxe , et FAinérioaine z).
L'illustre gouverneur Pownal mérite
une place diblinguée parmi cefux qui , d'a^
près le nombre des fils de Noé , ont di-
visé le genre humain en trois races: c'est
lui qui dans cette étude fixa le premier
Tattentioii sur la fdkie nationale des crâ*
fies. Ces trois races se distinguent « d'a-
près la couleur , en blanche , en rouge , et
en Boire. Les Américains et les Mongoles
•ont placés entre les, premières variétés ^
pareequ'indépendamment des autres ca-
ractères ils se rapprochent mutuellement
par la configuration du crânie et la nature
des cheveux k).
L'abbé de la Croix divise les hommes
en blancs et en noirs ; les premiers sesou-
i) Herder a supérieurement décxit ces six va-
riétés dans son ouvrage, Ideen zurj philosophie
dtrr g( schichte der menschheit, T. Ilf p. 4 et 68,
k) A aew coUect.. o( Voyages , T. II , pag.'
473.
di'^irîsçnt eh • blancs' proprement - dits j.éh
bruns , en jaunâtres et en olivâtres i),
•
Kant fait dériver. quatre variétés de la
couleur propre à chaque pays (Weiiise von
briînetter Tarbe), la blanche du Nord de
l'Europe, la cuivrée d'Amérique, la npiré
Un Sénégal et rulivâtr,e des In Jçs m).
Jo.HunterM. p. reconnaît sept variétés:
la noire, qui comprieind les Nèjçres et lés
lapons; la noirâtre, ou >se trouVent leà'
Waures etlés Indig^ènes du cap de'Éfoirme-
Ks^perance: la cuîVrée, des Indes Orièn*
laies; la rouge, d Amérique; la basanée,
dans laquelle sont compris les Tartarès,
les Arabes, les PersâriSjios Chinois, etc. ;3à '
brune, oùsetrouvent les habîtansfduMidî
d.c TEiirope, les Turcs, les Ab;&r>ins, les
S;imoïdes et les Lapons. E? fin la blanche
%
/) Géographie moderne, T. I, p. 6a.
Yaugoncjy, 1- c, tab. 3.
nz) togelFhilosoph. fiir die Well,T II.
» : . . . -■
■ • • ....
BtrUner Menais scbrist, loSo , T. VI«
qui
( 2>7 )
qui occupe le reste de TEurope, la Géor-
gie , la iVJiugrélie et le Cardîstaii n ).
Zîmermann croît rhomme originaire
de la plaine monttteuse de JaScytie asia-
tique, située entre les sources du Gaiige^
de rifidus et deVQbi., lireçounair.quatr#
variétés dans le geuf^ humain : la pr^f
mière occupe rEurjgffç; ladeu^èoie^lIAsié^
boriéale , et .L^ulériq^6• •surtout . septen^
rionale ; latroisièttnei.rA.rabio, Içs Indes^
tAi^chipel Indieii.la qua^ciènie; TAsie më-*
ridionale,la Chine et la Corée. Cet homme
célèbre pensait que la variété nègro
lirait prob^iblemént son origine de la pre-^,
mîèreou de \d troisième' de ces races o).
Meîners ranpcyrt/s tout le genre, hi^i^aiii
à, detix races,' les oelle^js et lesrl^ide^
f scîlone und nassliche): la première ;a#
Compose des natîtms à peau blanche,, eç
ta seconde, de cpïfes 'dont le teint est plu»
C3U moins foncé (dunkelfarbige). La Selle
.: ^^ i -»
n) Disput'd^ hoininuui Yarietalibus, pag. 9.
"o) Geograpaisdtie ô^esc&lchte des Mènscken^
T. I. .- -v,
< 25*8 )
"KKJfe est formée par les Celtes , les Sar—
mates et les peuples de TOrient. La laid^
CQiistilue le reste du genre humain p).
' :Klûg^dl partage les hommes en quatre
variétés :1a première est arigînaîre de 1^
partît élevée da'plateau de TAsie; elfôpeu-
piécette partie diî Monde,tôuterEttrope? et
lés' régions septtentftonaïes de T Afrique
et de r Amérique; la seconde comprend les
JJègrési; la troisième les Américain* , ^
rfeetceptîohde eeuxfdti Ndrd; et la qiia*
tarièmel^ itisuïairesderOcéaQ austral ^). '
Metjzgçr reconnaît, ,daj)s,Je,gçnre. hu-
mâili, deux variétés prii^cips^les > qUr'il çout
sidèVè comme les extrêiïies : I ®. Les blanc»
lialbiVànf f ËiYTopé' ^t iWs parties sept;en-
«ririhalèâ dèi r Asie ; de [V Afrique ' et * de
i^Aôiéri^iiié ; î®. les Nègres qpi occupent
les
L> ..•(.. • : ..'.«•••!«
p J Grujndri$s der Gcscb^chte Jer Bïenschij,cît^
f ) Enciclopadie , T. I , pag. 23.
'*
» v«
( ^99 )
îTîStilaîres cte la itièr du Sud ,* formiSttt àé^
nuances entre ws deux racéà r)i- ' -
» » * ♦^ r * «
AnhiHatî'ons sur les Cinq Variétés âîi
' ■ • f
genre hutnain.
* .». ■■■''■■:•. . ■ ! I* f 1
iVjprè» avoir ixléyisloppi^ avec. soin. J€$
différons •aractères que nous avons assi-
^riës àûx cinq Varîétés âii j^nr^ ïiurflîiin,
*îl ne nous reste plûà ;]^dij(r teraiiA'ér ; 4^*!^
Tâssembler les observations éparse^î, ïtf-
•I ♦ « . f ■ •
* • c
• "i » S-'B^I- ■'' ■ ' ■:•-»/
V ' ' i • : .• ' : ■ . i. :i • j . * ■ i *. • j * .» i . " ', ■ r '>
A) Variété Caucasienne^ / .
J'ar-dnnné à - cette Tarif té-1^ nem 4*^
•momt 2 Gàuoas^ , parceque c'est <feir^^,s^m
voisinage que s«B( ^ou^ve.la plas.b^U^r^oe
' d'hbttJbàés , îa^ <îéo¥jfi«unc s ) > W qut : à'tt
I «
• I •
r ) Phisiolqgi^ iq'SpbOti$me& , p. 5.
••■'•':. '■> ' '-îî ■ rôt ')•.! il ^ '."..•> ..
« JLe sang de Géorgie est le plus beau d« l'P^
y a
/'
/
' ( 300 )
^sR 9€ts^i)>W: cTasisîgner un.berceau au genre
humain, (^ojatç^Je^ raftspQ^ physiologiques
concourent à le placer dans cet endroit
Les habitans de la|(yéô=fgie nous oftrent er
effat cQtte belle form e^QS Qrdne8(§6p)^on
les autres semblent 4^iy^f > jusqu'à c^
qu'ils arrivent aux points les plus éloignés?
dràftfes'des Mqtlgfete^ -et "des Nègres*:
-.1 /• r* ' ■ • j*)"^ • ■■.■*■« «i 1. -" " ' . ^ : ' ' î •
» . • / '. t . t
nartçi^tir pripiitivement, au. arei^rç h^mala
(§ 45); mais ^^l^dfÇ^^Ç^f^çyçg^pJt f ^jUj^e
couleur noirâtre , et «e rétablit avec peine
quand la sé^^rétio^f ^t^a précipitation du
carbone se sont profondément établies (§
44)' -
' • •• . ■:. ^u ; i îji V 4» .
» nature y a répandu sur la plupart des femmes
» dès grâces qu'on ne ye5ît~pfaf ailleurs; Je tiens
» pour iiwp^ssibl^ç.^.ks.jTg^^^ ^iraer
a L'on ne peut* peindre dé plus charmant visage ,
* ni de plus belle talHc^ qUe ^cîl©' dés- iStôr^t^n-
*Vs;^î
>;. i- .■;. ' :-'| .f I- ,• '.«.•:. , .u.-fiv ,..
I V
»,
ÏB ) Variété Mongole.
Cette variété est la même que Ton con-
naissait sous le nom vague et indéterminé
^e Tartare^); cette dénomination acau$â
beànconp fl^erreurs ^ans Tétudedes varîé^- -
tés dû genre humaip. Bnffon, et ceux qiiî
Tout suivi, trompés par elle, ont traiis-" y
porté lés caractères nationaux des Mon-
goles, tirés des «Aciena auteurs u), qiti:
:i <
/) Jo. Eberb., Fischer Conjecturne de génW et:
noaûne Ta r tarer um inter Ej. questioaes Tettopo*
iitas., pag« 469 il. Ëj. Sibiriscbe Geschicble» V^
X, pig. 128. 14a.
w ) Le premier ouvragé où.Poh ait àonné le
• É
nom de Tarlare ^ux Mongole^ est une l'éttre d'Y-
Vqa, prêtre Je TTarbonne, éqrije à Gérard f ar-
clicvêque de Bourges , en 104.3, et insérée par: le
i^ioine Math. Paris son cootenipDrain, Hist, Majo,
Ipag. 53o. éd. Londin. 1686. fol. Il y parle des hor-
rviUIcs ravages des TartatresV et il les décfi^ a$nsi :
«' H«iberit. avtem Tartari pectôra duré? et ^obiièfa %
» faciès macras et pallidas , scapulas ^igMd^^el^
9>erectas, Nasos distortos et brèves^ mcutd proe«-
îes appelaient Tartares^ aux Traî| Tar-
tares qui appartiennent, CQjcnm& je 1 ai dit ,
à la première \^rîété.
^ i
Au reste, les Tartares se confondent
avec les Mongoles par les Kirguis et le.g
peuples voisins, comme les Mongoles avec
les Iiidîeiis, les Thybetans i*;) avec les
Américains parles Eskîmos avec les Malaies,
par Tes habitans des îler Philippin es a: ),
•i«
rr
T-*
•
•3 inin^ptia et aouta , superiorem mandibulam ba-*
Âmilem et profundam, dentés loàgos et raros »
»-palpe1}ras à. crinifa^us usquë ad nasum protensas,
9>oculos iticoiTStantes et nigros , aspectus obli<jaos
»at tOFV os lextremitatae ossosaa^tnerVosas , crum
t>quoqtie grossa , sed tibias .breviores, statura
9 tauien xi^bis aequalis , qiiod enïm tibiis defi.cit
i^ijji superiori cofnpb$e compensatur. »
' «i') On peut tirer cette conclusion des dessins
faits d*après les habiians du T^bec par Ketile« o»
qoë m'a fait voir War. ïïastings.
; X ) i/o Indi^'n des lies ^Philippines , que j^ yu
^.^ndres chez Dalrjrnipl» , offrait j^rEaîtemtBt
c^tte traasitioa.
, : S 87. '
C) Variété Nègr&.
Cette variété se trouve si loin de nous,,
rtout sous le rapport de la couleur , que
3)lusieurs personnes ont cru qu'elle for-^
onait ujie espèce particulière. Voltaire .,c
^ussî ignorant §n physiologie qu'habile àr
manier le ridicule , partageait cett^î ppi-
Tiîon. Il devient in ut île de la réfuter, ayante
Tendu manifeste (Sect.III) qu'ijl n'existe
3)as même un seul caractère telW^^nt pfo*
^re et commun à tous les Ethiopiens , qui
ne se retrouve d'une part répandu çà ^t là
dans les^utres variétérfdu genre humain, y)
y ) J'ajouterai a ce que j'ai déjà ckit à ce sujet,
<H*e cette poussière fuligineuse qu'on trouve chez
îes Nègres, dans le réseau muqueux de Malpîghi,
^e leur est pas exclusive, comme Tont prétendu.*
Quelques auteurs ; je l*afi observée > quoiquVn
^oimlre quantité , plus légalement distribuée:
chez les matelots indiens, qu'on noinïXiù'La$cart*3^ ,
l^ais je vois une Indienne de Bombay., q^i es:tana.
dom'estique, devenir ûv»c le temps sensiblement-
ï^oitirs noire sur les briaîs et sur la figure, elle caiX"
^^rve a^leurs sans altération, U couleur de chutai*
( 304 y
qui ne manque aussi à beaucoup de nègres
eulin qu'il n'en est aucune qui ne se co
fonde inscnsiblementavecceux des variél
voisines. 11 guffit,pour é'enconvaincre,d'ex
miner avec soin seulement cliez quelqucîvsi
nations noires les difFérences qui les sépa-
Item, et comme elles forment chez les pon*
îachs, les Golofres', lés Mâuâingues , les
gradations qui les rapprochent des Maures
#t des Arabes.
Oxi^ptétendnquole* Elhîopîensavaîent
iplus de rapport avec le singe quelesautres
hommes J je suis dé cet avis , dans ce
&ens 9 que le cochon Kolîpède (20 Jo)
ressemble davantage au cheval que les au-
tres cochons. Ce mode de comparaison rela-
tive me semble dVutant moins de valeur,
que parmi les principales varîétés du
gfnre hamain , il. s'en rehcanire à peine
fine seule qui n'ait pas foTjrni des peuples
qui offrissent à des observateurs d'ailleurs
exacts, de [traits de ressemblance avec le
singe : on l'a dît formellenjent de$ La-
pons z )des Esquimaux à) des Cmigou^by
de VAmérique; australe et des insulaires
de MqUicolo c ). .
*
s 88.
D) Variété Américaine.
On est à-la-foîs indigné et surpris dei>
2) Rcgnarl termine sa description du Lapon>
en disant: d Tel est ce petit animal qu'on appelle
» Xapon, et Poh peut dire qu'il n'en est points
» après le singe, qui approche {)iltt9 de l'homme. •
^CEuvrcs, T. I> pag. 71.
a ) L'Eskuîmos Altuiock, cïont je dois le por-
trait d'après nature à l'illustre Banks, lorsqu'il vit
pour la première fois un singe, pendant le séjour
q^*il fit à Londres , parut très-surprîs et demanda
^ J^I. Cartwright qui l'accompagnait': « si c'était
* ^n Esquiroos ? « ajoutant: « Il faut avouer
• que pour la couleur et pour les Cormes il res-
'^ Semble infiniment à un homme de ma nation. •»
^) c Tàm siiniis si miles quana bominibus. »
Nîc. del Tecbo) Relalione de Cadiguamm gente»
P^g- 34.
I • • •
c ) ïocster Bcgierkungen , pag. 317.
4»'
< 3o« )
labiés qu*on s'est pi ii à " répantîr» sur 1^
caractères nationaux dexîcttè variété.
Les uns ont refuséla barbe aiix hommes rf)
et les évacuations sexuelles amxfenvfnese).
D'autres ont prétendu que la couleur de
tous les Américains était parfaitexïient uni-
formey) ; enfin on a voulu^u'ils eussent
tous la même figure ^).
Des observateurs exacts assurent au-
- «
jonrd'bui unanimement que la nature n a
point créé les Atnéricaiûs imberbes. Je
regrette d*avoîr rénni auparav^^nt une
£bule de témoignages A) qui prouvent que
dans le Nouveau-Monde , depuis les Esqui-
^maux jusqu'à la terre de Fau , tous les in-
■ riÉfc i I mÊmm^îmm^mammimmn ■ ■>■«>
à ) Pauw. Recherches philosop, sur les Amé-.
ricains, T. I, pag. 87.
tf) Schurig Parthenologia , pag. soo.
/) Home Sketçhes of the Hîstorj of Man , T.
I^pagiS. ' •
^) Robertso&*8 History of America, T. II,
pag, m. 404»
/i) J'en avais déjà cité quelqiies-nns dan Got-
iingiscbem NagazÎDi anai 2^^ P. YI, p* 419»
/
( 307 >
dîgènes ont de Hi barbe. Il est également
certain que ceux qui paraissent n'en point
avoir ^ ne sont ainsi que parcequ'ils sô
l'arrachent soigneusement. Cet usage sa
retrouve chez d'autres peuplr s , et parti-
culièrenieiTt dans les.natîons malaies / ) eft
Mongol e$» A)
Les Américains^ ont, comme les Mon-
goles , la barbe fine et peu fournie : maiai
on ne sera pas mieux fondé à le dire, im-
berbes que d*appeler chauves les hoîpmes
dont les cheveux sont clair-semés^
Ceux qui ont cru les habitans du Nou-
veau-Monde naturellement imberbes, sont
tombés dî^qs la même erreur que les ailcieni^
q»ii regardaient Jes oiseaux dé ParadîsF
comme apodes, parceqae ceux dont ils
I» ■*
i) Marsden, eii parlant de Sumatra , Wilsoa
ties faabitans dsi'Ue Felew , Carteret des Papous,
Bougaiaviile des indigènes clés lies des Naviga-»
tçurs.
7c) Gmelin Reise durch Siberieta, T« II, pag*
( 3o8 )
la tenaient avaient Diabitude de leur
trancher les pieds*
tes Européens parcourant le Nouveau-
Monde crurent probablement que lea
Américaines n'étaient point sujettes à
Tévacùation menstruelle , parce qu'ils
envoyaient un grand nombre presque nues
et n'apercevaient aucune trace dç cet
écoulement Z/. Cela tenait vraisemblaye-
ment à deux causes ; d'abord , dans ce
pays , Ifis femmes sont , à cette époque ,
regardées impures ; on les sépare de la
société ; elles SQ retirent loin des liommes
dans des cabanes écartées où , grâce à ce
préjugé , elles peuvent jouir du repos pen-
dant tout ce temps m). En second lieu
cette propreté quî lès drstlttgûe et fe pu-
deur leur forrtr'soîgnetisemefit ënî^vertou-
tes les t racesL d'^évacuat ion sexuelles »-).
2) Lerj , Voyage fait en la terre du Brésil , pag^
ayo.
m ) Sdgîjr I. Voyage du pays des Htirons , pag-
Tti. . •
?0 Van Berlîers Rtisen nach R. de Bcrbice
unJ SjrinaiD , j>ag. 46.
.^*«i
La coiilear de la peau des Américain ,
oin d'être uniforme, arrive ju&qu*aii noir
• ■ ... 9
îomme je l'ai dit (S 43 ); ^^ climat et les
ois de la dëgéhéralion expliquent facile-
3ement'o ) pourquoi ces peuples qui sem-
T)lent venir de TAsîe septentrionale ( p ) ,
n'ont pas des tons de couleurvS aussi variés
que les autres races proveiîa'nt de la ménie
origine répandues dans l'ancien continent*
Il faut en dire la mê me chose de la pré.
tenduer redfetubUnce de^^ yiff^^ améri-
cains. {«esil^wQins occul9içesi.i>hâ^ervateur8
exac'Ai' ont tr de-Vhyi>ferl>6lfi .de ces voya^
geiirs qui assuraient é{vté^ vbîr tin Amériv
càin ip^était les ccJrinàîtfe tôûé'^g )• On sait
au contrai rç,. par lès dessjiiis, les témoigna-
ges les plus fidèles que leur physioitonne
offre âûtdnt • de S^rîétê q<té c^et? \eù autres
o ) Ziminerman « Gescbichte des Menscfaen , T.
.P-87-, ,
p) Kant, in Tèutschén; Jd^ïcâr ,17^0 . T..Ï,
. * " ^ j •;••■•• •
, V ) Molinn,, sulla-Stocu witurfle 4*1 Chili , pag.
■ 336.
•• > • »•
( 3ÏO )
jïeuplesrX quoîqu^ayant toujoiïrsles carac-
tères nationaux que nous lui avons assi-
gnés (§ 56).LesEuropéens,qalles premiers
visitèrent le Nouveau-Monde: trouvèrent,
avec raison, que ses liabitaus ressemblaient
aux Mong^oles, ^) et c'est un nouveau fnc
tifde croire qu'ils tirent leur origine \ de
^e peuple par 1 Asie septentrionale. ( Ces
migrations se firent probablement à plu-
<*mm
f
r ) C'ftft aîfti <fac Nicolas ' dcl-Techo' dît que
les Calaiguos o(i.t le aeE camus» Métt DobrtzholTer
quer leurs voisins/ les Abipoae Pool souTent aqui-
Jin; Alloà donne, aux l^éruvieo&jia nez.çtroit et
recourbé; et Moliqa un nez ,gros a|ix b^bitans du
Cfaily» Fprsteç rapporte qi^^il est ttès - déprimé
chez les insulaires d^s terres de l'eu. '
* ) Lettere di'ar^c^r. Vespuc^i^paj, g« — « Non
• sono de volto moUo belli perche tengono il viso
» Ifrgo , che Voglîôn jJâref e ai Tartarrriv. *
» - . «. 'i . # i ■".-**.' «Il t" »' ♦
* ) V. News views of cbc otigin or chç tribes
au4 nation ôf America by Benjamin Smith Barton.
'rhiiadelphîk/8-,if98. ^^-' '»' . i' ' >^ '
On y soutient l'Amérique peuplée par l^AsiCt on
y (ionuif un essai de Vocabulaire j^uir le prouver.
( 2^0/^ du Trad. )
( 3ïi )
sieurs fois à des intervalles éloignés, et.
furent causées par des catastrophes politi-
ques et physiques. Voilà » si Von peut sa
livrer à des conjectures, pourquoi les Es-
kîmos ressemblent plus aux Mpngoles. /)
que les aïkres Américains* Ils pyt dût, en
• ■ « • • ■
effet, émigrer les plus tard, u) ^t le climat
qu'ils venaient habiter dilFérait peu àar
celui de leur patrie. Je pçuise aus&i que 1#
climat, dont raction puissante conserve et
râpelle les traits natîonaux'(]Ç 57) est cause
que lés habitans des régiohs'froîdes de
rextréwiîié ^méridionale 'de T Amérique ,
commèles Sauvages du détroit de Magellan
se rapprochent davantage âè leur ancien
3dsage Mongole><ety reviennent pour ai^si
cure ip^ .. s.> ■ . '.
■*"— f-
' /) Ceci me pirali évident d'après les portraits
des £dLiim>8 et xleux de leurs cHnes qui sont
en ma possession. .1
u ) Ii*opiaion paradoxale de Aoberts^o qui fait
venir les Eskissos des NoroMinds , «e mérite pas
d'être réfetée* HisUof. America , T. 11^ p. m. 40*
jp) Ltnscliotan , célèbre .vojajgenr eC^obserra-
teiir très-^xvt 9 colDpere aux SaniAides les babi-
• • •
( 31* )
■ ■ t • 1
E ) Yariétè Malaie.
La variété américaine fait , comme nous
T avons vii, la nuance entre la variété
caucasienne, prototype-, et là :race mon-
gole ; de même entré la race nègre et la
Caucasienne se trouve la variété Malaie.
I • I
J'appelle Malaie cette variété du genre
liumain qiii habite la partieidi^s Indes voi-
sines de Ma^aoca ; les îleet d^la Sujads , de
Sandwich.;: de la Société des Âmk : on
obser^e^jjnéine » que depuis Madagascar
JBS^^î?" Ifî^.i'fi^ ?^q^® > i^^vWdigfènes se
servent de Tidiome Malaie x)
tans du détjvoit dç Magellan , pour Ja physionomie,
le visage.', la couleur , les cHevçux et la b^ybç.^
NoLis ad Acostam , p. m. 46. .. ,\;î * .
st) Bai:\J;s( a remarqi/é le premier que toas ces
pevp)es ^fkfajent •ic' iqême^idiome. Hawktrsworth's
çoUtcl'iQfïj/^. Ill,.p9g. 573^jAp;és lui^Bryaiid
trio*
Si..
«
Cette race offre de grandes, dîfférericQa
pour la beauté et pour la stature; d'après
cette observation, on a partagé' lès Ô-tai-
tielis en deux variétés : y) Tune à stature
élevée , à peau blanche et donl les traits
diffèrent àpeiSe de ceux &es Européens;
l'autre , au contraire ,, est d'une petite
taille , a les cheveux orépus et ressembla
assez aux mulâtres z ) par la^ couleur et la
forme du visage. Elle a beaucoup de rap-
ports avec les insulaires des îles occidentaleg
de la mer du Sud , qui se japprochent , slirr
tout par les habitans dé^nouvelles Hîbri-
des , des Papous et des insulaires de la
nouvelle Hollande; tandis que ces dettiters
se fondent, à leur tour , insensiblement^a^vifiip
y ) BougainyiIie,Voy# autour du Monde , pag,
z ) L^immortel de Gairos , qui le premier dé-
couvrit les iles de la Société , distingua soigneu^
sèment la disparité qui existe entre leurs habi-
tans; il dit que les uns ressemblent aux blancs y
les autres aux mulâtres , et enfin aux nègres*
Dalrjmple, collect. of Voy. totbe South pacifit
Océan, T. I> pag. i6x*
\
/
(3^4)
les Nègres ; de manière qu'on pourrait I
placer dans le même cadre , dans la distt^i-
bation des variétés du genre humain.
Conclus ion 4 -
Les nuancés insensibles qui rapprochetlt
toutes les variétés humaines, Ips causes et
les modes de dégénération analogues,
observées chez les animauic domestiques,
Tapplication de la Physiologie et de la
Zoologie à rhi9|oire de Thomme, con-
duisent à cette conclusion*
Les variétés connues du genre humain
•e rapportent à une seule et même espècet
fin:
( 3M J
HMH^BMHHMHVkl
I N D E X.
Discours prélimiÀdîre du Traducteur;
Pages r:
Lettre de TAuteur à M. Banks; 27
SECTION PREMIERE.
f
Différence de Vhomme aux animaux^
r ) Conformation extérieure. 44
A. Station verticale. 46
JB. Le Bassin de l'homme est large et
déprimé. 53'
Xes Fesses ont une forme globuleuse. 54
Direction du Vagin. 55
De THymen , des Nymphes et du cli-
toris. ^ 7
C. L'homme est un animal à deux
mains. 5^
Xe singe et les animaux voisins sont
quadrumanes. 5
P. Caractères des dents humaines. 6z
•
Dernières propriétés qui ont paru pro-
j^rc ^ ''liahitnHe extérieure du corps
X2
_iiuinaiilf comme la glabréité delà
peau. pag. ^4
Il ) Caractères qui tiennent à la struc-
ture interne derhomme. •*' 67
A. Orgs^nes internes dont Thomme
est privé. ib.
lie panicule charnu. 68
Le merveilleux Réseau artériel. ib.
Le Muscle suspenseur de l'œil. ib.
L'AUantoïde. ib.
Le /Pancréas d'Asélius. fy*
JLe Conduit hépato-sistique. ib.
Le Corps d'Higmore. ib*
La Membrane clignotante. ib*
Le Ligament suspenseui? du cou. ib'
L'Os intermaxîUaire. 70
J5. DiflPérénces de quelques organes
internes de Thomme avec les analo-
gues chez les autres mammifères. 77
Du volume du cerveau , comparati-
vement aux nerfs. 7^
Concrétions pierreuses de la glande
pinéale. 79
Situation du coeur. 80
Particulairités du canal alimentaire^
ipt delà Matrice. ib. et Sr
(3i7)
"î^^ la Vésicule ombilicale. • pag. Si;
lï-X. Prooriétés particulières à rhomme
souslerapport des fonctions de Péco-
nomie animale. " ib.
Délicatesse de la toile muqueuse. ib.
L'homme parvient lentement à son
accroissement. 84
Le terme de la vie humaine est reculé, ib.
L'homhie est plus grand le matin que
le soir. / ib.
La faculté de se reproduire n'est pas li-
mitée chez lui à une époque de Tan-
née. B6
Pollutions nocturnes. ib.
Flux menstruel. ib.
IV. Propriétés particulières à Phomme
sous le rapport des facultés intellec-
tuelles. ' 88
La raison. ibm
L'invention. 50
L'homme est l'inventeur de son langa-
ge. 9t
Du rire et des pleurs. 93
V. Maladies particulières à Phomme. ^J
VI. Sommaire des caractères qu'on a
cru généralement, mais à tort, ex-
clusifs à l'homme. * ^|
(3'8 )
Le peu d'espifce qui sépare les yeu?:. p. ^9
P es cils aux deux paupières, ib^
ho nez saillant. ib-
Les oreilles immobiles. ib*
L'organe du toucher. 53
La luette. ib^
Les rots. ib.
La propriété de ne pas s'engraisser^ î6,
SECTION II.
De la dégénération des animaux en gêné",
rai, de ses causes et de ses mades^
Plan fie cette Section. ïOQ
Ce qu'on entend par espèce en Z^polo-
gie. lor
Principaux phénomènes de la dégéné-
ration des brutes. ^06
Couleur. 1 08
Texture des poils. ^^9.
Stature. Jfor
Forme et proportion des parties. ib
Gauses de Jégénération. 113
Impulsion génératrice^ 114
Le climat. iip
La nourriture. 125
X^ genre de vie, IZ^
/
. C 3'^ )
Générations met ives. pag. 128
Qualités héréditaires provenant d'une
constitution maladive. ï3'I *
Questions problématiques. 133»
Précautions qu'exige la recherclie des
ca uses de dégénération . ^ î $ -
SECTION IIL
Causes et modes de la dégénération de
l'espèce humaine en variétés. 14Q
Couleur de la peau. 141
Siège de la couleur de la peau. ib.
Variétés nationales de la couleur, Ï44
Causes de ces variétés. '47
Les Créoles. ï5S
Les Mulâtres. Jf 60
*
Peau noire semée de taches blanches. 179
Changemens analogues de la, couleur
delapean. 174
Autres propriétés nationales de la peau. •
Accord des cheveux et de la peau. 182
principales variétés nationales des che-
veux. 183
j^ccord de la couleur de l'iris, avec
ççUe tles cheveuip. 1 85
( 320 )
Couleurs principales des yeux, pag* 1 88
iVisage national. i^o
Ses variétés nationales. ï 5 ï
Xeurs causes. i^â
Formes nationales du crâne. 208^
Réflexions]sur la ligne faciale de Cam-
per. 2I,f
Règle verticale caractéristique des for-
mes nationales du crâne. . 213
iVariétés nationales du crâne. 215
Causes de ces variétés. 320
^Quelques variétés nationales des dents
et leurs causes. . i^9
DeForeille. 2.^6
Les mamelles. 238
Les parties génitales. 242
Las extrémités inférieures. 24 $
Les pieds et les mains. 249
.Variétés nationales de la stature. 250
Les Patagons. 204
Les Quimos. , 260
Causes de la stature nationale. 265
Les hommes à queue. 2^5
Variétés Nationales produites par des
afiections morbifiques. 27 r
Leucœthiopie humaine. 271.
x.
SECTION IV.
Le genre humain ne constitue qu'une
espèce qui renferme cinq variétés. 281
Les variétés dont se forme le genre
humain se confondent insensible-
ment entre elles. ibid.
Le genre humain se compose de cinq
variétés 282
[A ) Caucasienne. 28 J
-B') Mongole, z&.;
C) Nègre. £&•
X> ) Américaine. i6.
E ) Malàie. £ô^
Caractères et Limites de ces variétés. 284
Autres divisions du genre humain. 255
Annotations sur les cinq variétés du
genre humain. 2$^
Variété Caucasienne. ih^
Mongole. 39'
Nègre. 3o£
Américaine. 3^5
Malaie. 3^2
Conclusion. 3^4
/
ERRA TA,
Fagej
Lignes
j^u //>z/ de
Lisez *;
8
I
s'élève
et s'élèvf^
II
19
victère
ictère.
l6
i5
grasse
grosse
*7 ,
20
sous les
sur des.
i8 ^
i3
costumes
• coutumes»
19
2
tête
côte.
ibid.
18
tein
teint.
21
19
mais
moins.
22
10
commandemens
connaissances.
23
i5
me'moir
mémoire
35
25
.ajoutez les ceifs,
qui ont été omis» *
46
i3
faoïiche
farouche.
60
2
d'un
celui d'un.
73
5
reperso
reperii.
ibid.
14
antérieures
antérieur.
74
10
mortua
morta
97
5
crusal .
crural
112
16
canipea
camper.
114
S 33
impulsions généra
trices.
<( impulsion génératrice
126
78
rein
frein.
12J
18
• sinnen
finnen.
334
i3
5urfuracées
furfuracées.
146
4
Jinge
tinge.
ibid.
8
bronté
bronsé.
l52
12
ilKoisteraj
insisterais.
153
17
istériques
ictëriques.
Nota. Le même imprimeur-libraire prend des arrange-
mens favorables pour faciliter les auteurs et libraires qu*-
désireront traitei'avec lui , soit par billets , échange de livres,
▼ente de livres, ou manuscrjts, coptre l'impression qu'il leur
fera. Il tient généralement tous les ouvrages de Médecine y
Chirurgie , Pharmacie , Botanique , Physique , Histoire
ÎTaturellc» toutes sortes de LittérUures , aa même prix qu'as
sont annoncés dans les journaux et catalogues. Il fait Im
commission pour les librairçs^ et se charge des envois çoi\^
les départeni c»s.
JVaM^l!
^',z^U>e
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